Dans ma maison sous terre


Nicolas Martin, Esquif édition, 2025, 56p., 5€ epub sans DRM



Dans ma maison sous terre
O ma wé ! O ma wé !
O téo téo ouistiti !
O téo téo ouistiti !
One two three !


Pitch de l'éditeur : 

Un jeune homme vient recueillir les derniers mots de Jonas, son grand-père, ancien mineur. Il vit en ermite dans une bicoque à flanc de colline, près des galeries condamnées. Il est à bout de forces, et son corps présente des anomalies physiques étranges.
Au fil de son récit, Jonas dévoile la vérité secrète qui les lie à la mine. Car la présence du garçon semble avoir réveillé quelque chose jusqu’ici endormi. Quelque chose de terrible. 

 

Mon ressenti :

Même si j'ai mis en exergue cette célèbre comptine entraînante et joyeuse, pas de cela ici. Le texte de Nicolas Martin est une immersion horrifique dans les entrailles de la Terre.

L'histoire nous entraîne dans les coulisses de la fermeture des mines et ses conséquences sur la vie des ouvriers. On lit en fait le journal de Joseph, un jeune chercheur venu sur les traces de son passé familial et syndical. Il va y découvrir l’inimaginable.

J'ai beaucoup aimé le côté social qui transpire tout au long de cette nouvelle. La réalité des mineurs ma semble bien décrite. La silicose, rebaptisée ici "le souffle noir", prend une toute autre ampleur : ce n'est plus seulement une maladie , c'est une possession cosmique !
Mention spéciale aussi aux grondements sourds qui parcourent le récit. Ces "vibrations de l’espace-temps", une allusion aux ondes gravitationnelles, donnent une version horrifique à leur existence. Désormais, lorsque j’entendrai parler de détection d’ondes, je tremblerai face à l’imminence de l’inéluctable.

Par contre, alors que je trouve que d’habitude Nicolas Martin sait créer une atmosphère et des personnages auxquels on s’attache, je n’ai pas retrouvé cela ici et cette émotion m'a manqué. Les personnages sont inexistants, comme déjà sédimentés. Au final, l’horreur qui arrive ne m’a pas vraiment ému au-delà de la curiosité. C'est dommage car le texte est construit parfaitement (voir l'analyse de Weirdaholic)

Second bémol qui n'est pas de la faute de l'auteur : l'édition électronique est un peu bancale. Le texte est composé de documents divers (rapports médicaux, transcriptions orales, journal de Joseph) et leur retranscription n’est pas toujours claire dans la mise en page numérique, obligeant parfois à revenir en arrière pour comprendre qui parle.

Interview par la librairie Mollat

Dans cette vidéo, Nicolas Martin évoque un hommage inconscient pour le titre au roman de Chloé Delaume. Mais je ne suis pas dupe : l'explication la plus rationnelle reste bien la comptine. Une fois en tête, cette ritournelle devient une petite pierre sous la langue que l'on ne peut plus cracher ! 😂

Première déception donc avec l'auteur. Pas grave, je crois que je vais bientôt me régaler :

Source : Bluesky



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