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Apprendre, si par bonheur

novembre 02, 2020

Becky Chambers, L'atalante, 2020, 144p., 7€ epub sans DRM


Je ne pouvais pas me réfugier dans l’avenir.
Le présent faisait trop de bruit.



Pourquoi dépenser autant de milliards dans l'exploration de l'espace ?
La réponse est simple : Pourquoi ?


Présentation de l'éditeur :

Un groupe de quatre astronautes partis explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie : hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.

 

Mon ressenti :

Becky Chambers, la héraut de la SF positive. Kesako ? De la bienveillance, de l'optimisme, la foi en des lendemains qui chantent. Bref, de la soupe, de la guimauve, du dégoulinant, du moins à mes yeux. Et reste à savoir ce qu'est la SF négative.. sûrement ce que j'aime, qui pourrait se résumer à : on va tous crever... Mais avant de cracher dans la soupe sirupeuse, il faut tester.

On comprend que les humains aient arrêté de vivre dans l’espace avant 2030. Comment penser aux étoiles quand les océans débordent ? Comment s’intéresser aux écosystèmes aliens quand la chaleur rend les villes inhabitables ? Comment échanger carburant, métal et idées quand sur toutes les cartes les lignes sont mouvantes ? Comment se préoccuper des autres planètes quand des drames se jouent sur celle où on est coincé, quand la santé et la sécurité ne sont plus assurées ?

Une exploratrice (SF positive, les femmes sont l’égale des hommes) doit nous poser une question. A cette fin elle nous conte son histoire. Assez classique dans son déroulé, une planète, on observe, on efface ses traces et on repart. Mais l'autrice met dans son récit de petits trucs qui changent du lot commun : ses personnages reflètent la société, ce n'est pas à l'exoplanète de s'adapter, c'est à l'homme. Chaque biosphère est totalement étrangère, à charge à l'équipage de tenter de comprendre un peu le fonctionnement. 

Un décollage, c’est violent. Malgré notre belle technologie, malgré les avancées scientifiques merveilleuses dont nous aimons nous vanter, pour quitter une planète, c’est toujours le même principe : pousser le plus fort possible, voler le plus vite possible. Avant Opéra, j’ai vécu plus de dix décollages et l’expérience m’a chaque fois bouleversée. La puissance brute qui m’emportait me laissait émerveillée… et un peu effrayée, oui. J’ai entendu des astronautes décrire l’expérience comme un énorme pied posé au milieu de leur dos qui appuyait très fort. Pour moi, ça n’a jamais été un pied. J’imaginais les mains de tous les scientifiques et de tous les passionnés qui nous soulevaient pour nous emmener là où nous n’aurions jamais pu aller seuls. 

Tout cela reste assez conventionnel est lu mille fois, mais plus j'avançais dans le texte, plus les questionnements se faisaient intéressant, profond. La science-fiction nous parle de demain, de lointaines planètes pour toujours nous interroger sur notre présent et la Terre, et Apprendre, si par bonheur en est un parfait condensé. Le tout en posant des questions éthiques et en tentant de répondre à la grande question : Pourquoi ?
Si tu te poses souvent cette question, pourquoi comprendre, pourquoi apprendre, ce texte est pour toi.

Cracher dans la soupe avant de le lire aurait été une grave erreur, c'est un texte magnifique, une ode au savoir, à la science et à la connaissance, loin de toute mièvrerie à laquelle je pensais me coltiner.

Lorhkan s'est pris un un fix de positivité
C'est du Bonheur à prendre pour le Maki
Une vraie réussite pour Lune
Un merveilleux voyage plein de savoirs et d’émerveillements pour Célindanaé

OmbreBones le recommande avec enthousiasme.
Une imagination fructueuse, captivante pour Gepe
Une histoire qui a laissé pantoise puis a ravie Maman
une belle leçon d’éthique pour Yuvine
Seul Laird Bob Fumble est plus mesquin, mais trouve le texte formidable

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