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La terre sauvage : La mort en billes - L'île brûlée

novembre 12, 2018

Gilles Thomas / Julia Verlanger, Bragelonne, 2008, 540 p., 25€ papier (Intégrale Bragelonne)


J'avais fais la découverte de Julia Verlanger il y a peu par le premier tome d'une trilogie post apocalyptique, qu'en est-il de ses suites ?


La mort en billes, 1977

Nos protagonistes se sont réfugiés sur l'île de Porquerolles où un semblant de normalité les guettent. Mais pas facile la vie de "groupés" pour des solitaires. Las, une mission va les renvoyer dans cette France usée par les guerres bactériologiques. La Peste bleue semble vaincue, mais les billes translucides menacent la vie.

Bref, on reprend les mêmes ingrédients que dans le tome 1 et on recommence. De nouveaux protagonistes, de nouveaux lieux, mais l'originalité n'est plus de mise, d'autant que ces billes nous avait été présentées dans le tome 1. En outre, sur l'"antidote" de cette mort en bille, je n'arrêtais pas de souffler une solution à nos personnages, solution qui s'est révélé être la bonne. Mais bon, pas besoin d'avoir une intelligence hors du commun pour la trouver, on aurait pu croire que des adeptes de la survie y pensent à un moment ou à un autre. Cela se lit sans mal, j'avais toujours envie de suivre les aventures, mais rien de très exceptionnel, malgré un détour par la Suisse. Pour avoir un sentiment de nouveauté, le dernier tome réserve de bonnes et agréables surprises.


 


L'île brûlée, 1979

La Peste bleue et les Billes sont désormais des événements en passe d'être résolue, mais au retour
d'une mission, nos solitaires en équipe retrouve leur éden brûlé. Et par des Sarrasins de surcroit !!!
Je n'en menais pas très large au début : alors que j'appréciais de plus en plus la plume de l'auteure, une croisade anti pas-comme-nous ne me tentait guère. A ma plus grande joie, Julia Verlanger ne cède pas aux tentations frontistes, et nous fait découvrir l'Autre, résolument Autre.
Changement de continent pour l'Afrique du Nord, un climat différent, des populations inconnues et une faune et une flore imminemment dangereuse.
Un tome qui conclu de manière satisfaisante cette trilogie post apocalyptique, le mystère est présent, l'intrigue plus complexe, moins linéaire. 




 


Les nouvelles

Ce premier volume se clôt par 4 nouvelles de bonnes factures, au ton assez sombre sur notre humanité.

 « Elles ont été écrites à une époque où l’ombre omniprésente de "La Bombe" empoisonnait nos jours et nos nuits. Je ne sais trop si les lecteurs actuels pourront sentir passer la peur qui nous rongeait. On s’habitue à tout, même à ça… Je n’écrirais sûrement plus ce texte aujourd’hui. Non que j’ai appris la résignation, mais bien l’inutilité des phrases. »
Julia Verlanger : L’exploratrice des terres sauvages, Serge Perraud

Les Bulles, écrit en 1956 est le premier texte de l'auteure. Premier mais assez exceptionnel, dont la chute brutale augmente encore son intérêt. Nous sommes dans un avenir pas tout rose, une guerre nucléaire semble avoir semé la désolation. Les habitants survivent claquemurés dans leurs maisons. Nous suivons le récit de l'une d'elles.

Le recommencement est sa suite. Autant Les Bulles étaient désenchantées, l'espoir renait avec ce texte parue en 1989 après la mort de l'auteure.


Nous ne vieillirons pas
(1961) est une courte nouvelle, poétique et sombre sur un futur qui semble impossible. 

Les Derniers jours (1958) est tout aussi crépusculaire. L'homme est un loup pour l'homme. Alors qu'une guerre se déclare, une famille part trouver une certaine sérénité en pleine nature. Mais est ce simplement possible ? L'hiver est annoncé, et il sera impitoyable.



Laurent Genefort et Serge Perraud concluent l'ensemble, en nous donnant des éléments biographiques et des pistes de lecture. Peut-être un peu court, mais éclairant pour moi qui ne connaissait pas l'auteure. Et il reste quatre volumes de cette intégrale, et donc possiblement des autres annexes. Au passage, l'explication surle pourquoi d'un pseudo masculin ou comment Julia est devenu Gilles:

Chez cet éditeur [Fleuve noir], en effet, les dames sont absentes de l’écurie des auteurs. Est-ce une désaffection des femmes pour les genres publiés ? C’est surtout la politique de la maison, le Fleuve Noir ayant une réputation de conservatisme. Les luttes acharnées des femmes, à partir de 1973, pour acquérir une autonomie réelle, restent sans effet sur la position des éditions Fleuve noir… sauf pour Julia, qui doit cependant se cacher sous un pseudonyme masculin.
Julia Verlanger : L’exploratrice des terres sauvages, Serge Perraud


Rien de révolutionnaire dans ces textes, mais un plaisir de lecture bien présent. Il semblerait que c'était pourquoi elle écrivait :

Son but n’était pas de décrire un système quelconque, social ou autre, son ambition était de raconter des histoires et de distraire ses lecteurs.
L’imaginaire marqué au fer rouge : Verlanger par ses pairs, Laurent Genefort

Pour ceux et celles qui ont raté mon avis sur le premier tome L'autoroute sauvage :

Mon avis

Quelques citations :


Le problème, avec le mouton, c’est qu’il est trouillard. Et qu’il accepte n’importe quoi pour sauver sa carcasse. Y compris lécher les orteils d’un petit tyran de bazar. Un dictateur, ça ne reste pas en place par l’opération du Saint-Esprit. Ça y reste parce que ses asservis sont trop péteux pour le faire dégringoler de son piédestal.
La mort en billes

Je t’assure, Gérald, t’as été verni de rester hors du coup. Ça ne t’aurait pas plu. Garanti. Alex n’a pas aimé davantage que moi. Il n’y avait que Hans pour se sentir à l’aise dans cette foire… Pour les guerres à grande échelle, on n’a pas la mentalité qui convient. En plus, le civilisé, quand ça se déchaîne… J’ai des tripes qui tiennent le coup, mais là, j’ai vu des trucs à dégueuler… Ils ne savent pas tuer proprement…
L'île brûlée

Être les témoins de l’Apocalypse ne nous est pas aisé. Il y faudrait une âme mieux trempée que la nôtre. Nous ne sommes que terreur, ténèbres et souffrance. Tout est si noir. Il n’y aura plus jamais de lumière.
L'île brûlée





L'autoroute sauvage

octobre 31, 2018

Gilles Thomas / Julia Verlanger, Fleuve noir, 1976, 222 p., 25€ papier (Intégrale Bragelonne)


Julia Verlanger, vous connaissez ? Mais si le prix remis lors des Utopiales, la grande messe SFFF nationale.
Et bien derrière ce prix se cache un homme, Gilles Thomas, ou plutôt une femme, Julia. Ou serait ce plutôt Éliane Taïeb ?
Et vous savez quoi, il/elle écrivait de la SF. Le monde est décidément bien fait.


Présentation de l'éditeur :


Vous suivez l'autoroute, en direction du sud. A pied, bien sûr, parce que la civilisation : kaputt !
Vous avez déjà pas mal de problèmes : l'eau, la bouffe quotidienne et votre peau à défendre contre les groupés. Ceux-là, quand ils vous découvrent, ils ont une fâcheuse tendance à vous voir sous la forme d'un joli rôti.
Alors si, en plus, vous tombez sur une fille très chouette, mais qui a hélas une idée fixe dans le crâne : aller à Paris...
Paris ! Vous imaginez ça ? Les rats pesteux, les poches de gaz hallucinogènes, les mares de bactéries... Paris ! Autant dire tout de suite : « Viens donc, Gérald, on va faire un petit tour en enfer ! »


Mon ressenti :


Pendant près de 50 ans jusque la fin du siècle dernier, une collection a fait énormément parler d'elle, trois lettres : FNA,  à ne jamais prononcer aujourd’hui devant un fan de SF de 40 à 60 ans, sinon, vous aurez le droit à des heures de tirades nostalgiques.
Cette collection a fait paraitre de nombreux auteurs français, sous pseudos généralement, dont certains sont devenus des grands noms de la SF : Genefort, Brussolo, Wagner, Pagel, Ligny...
Fleuve Noir Anticipation, des romans de gare populaire, un brin viril, avec de l'extraterrestre, de l'espace, du post apo, et des femmes peu farouches !
J'arrête là le topo sur le FNA, si vous êtes jeunes, allez voir à vos risques et périls un vieux de la vieille.

Donc L'autoroute sauvage, qui porte très mal son nom car justement les autoroutes de ce post apo sont beaucoup plus sûr et moins sauvages que le reste du territoire.
Rien de très original dans ce récit apocalyptique : un solitaire endurcit qui rencontre quelques compagnons, une petite équipe qui se forme et va aller de péripéties à péripéties, de problèmes en problèmes. Les passages obligés sont là, les facilités aussi. Mais les personnages sont crédibles, le style agréable, le roman court. On se doute de la fin, que rien de très désagréable ne vas arriver. Mais on n'y croit, et j'avais envie que nos protagonistes s'en sortent. Et loin de me déplaire, un petit côté anar se dégage des lignes.

Ce voyage vous dévoilera que les armes bactériologiques ne sont pas bonnes pour l'environnement, que l'homme est accro au bifteck, et que si les vaches n'existent plus, ils restent tout de même des humains pour avoir sa part de bidoche à tous les repas. Vous découvrirez que la Peste bleu porte bien son nom, et que des billes translucides peuvent faire un zombi-like impressionnant. Les femmes sont dans le rôle qu'elles n'auraient jamais du quitter : fourneau, serpillère et pieu. Gilles Thomas prend son rôle à coeur pour se fondre dans les standards misogynes, mais Julia Verlanger, par petite touche, sème quelques éléments qui rendent la femme supérieure à l'homme.


Bref, du très classique qui ne m'a pas empêché de le lire d'une traite, et de me jeter sur la suite car il s'agit d'une trilogie que les éditions Bragelonne ont ressorti dans l'intégrale 1 consacré à Julia Verlanger, intégrale qui comprend 5 tomes.
Mon avis


Une BD en a été tiré  aussi



Quelques citations :


Un squelette tassé étreignait le volant à pleins bras, comme s’il se cramponnait à une bouée de sauvetage. Ses longues dents jaunes me souriaient. Il ne me gênait pas. Rien de plus paisible que les morts. Les casse-bonbons, c’est les vivants.

Il faut supposer que le meurtre, quand tu faisais dans le détail, c’était pas convenable, et que ça devenait correct dès que tu travaillais en gros. Jo disait que dans ces cas-là, on baptisait ça patriotisme, ou nationalisme, alors, bien sûr, les pires saloperies étaient couvertes par un drapeau. Comment ils s’arrangeaient avec leurs principes, c’est pas à moi qu’il faut demander. Mais je pense comme toi, ils étaient vicieux.

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