L'autoroute sauvage

Gilles Thomas / Julia Verlanger, Fleuve noir, 1976, 222 p., 25€ papier (Intégrale Bragelonne)


Julia Verlanger, vous connaissez ? Mais si le prix remis lors des Utopiales, la grande messe SFFF nationale.
Et bien derrière ce prix se cache un homme, Gilles Thomas, ou plutôt une femme, Julia. Ou serait ce plutôt Éliane Taïeb ?
Et vous savez quoi, il/elle écrivait de la SF. Le monde est décidément bien fait.


Présentation de l'éditeur :


Vous suivez l'autoroute, en direction du sud. A pied, bien sûr, parce que la civilisation : kaputt !
Vous avez déjà pas mal de problèmes : l'eau, la bouffe quotidienne et votre peau à défendre contre les groupés. Ceux-là, quand ils vous découvrent, ils ont une fâcheuse tendance à vous voir sous la forme d'un joli rôti.
Alors si, en plus, vous tombez sur une fille très chouette, mais qui a hélas une idée fixe dans le crâne : aller à Paris...
Paris ! Vous imaginez ça ? Les rats pesteux, les poches de gaz hallucinogènes, les mares de bactéries... Paris ! Autant dire tout de suite : « Viens donc, Gérald, on va faire un petit tour en enfer ! »


Mon ressenti :


Pendant près de 50 ans jusque la fin du siècle dernier, une collection a fait énormément parler d'elle, trois lettres : FNA,  à ne jamais prononcer aujourd’hui devant un fan de SF de 40 à 60 ans, sinon, vous aurez le droit à des heures de tirades nostalgiques.
Cette collection a fait paraitre de nombreux auteurs français, sous pseudos généralement, dont certains sont devenus des grands noms de la SF : Genefort, Brussolo, Wagner, Pagel, Ligny...
Fleuve Noir Anticipation, des romans de gare populaire, un brin viril, avec de l'extraterrestre, de l'espace, du post apo, et des femmes peu farouches !
J'arrête là le topo sur le FNA, si vous êtes jeunes, allez voir à vos risques et périls un vieux de la vieille.

Donc L'autoroute sauvage, qui porte très mal son nom car justement les autoroutes de ce post apo sont beaucoup plus sûr et moins sauvages que le reste du territoire.
Rien de très original dans ce récit apocalyptique : un solitaire endurcit qui rencontre quelques compagnons, une petite équipe qui se forme et va aller de péripéties à péripéties, de problèmes en problèmes. Les passages obligés sont là, les facilités aussi. Mais les personnages sont crédibles, le style agréable, le roman court. On se doute de la fin, que rien de très désagréable ne vas arriver. Mais on n'y croit, et j'avais envie que nos protagonistes s'en sortent. Et loin de me déplaire, un petit côté anar se dégage des lignes.

Ce voyage vous dévoilera que les armes bactériologiques ne sont pas bonnes pour l'environnement, que l'homme est accro au bifteck, et que si les vaches n'existent plus, ils restent tout de même des humains pour avoir sa part de bidoche à tous les repas. Vous découvrirez que la Peste bleu porte bien son nom, et que des billes translucides peuvent faire un zombi-like impressionnant. Les femmes sont dans le rôle qu'elles n'auraient jamais du quitter : fourneau, serpillère et pieu. Gilles Thomas prend son rôle à coeur pour se fondre dans les standards misogynes, mais Julia Verlanger, par petite touche, sème quelques éléments qui rendent la femme supérieure à l'homme.


Bref, du très classique qui ne m'a pas empêché de le lire d'une traite, et de me jeter sur la suite car il s'agit d'une trilogie que les éditions Bragelonne ont ressorti dans l'intégrale 1 consacré à Julia Verlanger, intégrale qui comprend 5 tomes.
Mon avis


Une BD en a été tiré  aussi



Quelques citations :


Un squelette tassé étreignait le volant à pleins bras, comme s’il se cramponnait à une bouée de sauvetage. Ses longues dents jaunes me souriaient. Il ne me gênait pas. Rien de plus paisible que les morts. Les casse-bonbons, c’est les vivants.

Il faut supposer que le meurtre, quand tu faisais dans le détail, c’était pas convenable, et que ça devenait correct dès que tu travaillais en gros. Jo disait que dans ces cas-là, on baptisait ça patriotisme, ou nationalisme, alors, bien sûr, les pires saloperies étaient couvertes par un drapeau. Comment ils s’arrangeaient avec leurs principes, c’est pas à moi qu’il faut demander. Mais je pense comme toi, ils étaient vicieux.

12 commentaires:

  1. Ouais, un roman qui tient encore bien la route, je trouve !
    J'avions passé un bon moment à le lire.

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    1. Hé hé.
      Je n'avais pas été loin sur La route, à peine quelques mètres.
      Celui là par contre

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  2. Réponses
    1. Je ne connaissais pas du tout l'auteur. J'avais envie de découvrir l'auteure derrière le prix. Bien m'en a prix. C'est aussi grâce au site Wagoo (le site qui a du goo) que j'ai découvert cette trilogie.
      http://wagoo.free.fr/spip.php?article1351#autoroute

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  3. Non là vraiment tu vas trop loin, nous faire croire que des prix littéraires peuvent écrire des livres. Et puis quoi ensuite, que des librairies éditent des livres peut-être ? Non mais vraiment...
    Malgré cela, je le lirai peut-être un jour, en tant que "classique", mais je ne suis pas plus pressé que ça. ^^'

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    1. Tout fous l'camp mon cher Baroona. De notre temps...
      A découvrir, mais ce n'est pas paru en Folio SF !
      En tout cas, voilà une auteure dont j'ai envie de poursuivre la connaissance.

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  4. Je prendsssssssss! Mais alors c'est Julie ou pas ?

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    1. Julia de son nom d'écrivain, Gilles, de son pseudo d'écrivain, Eliane, de son vrai nom.

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    2. Tu as lu juste celui-ci, ou toute l'intégrale ?

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    3. J'ai lu les deux autres romans de la trilogie, il me reste à lire les quelques nouvelles et annexe pour finir l'intégrale n.1
      Le 2ème est un peu moins bien, mais le troisième cool.
      C'est pas très recherché, mais il y a un petit truc que j'aime. Bref, de quoi avoir envie d'en lire un peu plus.

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  5. Je note ça précieusement dans un coin, je n'ai pas encore découvert cette autrice et il serait temps de m'y mettre ^^

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    1. On ne peut tout lire, et comme toi, je prends connaissance de son oeuvre assez tardivement.

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