jeudi 12 mai 2016

Aqua (TM)

Jean-Marc Ligny, L'atalante, 2006, 736 p., 10€ epub sans DRM


En 2030, l'enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n'est plus le pétrole mais l'eau potable. Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d'Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c'est la survie assurée ! Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et ne recule devant rien pour l'obtenir. Chargés de convoyer du matériel de forage, Laurie et Rudy s'engagent dans une aventure dont ils sont loin de mesurer les conséquences. Dans cette lutte acharnée, sur fond d'harmattan et de tornades, tous les moyens sont bons, politiques et militaires, mais aussi la sorcellerie... surtout quand vient s'en mêler la Divine Légion, une secte apocalyptique qui voit dans le fils cloné du P.-D.G américain l'incarnation d'un nouveau Messie... ou bien de l'Antéchrist ?

 Cela faisait pas mal d'années que j'avais entendu parler de Aqua™ sans jamais avoir franchi le pas de sa lecture. Les critiques sur son dernier livre Semences m'ont données envie de m'y plonger.
C'est aussi le premier roman de Jean Marc Ligny que je lis.

Le roman est bien écrit, de style simple. Les personnages sont dans l'ensemble bien ébauchés, même ceux qui ne vivent pas longtemps.
La mise en place du roman est très bien menée, nous plongeant rapidement dans cet an de 2030 où les catastrophes climatiques font la loi.
L'Afrique, personnage principal, y est dessinée de manière bienveillante, humaine, évitant les clichés. Certains passages nous questionnent sur nos rapport à l'autre, notre condescendance d'européen vis-à-vis du berceau de l'humanité, nos stéréotypes et représentations, notre humanitaire, notre colonialisme économique.
Je trouve que c'est la grande qualité de ce roman de nous donner une image humaine de l'Afrique.

Cependant, rien de bien nouveau dans ce roman, le constat du dérèglement climatique, de la sécheresse, des rapports Nord/Sud, du cynisme, du profit, des inégalités de richesse de couleur de religion, les enclaves pour riches… Tout a déjà été écrit dans d'autres romans SF, parfois mieux car se contentant d'analyser une ou deux thématiques.
Le personnage de Rudy, passant d'horticulteur à combattant aguerri en dix jours est improbable. La traversée en camion et ses dangers toujours évités. le portrait de la Divine Légion, trop caricaturale.
Ce qui m'a le plus dérangé est le côté fantastique, via la sorcellerie africaine et les pouvoirs psychiques d'un autiste. Cela n'amène rien à l'intrigue principale, voir la desserre, nous excluant du réalisme du récit.
Les cent dernières pages sont un salmigondis de religion, sorcellerie, et de clichés éculés.
Le récit aurait gagné à être déroulé sur plusieurs années.

Ces critiques m'amènent à penser que c'est un roman « Young Adult ». Les lecteurs connaissant très peu les romans d'anticipation y trouveront sûrement leur compte. Pour les autres, ils pourront y trouver un moment de détente sympathique, mais pas un roman indispensable.

Une première version de ce livre existe : Aqua qui date de 1993
La "suite" : Exodes

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