jeudi 12 mai 2016

Jusqu'au coeur du soleil. Le cycle de l'élévation : Tome 1

David Brin, Folio SF, 1985, 512 p., 9€ epub avec DRM


J'ai découvert David Brin par une interview dans le documentaire « Les mondes de Philip K. Dick ». Il disait : « Ce qui est déprimant dans la mauvaise science fiction, c'est qu'elle montre un futur, qu'il soit dystopique ou apocalyptique, où on ne s'intéresse qu'à quelques personnages : le méchant Big Brother et le protagoniste qui se bat contre l'ennemi. On ne s'intéresse jamais au gens ordinaires et à la manière dont leur vie est bouleversée. »

J'ai décidé de m'attaquer à sa trilogie de l'élévation, dont les deux derniers tomes lui ont valu 2 Hugo.

Le pitch : Des extras terrestres de différentes espèces débarquent sur terre et offrent leur « bibliothèque » à l'humanité. Si les extraterrestres ont tous été initiés par une espèce plus ancienne à laquelle ils doivent obéissance avant de pouvoir eux-mêmes « élever » une nouvelle espèce, il n'y a aucune trace des « parents » de l'humanité. Se peut-il qu'elle ait accédé d'elle-même à la civilisation galactique ? Face à ce contact, deux courants se font jour : les « peaux », partisans de la théorie de l'évolution chère à Darwin, et les « chemises », partisans d'une aide extérieure qui a créé l'homme. Des traces de vie se font jour dans le soleil, seraient ce les pères de l'humanité ?


Nous sommes clairement face au combat d'idée qui se déroule aux Etats Unis entre les partisans du darwinisme et du créationnisme. Cette dernière thèse ayant les faveurs de 40% des américains, provoquant de nombreux remous dans l'éducation.
En filigrane se dessine une société inégalitaire ou la distinction entre élévation, élevage et esclavage est plus que floue.

L'univers créé par David Brin avait tout pour produire un grand roman, tel n'est pas le cas. Les premières pages sont un peu difficiles, l'auteur nous plongeant dans un quotidien futur dont nous ne connaissons rien. le narrateur va lever peu à peu nos interrogations, mais nous avons l'impression que l'auteur a peur de nous donner les clés de son univers.
Parfois, le plan de l'intrigue est trop voyant, à d'autres moments, nous sentons quelques coupes mal ajustées, des baisses de régime. L'intrigue policière est faussée, l'auteur ne nous donnant pas les éléments pour que nous puissions la résoudre par nous même.
Je n'ai pas retrouvé dans ce texte la volonté de l'auteur de s'intéresser aux gens ordinaires, peut être dans ces autres écrits ?

Bilan mitigé, mais pour un coup d'essai, une création d'univers formidable. J'ai hâte de lire Marée stellaire et Elévation, romans primés dont les erreurs de jeunesse ont dû être réparées.


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