jeudi 12 mai 2016

Les éclaireurs. Le cycle Les falsificateur 2

Antoine Bello, Folio, 2009, 496 p., 6€ epub avec DRM


Le groupe de rap Assassin avait cette vision des méfaits de la gloire et du succès : « un premier titre Hop, un deuxième Pop et un troisième Flop ».
Qu'en est-il de ce deuxième tome d'Antoine Bello dont j'avais adoré Les falsificateurs ?
A mon grand regret, Assassin avait raison.

Les éclaireurs débutent par un résumé du tome 1, malgré cela, je conseille tout de même de le lire, ce synopsis rendant difficilement compte de la complexité et de l'intelligence des falsificateurs.

Durant les trois quart du récit, nous suivons une enquête sur la montée d'al Qaida et du conflit entre l'occident et le Moyen Orient. Nous sommes en plein roman de géopolitique, d'espionnage et de conspiration. Tout ce que j'avais apprécié dans le premier tome est inexistant. le complot est traité de manière binaire. Un moment, l'uchronie apparait, mais cela n'est que prétexte, le point de divergence n'apportant rien au récit.


Le dernier quart renoue avec le meilleur, Antoine Bello semble s'être aperçu que son intrigue était prolongée inutilement. L'allégorie sur l'écrivain réapparait. le CFR est comparé à une société, des questionnements se font jour : Qu'est ce qui fait que des gens s'assemblent dans un Etat, comment des individus aux idéologies, à l'éthique, au sens de la vie différents peuvent vivre ensemble ? Comment manipuler ces personnes pour assouvir une idéologie, comment falsifier la réalité pour arriver à ses fins ? le pouvoir corrompt il la personne qui rêve de le détenir ou le détient ?
Tous ses sujets sont traités de multiples manières, de l'individu aux grandes puissances.

Pour paraphraser le romancier, Antoine Bello est un très bon scénariste et un mauvais falsificateur.

Les adeptes de romans d'espionnage trouveront peut-être leur bonheur. Les lecteurs ayant apprécié Les Falsificateurs pour le traitement intelligent de la perception de la réalité passeront directement à la partie 3.

Lu dans sa version électronique. Prix honnête mais avec DRM. Monsieur Gallimard, les livres sont faits pour être lus, pas pour être verrouillés !


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