Metro 2033

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2010, 640 p., 10€ epub sans DRM


Début du 21ème siècle, l'holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu. Les usagers du métro de Moscou sont sains et saufs. Commencent pour eux une vie souterraine, les stations se divisent en communautés idéologiques et/ou politiques.
Artyom, adolescent n'ayant jamais sorti de sa station VDNKh, après une promesse à un stalker, doit rejoindre Polis, coeur du métro, pour les informer de l'invasion de mutants. Débute pour lui un long et dangereux périple.

J'ai lu ce livre après avoir lu le bon Futu.Re. Lors de la sortie de Métro 2033, les critiques étaient enthousiastes, mais je pensais me retrouver face à un bouquin d'action survitaminé. Tel n'est pas le cas.


Le livre de Dmitry Glukhovsky m'a fait penser au Candide de Voltaire, et à L'idiot de Fiodor Dostoïevski : nous suivons un personnage au sortir de l'adolescence, un peu naïf, d'autant plus de son autarcie dans sa station, ne connaissant le métro que par les rumeurs plus ou moins vraies. Son parcours va le faire réfléchir à sa condition, à celle de l'homme et à son rapport au monde. Un vrai livre de science fiction, qui interroge le rapport à l'Autre.

Le métro est un condensé de notre monde, nous y retrouvons les différentes sociétés qui le composent. le bloc communiste, les théocraties, les démocrates, les néo nazis, les anarchistes…
Les relations géopolitiques, toujours incertaines, les frontières.
Ce roman interroge l'idéologie. Qui détient la Vérité ?
Une lecture assez ardue, demandant réflexion et de se mettre à la place du narrateur.
L'écriture (et la traduction) est pleine de style et fluide.

Beaucoup de critiques sur la place de la femme qui est inexistante. C'est vrai. Je pense que cela est dû au fait que nous sommes dans un monde post apocalyptique, les rôles sociaux se polarisent, avec un retour au foyer, au travail de la femme, les hommes aux militaires. L'édition bien pensante aurait ajouté un ou deux personnages féminins forts, mais je pense que cela aurait nuit au but de l'auteur : nous montrer la société telle quelle est. Mais cela aurait pu être expliqué dans le récit.

Côté négatif, à trop vouloir brasser les genres (post apocalyptique, fantastique, essai, action, récit initiatique), des ruptures se font dans le récit. Premier roman traduit de l'auteur, donc certaines erreurs de jeunesse, regrettables du fait de l'intelligence de l'ensemble. Mais une vraie réussite par rapport à la production de nombres romans jetables.

A vos libraires.





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2 commentaires:

  1. Cool!
    Je te rejoins sur les ajouts des femmes pour cause de de bienpensance.

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    1. Cela devient difficile d'être auteur, il faut penser à tout pour ne pas être taxé de raciste, d'anti féministe, d'anti LGBT, d'anti handicapé, d'anti pauvres...

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