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L'Avant poste

juin 24, 2026


Dmitry Glukhovsky, Robert Laffont, 2026, 368 p., 15€ epub sans DRM

 
Oubliés de la capitale, une brume toxique et un commandant alcoolique. Bienvenue dans L'Avant-poste. Un roman qui colle à la peau comme une vieille infection et qui rappelle que, parfois, le pire n'est pas ce qui sort de la brume…

Pitch de l'éditeur : 

À la suite d'une guerre civile destructrice, des régions entières sont contaminées et les rivières empoisonnées. Egor vit enfermé dans un avant-poste qui marque la frontière de l'État de Moscovie. Son beau-père, commandant du poste, lui rend la vie difficile, et la belle Michelle ne s'intéresse pas à lui. Egor rêve du monde au-delà du pont ferroviaire, de l'autre côté du fleuve. Personne n'a traversé ce pont depuis des décennies. Jusqu'à aujourd'hui... Qui est cet homme en provenance de l'autre rive. Que se passe-t-il de l'autre côté du pont ?


Mon ressenti : 

Nous sommes plongés sans préambule dans le quotidien d'un avant-poste oublié de tous. Son quotidien, surveiller un pont qui enjambe un fleuve qui crache une brume violette toxique. C’est un bastion isolé qui survit de bric et de broc, au gré des marchandises que Moscou daigne encore envoyer. L'écriture est volontairement simple, faite de phrases courtes, sèches. Et puis, un jour, une silhouette émerge de la brume. L'aventure commence.
Dans cette ambiance fantastique et étouffante, on suit des tranches de vie amères. Il y a la famille du commandant, qui n’a sûrement pas décuvé de sa vie ; sa femme, une gitane voyante ; et leur rejeton, amoureux éconduit de la belle Michelle. Elle, elle ne rêve que de la grande vie dans la capitale, loin de ce coin paumé rempli de bouseux.

Pas d’action à tout casser ici. Glukhovsky nous embarque dans un roman d’ambiance, lourd de secrets et de non-dits. Qu’y a-t-il de l’autre côté du fleuve ? Pourquoi cette brume ? Les questions restent sans véritables réponses, l'auteur ne nous livre que quelques rares éléments de compréhension. C'est le règne du flou.

L'écriture de Glukhovsky accompagne parfaitement cette lourdeur : elle est volontairement simple, faite de phrases courtes et sèches. À travers ce récit, Glukhovsky continue de disséquer la Russie avec son écriture en guise de scalpel. C’est un catalogue de l'absurde : absurdité de la guerre, du pouvoir, de la religion et des hommes. En filigrane, c’est surtout un hymne au libre arbitre.


Premier tome d'un diptyque si l'on en croit la bibliographie russe de l'auteur, je trouve que ce roman se suffit largement à lui-même. Sa force réside dans son atmosphère qui n'a pas forcément besoin d'une suite pour marquer l'esprit. 


Texto

février 25, 2019
 

Dmitry Glukhovsky, L'Atalante, 2019, 400 p., 10€ epub sans DRM


De la littérature blanche avec de vrais mort-vivants ou des vivant-morts et des fantômes.

Présentation de l'éditeur :


Il est des gens qui laissent une trace derrière eux, et il y a ceux dont il ne reste rien.
Le smartphone sait tout de nous : notre quotidien, nos vices, nos amours, nos espoirs, nos secrets inavouables. Mon smartphone est moi. Si quelqu'un s'en empare, il devient moi aux yeux de tous. Le temps que l'imposture soit découverte, il est trop tard. Pour tout le monde.


Mon ressenti :


Dmitry Glukhovsky fait parti des auteurs dont j'achète chaque parution. Ici, au vue du pitch, je croyais qu'il s’agissait d'une anticipation sur le téléphone. Après lecture de quelques chapitres, je commençais à me poser de sérieuses questions sur le côté SF du roman, me demandant comment l'auteur aller retourner la situation. Ce qu'il ne fit pas : nous sommes devant un texte de littérature général. Mais même si j'ai été assez déstabilisé de me retrouver devant un roman sans voitures volantes, sans petits hommes verts et sans imprimantes 3D, le récit m'a vite pris dans ses filets, me demandant comment ce jeune sortant de prison allait se sortir du bordel où il s'est mis.

Ilya Lvovitch vient de finir de purger sa peine de sept ans de prison. Il retourne vivre chez sa mère, pensant en avoir fini avec l'horreur. Mais cette chienne de vie lui réserve quelques chausse trappe dont elle a le secret. Nous allons découvrir peu à peu pourquoi il a été emprisonné, et les conséquences sur sa vie, et celles de quelques autres.

Dans la rame, nul ne lui prêtait attention : chacun était absorbé par son téléphone, chacun en fouillait l’écran ; les femmes maquillées de leurs ongles peints, les travailleurs immigrés aux yeux bridés de leurs mains calleuses, les écoliers de leurs petits doigts aussi fins que des allumettes. Derrière le verre renforcé, chacun avait une autre vie, plus palpitante, plus vraie. Avant, seuls les gens branchés possédaient des smartphones, les jeunes. Mais alors qu’Ilya purgeait sa peine, on avait créé des Internets pour tout le monde, les mécréants, les vieux, les nourrissons.


Roman qui aurait pu être assez conceptuel, car le smarthphone est tout de même l'un des personnages principaux. Mais l’écueil est évité avec brio, l'auteur se jouant des interstices vides entre les photos, les sms, les vidéos et autres applis capturant notre quotidien. On ne partage que ce que nous voulons bien, le reste demeurant notre vie privée. Notre anti héros va devoir jongler avec cette mémoire technologique incomplète pour dénouer l'écheveau d'intrigues.

Il étudia le trajet. L’application lui suggéra non seulement un parcours, mais calcula le temps de déplacement : une heure porte à porte. Elle était bien pratique, cette appli. Si seulement on pouvait faire de même avec le destin : saisir au point A la position actuelle, au point B ce à quoi on voulait arriver. Puis on laisserait Yandex prendre en main le récit : d’abord, mille kilomètres à pied, puis trois ans de train, puis deux mariages, trois enfants, ne travailler qu’à certains endroits bien précis pour une durée déterminée. Un trajet de quarante-cinq ans, mais il existe un itinéraire bis.

Derrière tout cela, Dmitry Glukhovsky nous parle de la société russe, du sens de la peine, de la justice, de l'éducation, des valeurs. Comment se tenir droit et honnête lorsque ceux qui "réussissent" sont ceux qui se jouent du système, qui sont le système. Comment vivre sa vie lorsque celle ci vous a été prise, dont on vous a privé quelques années. Ilya Lvovitch tente de vivre une nouvelle vie par procuration, de rattraper les erreurs du propriétaire du smartphone. Mais peut on se racheter ? C'est aussi une réflexion sur l'apparence, celle que les gens ont de nous, dans la vie réelle, mais aussi par les réseaux sociaux. Nous n'avons qu'un aperçu d'une personne, forcément subjectif. Se connait on vraiment, connait on réellement ceux qui nous entourent ?

La prison est une punition, non ? Afin de payer pour ce qui a été commis. Ou est-ce juste une leçon ? Réponds-moi comme une enseignante. C’est pour se venger de celui qui a volé ou tué ou pour apprendre aux autres à ne pas voler ou tuer ? Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai mis des petits flotteurs lumineux dans la rivière. C’est pour ça que j’ai pris sept ans ? Donc ce n’est pas une punition mais une leçon, pour que je ne contredise plus jamais un flic. Ou était-ce une leçon de la vie qu’il m’a fallu sept ans pour assimiler ? On fait moins d’études pour devenir médecin, putain, qu’est-ce que c’est que cette leçon ? Et pourquoi a-t-on inculqué d’autres leçons à Petia ? Qu’il ne faut pas payer, mais qu’il faut resquiller. Que si on bouffe les autres avec assez d’aplomb, ils n’auront pas le temps de penser à la vengeance.


Bémol cependant qui m'a fait tiquer à certains moment : le pistage possible si l'on a un smartphone sur soi, qu'il soit éteint ou allumé. L'auteur laisse sous entendre qu'une fois éteint, nous sommes invisibles. Mais comme le narrateur n'est pas une source fiable, à la limite de la parano, est ce que ce n'est pas lui qui se fait un film ? 



Alors, si toi aussi tu tentes de survivre dans cette société des apparences, dans ce monde où l'individualisme règne, où écraser son prochain pour gravir un échelon de l'échelle de la réussite est un sport de haute lutte, lis Texto et réfléchis à ton épitaphe !



Quelques citations :



On dit que la vodka rend sourd. C’est faux. Elle rend idiot, elle empêche de penser droit, de construire une conversation, de se méfier de son interlocuteur. Mais elle a un effet positif sur l’audition. On s’entend mieux tout comme on entend mieux l’autre, malgré tous les efforts de son intellect sobre pour dissimuler ses sentiments derrière des mots. La vodka, c’est le rayon X de l’âme.

Les mortels se frottaient les uns aux autres sur la piste de danse, pour leur ravir le feu. Les plus brûlants s’embrassaient dans les coins et gémissaient dans des cabines verrouillées. Tout le monde parlait, personne n’écoutait. Le club était à l’inverse de la vie terrestre. Le Paradis ? Et pourquoi pas ? L’Éden avec ses pelouses vertes, ses vêtements blancs et ses harpes n’était pas le paradis, mais plutôt une maison de retraite pour vieux bourgeois. Pour un vingtenaire, y mourir n’avait aucun sens.

Certains chiaient dans les ascenseurs, d’autres défonçaient les arrêts de bus. Les raisons en étaient limpides. Il n’y avait pas d’autre réponse qu’un individu pouvait apporter au gouvernement et nul autre moyen de se venger de la vie.

Sa mère n’aimait pas le mensonge, pas plus que les pleurnicheries. Elle appelait toujours les choses par leur nom et regardait l’avenir avec sévérité à travers ses lunettes professorales. Se préparer au pire pour ne jamais être déçu par la vie, telle était sa devise.

quand tu auras des enfants, tu comprendras qu’il ne faut pas leur dire toute la vérité sur le fonctionnement du monde. Si on leur dit dès leur plus jeune âge que tout le monde vole, que tout le monde est avide, que tout le monde commet l’adultère, alors ils penseront que c’est la norme et ne ressentiront aucune culpabilité en commettant des péchés et, à cause de cela, ils commettront de bien pires atrocités sans sourciller. Pour les protéger de cela, il faut enjoliver le monde à leurs yeux tant qu’ils sont petits. Et nos enfants restent petits à nos yeux qu’ils aient 5, 25 ou 30 ans. Cela aussi, tu le comprendras quand tu élèveras les tiens.

— En Belgique, le Premier ministre va travailler à vélo, dit une femme assise au fond.
— Ouais, mais c’est un homo, lâcha un costaud roux barbu avec des mèches grisonnantes.
— Ils ont des homosexuels au gouvernement ; chez nous, c’est des pédés, fit le vieil homme à lunettes d’un air entendu. Allez savoir ce qui est mieux.

Sergueï l’accueillit sur le palier, il maintenait son sourire comme on retiendrait un pantalon sans ceinture ; s’il n’y prenait garde, il tomberait et on lui verrait la bite.



 

Nouvelles de la mère patrie

avril 30, 2018

Dmitry Glukhovsky, L'Atalante, 2018 (parution originale : 2010), 256 p., 8€ epub sans DRM


за ва́ше здоро́вье !

Vodka, Média, Communisme, Corruption et Embouteillage


Présentation de l'éditeur :


Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l’origine pour la presse russe, car, avant même d’être romancier, Dmitry Glukhovsky est journaliste.
Et rien ni personne n’échappe à sa plume acerbe, à commencer, bien sûr, par le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) – le Leader de la Nation –, suivi de près par les strates corrompues de l’administration, les mafieux reconvertis en hommes d’affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l’alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes. Chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure. L’absurde et le fantastique, qui jalonnent le quotidien russe, ne sont jamais loin, et l’on se surprend même parfois à ressentir de la tendresse pour certains protagonistes.

Mon ressenti :

Inadmissible ! Révoltant ! Ecoeurant ! Déplorable !

Alors que la Russie rayonne dans la géopolitique mondiale, se saisit de la question des Droits de l'Homme partout où elle est en danger, qu'elle pourfend les dictateurs suçant le sang de leurs concitoyens, qu'elle fait preuve d'une intransigeante transparence dans l’utilisation des fonds publics, que ses politiciens sont tous d'une irréprochable honnêteté, qu'elle a une économie profitant au plus grand nombre, que les questions sociétales sont au coeur de sa politique, Monsieur Dmitry Glukhovsky, écrivaillon de troisième zone se permet de cracher dans la soupe de celui qui le nourrit.
J'avais déjà lu ses romans qui, bien que pouvant se lire de manière ambigüe, m'avait beaucoup plus. Et maintenant, après avoir vendu quelques millions de ses livres, il se permet de commettre des pamphlets contre le grand et valeureux Vladimir Poutine, de passer de la sous littérature qu'est la science fiction pour fabuler comme un journaliste corrompu sur cette grande patrie. Le voilà qu'il se complet dans la satire, dans l’humour noir et grinçant.

A ses yeux, les élites seraient toutes corrompues, la bienveillante idéologie communiste à la solde du capitalisme libéral. Il ose même comparer les leaders du peuple à de grands dinosaures en voie d'extinction, ou, plus révoltant encore, à les faire apparaitre comme des envahisseurs aliens.
Les grandes infrastructures routières de ce pays ne valent pour lui qu'à d'incessants embouteillages et pollution, alors que l'écologie est une question farouchement défende par les élites et le peuple. Peuple qui serait d’après lui insignifiants, alcooliques ou nazis, alors que les minorités sont une priorité du gouvernement démocratique russe.
Les médias sont forcément à la solde du grand communisme, pas d’échappatoire à l'idéologie dominante. Ce serait bien vite oublié que si Vladimir est sur tous les supports, c'est qu'il s'occupe énormément de son peuple. Pour preuve le grand raout annuel où Vladimir pourfend à la demande de ses citoyens quelques édiles locaux qui se sont égarés sur le chemin glissant de la corruption. Mais le Leader de la Nation veille !
Tous les fonctionnaires et politicards seraient corrompus, usant de leurs positions pour soutirer bakchichs et faveurs, le pire serait celui à la tête de ce grand pays. Alors que ce vénérable monsieur, adorant la pèche comme n'importe qui d'autre, redresse son pays comme un sacerdoce.


Allez, trêve de second degré, ce recueil de 16 nouvelles acerbes sur la Russie d'aujourd'hui se lit sans mal, fera sourire ceux qui suivent de loin l'actualité internationale. Pour les amateurs de SF, le bilan sera beaucoup plus noir, à part quelques renvois à nos thématiques, ce n'est clairement pas le sujet des textes. En outre, même si le plaisir de lecture est présent, les nouvelles sont loin d'être inoubliables.

Lorsque j'ai vu ce livre dans les parutions de L'Atalante, je me suis dis chouette, un nouveau Dmitry Glukhovsky, pour de suite déchanter : en lisant la quatrième de couv', je me rends compte qu'il s'agit d'un recueil d'articles écrits pour la presse.
Quelques temps plus tard, mon camarade Lecture42 publie son billet sur ce livre qui s'avère être un recueil de nouvelles, mais parues dans la presse ! Alors je ne sais pas si cela vient de moi, ou de l'éditeur, mais méprise il y a.
Si vous désirez savoir à quelle époque ces textes ont été écrit, dans quels journaux et à quelle occasion, j'espère pour vous que vous savez lire le russe, l'édition de l'Atalante ne s'attardant pas sur ces frivolités...

Lecture 42 a trouvé sa lecture rafraichissante, un grand merci à la vodka glacée.


Petit tour rapide des nouvelles
From Hell : Un géologue septuagénaire décide de retourner sur le terrain pour prouver que la nation russe risque d'être coupée en deux dans quelques millions d'années, la tectonique des plaques se fout de l’idéologie, aussi russe fut elle. Une théorie hérétique pour la Grande Nation Russe. Les fouilles vont révéler de bien grands mystères. Une revisite moscovite de l'autre côté du miroir.
Un pamphlet politico fantastique avec l'ironie en prime.

Tout à un prix : Une entreprise de construction utilise des ouvriers Tadjiks sur ses chantiers. Un beau paravent pour un commerce plus que douteux. Mais au pays en lutte contre le libéralisme, il n'y a pas de petits profits, tout à un prix !
Cynique.

Prothèse : La chirurgie esthétique, c'est bien, mais tout le monde peut en profiter, pas glam pour se faire remarquer. Alors qu'en une entreprise sort un nouvel implant...
Un texte à chute sur les diktats de l'apparence et l'inculture. Plaisant.

Panspermie : Une équipe internationale d'astronautes en orbite décident de fêter les 17 ans Gagarine, le premier homme a être aller dans l'espace.
Une interprétation, audacieuse, de la théorie de la panspermie.
International, la nouvelle mélange les langues françaises (russes) et américaines. pour les monolinguistes tel que moi, cela oblige à aller voir chaque note de page pour voir la traduction. Epuisant et fastidieux au bout de la quarantième. ces allers retours m'ont sortie de la lecture.

Avant l'acalmie : Un présentateur de débat sur le point de se faire virer propose un concept d'émission politique révolutionnaire en droite mire de la téléréalité trash. A l'oreillette "Voix Intérieure" prêchant la Bonne Parole, et cet allégorie économique du vent d'ouest.

Dans notre pays, les ordres qui viennent d’en haut sont l’expression de l’inconscient collectif

Une bonne action : Un milicien du Parti a des principes, une éthique ! Un espèce en voie de disparition en Russie. Alors, quand sa femme le quitte, que son patron lui retire son enquête qui risque de désobliger certaines huiles du Parti, il ne lui reste plus qu'une seule chose à faire.
Comment être un juste parmi les corrompus ? En devenir un aussi ? Une nouvelle que j'ai apprécié grace au personnage qui affronte une nation entière pour faire triompher la justice. La fin est splendide. Et sous des apparats réalistes, la SF est bien présente.

A chacun son destin : Un ministre se pose des questions existentielles à l'aune de ses 50 ans, Malgré sa réussite, que lui reste t-il à prouver ?
Sympathique.

Les informations qui comptent : Un journaliste qui doit couvrir le direct d'un événement planétaire : "Le discours du président adjoint de la commission de la Douma pour les ordures ménagères à propos de l’importance du ramassage des feuilles mortes dans les rues". Cependant, il est pris dans les embouteillages. Et il se pourrait qu'un fait divers se déroulant devant ses yeux fasse de lui le futur présentateur vedette.
Humour noir, caustique et grinçant pour une thématique chère à la SF.

Parfois ils reviennent : Un texte à la mode burlesque sur le changement en Russie, celui d'un président par un autre.
Bof

Utopia : Un homme d'affaire affilié au Parti et fan de Belmondo va voir se réaliser le rêve de sa vie : visiter on utopie. Une affreuse déconvenue.
Souriant.

Une pour tous : Un publiciste est reçu par le grand leader Vous-Savez-Qui. Son prochain contrat, redonner tout son faste au concept de Patriotisme.


Il faut ressusciter et moderniser le patriotisme. Redonner du sex-appeal à la Patrie. Déterminer ce que ce terme peut signifier dans un monde à l’ère d’Internet, à l’époque du village global. Je veux que le mot « Patrie » ne stimule pas seulement les centres nerveux des porte-étendards de l’orthodoxie ou des atamans cosaques. Je veux que la Patrie soit trendy. Que le centre d’art contemporain de Moscou organise des happenings patriotiques de son propre chef, et qu’en même temps, les retraités ne se sentent pas étrangers à cette Patrie-là… (Il guillotina un cigare et, avant de l’allumer, plongea son regard pénétrant dans celui de Goldovsky.) Bien entendu, ce nouveau concept de patrie devra plaire à tout le monde, et tout particulièrement à ceux qui allouent et signent les budgets.


Apparition : Une réécriture moderne et russe de l'immaculée conception.
Plaisant

Toucher le fond : Si il y a bien une chose au dessus de tout en Russie, c'est bien la Vodka (et le Grand Leader). Alors gare à l'alcool frelaté qui pourrait éloigner du droit chemin le peuple russe.
Mouaih

Deus ex Machina : La Grande Russie va devenir une grande nation "démocratique" : le vote électronique fait son apparition, les électeurs fantômes n'ont qu'à bien se tenir.
Un texte à chute drôle et facétieux avec, comme il se doit, un deus ex machina !

Pas de ce monde : Face à l'arrivée d'une pluie d'astéroides sur Terre, les grands dignitaires de la Nation vont devoir monter de quel bois ils se chauffent.
Ou une réponse à la disparition des dinosaures.

Avant et après :
Les habitants d'un village perdu de Sibérie devisent sur le retard des paiements de retraite, sur les rationnements, et la télévision.
Un regard désabusé sur les conditions de vie des campagnes reculées.



Metro 2035

juin 06, 2017

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2017, 608 p., 10€ epub sans DRM


« Qui, si ce n'est nous ? »

Petit examen de la conscience politique.

Présentation de l'éditeur :


2035. Station VDNKh. Artyom y est retourné vivre. C’est un héros brisé, obsédé par l’idée que c’est à la surface qu’est le salut de l’humanité. Les Noirs anéantis, un souvenir le taraude, celui de la voix qu'il a entendue sur une radio militaire, deux ans plus tôt, quand il était au sommet de la tour Ostankino avec les stalkers. Aussi, depuis son retour, remonte-t-il quotidiennement à la surface, escalade des gratte-ciel en ruines, pour tenter d'entrer en contact avec d'autres survivants. Tenu pour fou, la risée de certains, Artyom sombre peu à peu jusqu'à ce que l'arrivée d'Homère bouleverse la situation : le vieil homme qui n’a de cesse que d’écrire son Histoire du métro, prétend en effet que des contacts radio ont déjà été établis avec d'autres enclaves…

 

Mon ressenti :

Dans le métropolitain russe
Y Artyom qui chante
Les rêves qui le hante
Au large du métropolitain

Dans le métropolitain russe
Y a des nazis qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières heures
Mais dans le métropolitain russe
Y a des monstres qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des quais poisseux

Dans le métropolitain russe
Y a des rupins qui dansent
En se frottant la HHHHanse
Sur la panse des femmes

Dans le métropolitain russe
Y a des rouges qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains de Tsvetnoï
Boulvar et d'ailleurs

Dans le métropolitain russe
Dans le métropolitain russe


 

Il y a douze ans sortait en Russie Metro 2033, adapté par la suite en jeu vidéo au succès internationale. Devant le phénomène, l'auteur créera un "spin off" à son roman : Metro 2034, non adapté en jeu vidéo. En 2013, le jeu Metro: Last Light sort et remporte un succès supérieur au premier opus. certains remarquent dans le jeu des affiches pour un livre : Metro 2035 qui sortira en Russie en 2015. L'univers s'est agrandi avec des fans-fiction.
N'ayant pas jouer aux deux FPS, je ne peux pas vous faire un parallèle avec les romans. Par contre, j'ai lu toute les textes de la licence.

Sumerki

mai 11, 2016

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2014, 416 p., 10€ epub sans DRM


Un traducteur, Dmitry Alexeievitch, reçoit un vieux manuscrit contant l'expédition dans les forets inexplorés du Yucatán au XVIe siècle, par le prêtre franciscain Diego de Landa.
Nous alternons entre la traduction de ce texte et la vie de Dmitry, la réalité semblant se distordre de plus en plus entre les lieux et époques.

Ici pas de manoirs hantés, pas de musique inquiétante. Dans un monde actuel, l'étrange fait son apparition petit à petit : un pronom qui change, de « son » à « mon »; un vendeur de livres sous le manteau ; un sommeil qui ne vient pas ; un possible complot ; une fièvre impromptue, …

Métro 2034

mai 11, 2016

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2012, 416 p., 9€ epub sans DRM




Suite et fin du diptyque entamé avec Metro 2033, il peut se lire de manière indépendante.
La station Sevastopolskaya ne reçoit plus son approvisionnement. le stalker Hunter, que nous avions rencontré dans le premier roman, décide d'aller voir ce qu'il en retourne, suivie par un vieillard Homère, rêvant de laisser une trace de l'humanité avant de passer l'arme à gauche. Ils rencontreront sur leur chemin Sasha, une adolescente bannie par les hommes.

Metro 2033

mai 11, 2016

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2010, 640 p., 10€ epub sans DRM


Début du 21ème siècle, l'holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu. Les usagers du métro de Moscou sont sains et saufs. Commencent pour eux une vie souterraine, les stations se divisent en communautés idéologiques et/ou politiques.
Artyom, adolescent n'ayant jamais sorti de sa station VDNKh, après une promesse à un stalker, doit rejoindre Polis, coeur du métro, pour les informer de l'invasion de mutants. Débute pour lui un long et dangereux périple.

J'ai lu ce livre après avoir lu le bon Futu.Re. Lors de la sortie de Métro 2033, les critiques étaient enthousiastes, mais je pensais me retrouver face à un bouquin d'action survitaminé. Tel n'est pas le cas.

FUTU.RE

mai 11, 2016

Dmitry Glukhovsky, L'atalante, 2015, 640 p., 10€ epub sans DRM


L'action de FUTU.RE se déroule dans un avenir lointain où l'humanité a su manipuler son génome pour stopper le processus de vieillissement et jouir d'une forme d'immortalité.

L'Europe, devenue une gigapole hérissée de gratte-ciel où s'entasse une population qui avoisine le trillion de personnes, fait figure d'utopie car la vie y est sacrée et la politique de contrôle démographique raisonnée.

La loi du Choix prône que tout couple qui souhaite procréer doit déclarer la grossesse à l'État et désigner le parent qui recevra l'injection d'un accélérateur métabolique destiné à provoquer son décès à plus ou moins brève échéance.
Une mort pour une vie, c'est le prix de l'État providence européen.
La Phalange, entité paramilitaire à l'existence et aux méthodes controversées, veille au strict respect de la loi.

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