lundi 26 septembre 2016

Impact. Dernier meurtre avant la fin du monde

Ben H. Winters, Super 8 éditions, 2016, 336 p., 13€ epub sans DRM

 

Tout à une fin, même l’inéluctable.

Nous avons quitté Hank Palace bien décidé à retrouver sa sœur malgré le fait qu'il avait trouvé un havre de paix et un peu de compagnie. Le voilà reparti à la recherche d'une chimère en compagnie de Cortez, son antithèse et de son chien Houdini.

Au fil du macabre décompte, Hank se réveille peu à peu de sa léthargie et s'empeigne de la réalité de la catastrophe qui l'entoure.
Le chaos présent dans J-77 semble bien loin, l'humanité préférant se calfeutrer et vivre sereinement ces derniers instants, avec soumission. Certains préféreront regarder en face la catastrophe annoncée, d'autres se voileront la face, d'une manière ou d'une autre. Comme notre policier. Tout faire pour ne pas voir l’inexorable.


Les pérégrinations sont l'occasion d'en apprendre plus sur l'histoire et la psychologie de Hank et de sa soeur. Deux fortes têtes, chacune à leur manière. Tout deux veulent sauver le monde, elle en tentant avec un groupe complotiste de défier cet astéroïde, lui en rendant justice.


Les faiblesses du tome 2 trouvent ici leurs explications. Ce dernier volet ayant une intrigue plus aboutie, les pages défilent rapidement vers un dénouement fidèle au personnage, bien qu'elle m'est un peu dérangé par sa possible morale.

Une lecture dans l'ensemble agréable, même si les ficelles sont parfois un peu grosse. Et un prix numérique trop élevé à mon goût, surtout au vue du nombre de pages.

Au final, une trilogie crépusculaire à la lecture plaisante prenant le contrepied des romans apocalyptiques avec un anti-héros fort sympathique. L'arrière plan sociétal donne de la consistance à l'ensemble. Les livres n'insistent pas trop sur la violence que l'on sent sous-jacente, préférant s'attarder sur une certaine mélancolie.


La critique
La critique


 

Quelques citations :

Quand on élucide un meurtre, on ne le fait pas pour la victime, car après tout elle est morte. Élucider un meurtre sert la société en restaurant l’ordre moral qui a été bouleversé par un coup de feu, un coup de poignard ou du poison, et ça contribue à préserver cet ordre moral en avertissant d’autres personnes que certains actes ne peuvent pas être commis impunément.

Et elle a continué comme ça, pendant que je m’efforçais de l’écouter en gardant mon sérieux, en me retenant de pouffer, de bondir de ma chaise ou de la secouer par les épaules. Évidemment, les informations concernant la déflagration à distance sont dissimulées par le méchant gouvernement, allez savoir pourquoi… et évidemment, il y a un savant renégat qui sait comment faire, et évidemment les autorités l’ont enfermé quelque part dans une prison militaire. Et – évidemment, bien sûr, forcément –, Nico, son copain Jordan et le reste de la bande ont un plan pour le libérer et sauver le monde.

Je suis un point d’interrogation tendu vers un secret

Ce n’est pas seulement le présent d’une personne qui meurt avec elle, quand elle est assassinée, noyée ou qu’un rocher géant lui tombe sur la tête. C’est le passé, aussi, tous les souvenirs qui n’appartenaient qu’à elle, ce qu’elle a pensé et jamais dit. Et tous ces futurs possibles, tout ce que la vie lui aurait réservé. Le passé, le futur, le présent, tous brûlés ensemble comme un fagot.

Je ferme les yeux une minute et somnole un peu. À un certain niveau, bien sûr, j’ai conscience que mon insistance illogique pour certaines idées concernant ma sœur – en particulier ma conviction têtue non seulement qu’elle est en vie, mais aussi que je vais la retrouver et la ramener à la maison, dans une ville qui n’existe même plus –, toutes ces pensées magiques se répandent, sont en train de croître vers l’extérieur comme le halo de lumière autour d’une bougie.

Le marteau-piqueur est « une vieille carne », m’a prévenu Atlee, mais l’homme m’a aussi assuré qu’il fonctionnerait pour peu qu’on se montre un peu persuasif. Il n’a pas précisé si la meilleure persuasion consistait à brailler « bordel à cul de pompe à merde » lorsqu’il cale, mais je fais confiance à Cortez pour savoir ce qu’il fait, à creuser là-bas. 

2 commentaires:

  1. Je crois que je ne vais pas m'y essayer pour le moment... j'avais adoré le premier et été très déçu par le second. Même si le dernier semble mieux, j'hésite, trop de déceptions dans mes dernières lectures.

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  2. Je pense qu'il vaut mieux passer ton tour. En outre, ce tome est clairement plus policier.

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