jeudi 8 septembre 2016

Les omaliens. Omale Tome 2

Laurent Genefort, Denoel, 2000-2012, 500 p., 11€ epub avec DRM

 

Ce tome 2 se conclue par sept nouvelles, dont deux inédites.

L'occasion d'en apprendre plus sur l'histoire de cette fameuse sphère de Dyson aux dimensions incommensurables.
Le très bon côtoie le ratage complet. Les deux premières nouvelles étant d'après moi les meilleures.
L'intérêt de ces nouvelles est de découvrir des tranches de vie quotidienne des habitants d'Omale sur une durée allant des premiers pas sur Omale à l'époque précédent le pacte de Loplad. En outre, certaines nouvelles étant parues dans des revues diverses, les retrouver individuellement relèvent du parcours du combattant.
Environ 500 pages, de quoi satisfaire les ethnologistes d'Omale.

Il s'agit de l'intégrale des nouvelles parues jusque 2012. La dernière nouvelle inédite (à ma connaissance) est Ethfrag, parue dans la revue Bifrost n.78 au prix de 6€ en numérique. Texte que je vous conseille aussi fortement.

Aparanta : L'action se situe à l'arrivée des premiers vaisseaux sur Omale. Nous suivons trois personnages en lutte contre les énigmes qui leur sont soumises : Pourquoi les portes de Vangt ont-elles "cessées" de fonctionner ? Sommes nous seul dans l'univers ? Qu'est-ce que ce monde ? Toutes les questions ne trouveront pas leur réponses, mais les bases sont jetées. L'entente face à nouveau monde parait bien précaire.
L'attente sur les premiers pas sur Omale était grande après la lecture des trois romans, une bonne réussite.

Un roseau contre le vent : Quelques siècles ont passés depuis l'arrivée sur Omale. L'opium du peuple, la religion, tente de faire croire qu'Omale est une création divine. Le règne de l'obscurantisme commence avec son cortège de guerre, de dogme, de racisme et d'autres horreurs. Cette nouvelle décline l'oubli des origines par ses habitants et le commencement des guerres inter-espèces. Une fin glaçant.

La septième Merveille d’Omale : Nous sommes en pleine guerre écologique. Les chiles et les humains tentent de gagner de l'espace vital - un comble au vue des dimensions pharaoniques de la Grande Aire - en détruisant par tous les moyens possibles la faune et la flore de ses adversaires afin de faire fuir ses habitants. Les chiles construisent un gigantesque barrage leur permettant de contrôler à terme le fleuve pacifique. Certains humains ne l'entendent pas de cette oreille. Prévisible mais permet d'avoir un aperçu d'un détail de l'histoire d'Omale.

L'Affaire du rochile : Une bête monstrueuse assassine sans vergogne des humains. Un ancien militaire revient dans son village d'origine pour enquêter.
Laurent Genefort transpose Omale dans le genre policier et fantastique, un ratage complet.
La nouvelle débute pourtant sur de bonnes bases, pose tranquillement le mystère et l'atmosphère. Puis ça dérape, la relation entre les deux frères manque de développement pour y croire. L'enquête et sa résolution sont bâclées et hasardeuses, pour un final grotesque. Les relations entre chiles et humains sont à peine esquissées alors que cela aurait pu participer à l'ambiance pesante du récit.
Un ersatz indigeste de Bête du Gévaudan en Omalie.
Mais ne vous fiez pas à ce texte pour ne pas lire le cycle d'Omale, vous rateriez un planet-opera d'envergure.
(Nouvelle disponible en papier aux éditions ActuSF au prix de 6€)

Croisées : pas compris


Arbitrage : Ou le jeu comme thérapie. Deux généraux chiles se jouent une partie de fejij réelle, leur vie, et celles des civils, dépendant de l’issue de la partie. Ils décident de prendre un humain d’une ville assiégée comme arbitre.
Nouvelle intéressante du fait de l’étude d’une partie de fejij permettant de mieux comprendre le lien entre les chiles et le fejij.

Patchwork : Laurent Genefort nous transporte à Loplad, quelques années avant la signature du pacte de paix. Les différentes races cohabitent plus ou moins sans heurts. Nous découvrons la ville à travers la morgue.
Nouvelle sympathique. L'intérêt est surtout de faire connaissance plus en avant de la race hodgqin, qui n'a été qu’effleurée dans les romans. Une mise en bouche avant une plus ample connaissance de cette reh étrange et mystérieuse dans le le dernier roman en date Les vaisseaux d'Omale, sous titré L'aire Hodgquine.

L'intérêt de ces nouvelles est de découvrir des tranches de vie quotidienne des habitants d'Omale sur une durée allant des premiers pas sur Omale à l'époque précédent le pacte de Loplad. En outre, certaines nouvelles étant parues dans des revues diverses, les retrouver individuellement relèvent du parcours du combattant.
Environ 500 pages, de quoi satisfaire les ethnologistes d'Omale.

Les avis sur les autres romans du cycle :
Omale
Les conquérants d'Omale
La muraille sainte d'Omale
Les Omaliens


Au début, tant d’agitation, tant de confusion : le chaos partout, hommes et peuples courant affolés, les nations éphémères et monstrueuses, se consumant d’elles-mêmes tels des soleils trop massifs. Pour la première fois, l’humanité mise en rapport avec d’autres espèces intelligentes ! La foi vacille, se raccroche aux dogmes chancelants. Nous ne sommes plus seuls ! Il nous faut désapprendre la solitude.



On expédiait Chiles et « traîtres raciaux » en camps de travail, où ils devaient planter des arbres et élever des animaux pour les programmes d’expansion de l’Aire humaine. Les plus vieux et les malades étaient abattus et servaient d’engrais, de sorte que les trafiquants les achetaient au poids. Victimes de guerre inévitables ainsi Roland lavait-il sa conscience.

Comment raisonner un individu qui prenait au pied de la lettre des fantasmes ancrés en lui depuis si longtemps qu’ils faisaient partie intégrante de sa personnalité ? Il n’y parviendrait jamais. Le monde actuel, dans l’esprit de Mansholt, ressemblait au cloaque qu’il venait de décrire. Pour éviter ce destin, le missionnaire était capable d’exterminer deux espèces dotées de conscience, persuadé de gagner ainsi son paradis.


Il existait quelque chose de plus fort que la race, l’origine ou même l’identité biologique : le partage d’une même réalité. Il ne s’en était jamais rendu compte avant cet instant.

Une gomme ne peut pas effacer la tache qui se trouve sur elle-même. 

La morgue est un signe des temps, un point de convergence par lequel se croisent toutes les rehs, tous les destins. Cependant, ce point n’a rien d’élevé. Au contraire, il s’enfouit, méconnu, dans les entrailles de la ville.


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