mardi 10 janvier 2017

Angle mort n.11

Angle mort, Printemps 2016, 138 p., 3€ epub sans DRM

 

Une revue électronique assez récente en recherche de ligne éditoriale. Des débuts prometteurs.

Présentation : 

Le collectif Angle Mort est composé d’éditeurs, d’écrivains, de traducteurs et de scientifiques partageant une même conception de la science-fiction ; celle d’une méthode d’exploration de soi et de notre environnement. La revue numérique Angle Mort publie des nouvelles contemporaines, françaises ou traduites de l’anglais, qui font la science-fiction d’aujourd’hui et offrent un nouveau regard sur le monde afin de mieux préparer demain.
Pour ce numéro 11, retrouvez une couverture originale du street artist espagnol Deih, 4 récits de science-fiction inédits écrits par des auteurs français et américains, ainsi que les interviews avec tous les contributeurs.

Mon ressenti : 


Revue disponible uniquement en numérique.
Deih - Dilemma

La revue Angle mort existe depuis 2010. Cette année, changement de ligne éditoriale avec un petit changement dans le titre, passant de Angle mort, éclats d'imaginaires à Angle mort, épreuves de réalité et un petit lifting graphique.
Sa particularité : les nouvelles sont disponibles en texte intégral sur leur site (1 nouvelle par mois). L’intérêt d'acheter la revue est de pouvoir la télécharger au format de son choix et surtout de profiter d'un petit bonus fort appréciable : un petit entretien avec chaque auteur.
Chaque texte est introduit d'une petite présentation de l'auteur, de son oeuvre et de la nouvelle.

La page de couverture contient une illustration en couleur (sur une liseuse, l'intérêt est réduit) d'un artiste contemporain et la revue débute par son interview. A l'honneur du numéro 11, le graffeur Deih.

Quatre nouvelles prennent la suite :

Honey Bear, de Sofia Samatar. Des extraterrestres ont envahi la terre. Un texte qui donne peu à peu les clés de sa compréhension. Un univers riche,bien écrit, à l’atmosphère mélancolique. Une belle réussite qui aurait mérité un développement plus long. Un goût de r'viens-y. Sofia Samatar est l'auteur du roman Un étranger en Olondre.


Le premier arbre, de Jean-Luc André d'Asciano. Le monde après la quatrième guerre mondiale. Pas très original, fouillis. Trop de thématiques pour ce format court.

Une brève histoire des formes à venir, Adam-Troy Castro : Les femmes donnent naissance à des formes. Un univers étrange autour de la relation enfant mère et de la différence. Une nouvelle qui fait la part belle à l'imagination du lecteur. Il m'a fait penser du fait de l'invention de formes de vie défiant la compréhension à certains textes de Rosny aîné, notamment Un autre monde

Une greffe à deux voies, Sarah Pinsker : Un cul-terreux se fait arracher son bras par une machine agricole, on lui greffe une prothèse avec interface neuronale. A l'instar des membres fantômes, Sarah Pinsker nous conte l'histoire d'une prothèse vivante. Un texte profondément humain qu interroge la technologie.J'ai aimé le côté "vie quotidienne" très bien rendue, et son questionnement éthique.

Au final, j'ai découvert trois plumes, que demander de plus ? Peut-être des entretiens qui mériteraient d’être un poil plus long et plus centré sur la nouvelle (comme celle de Sarah Pinsker). Mais l'idée de terminer de cette façon chaque texte est un vrai régal. Continuez.
L'interview d'un artiste hors sérail littéraire SF permet de sortir des sentiers battus. Mais parler d'art visuel sans images gâtent le plaisir. En outre, cela n'aurait pas coûté plus cher de mettre le lien vers le site de Deih.
Des petits défauts à suivre au fur et à mesure des futurs numéros.
En attendant, je me plonge dans le numéro 12.

Citation :

Comme je l’ai dit, je suis toujours intéressée par l’exploration concomitante des côtés positifs et négatifs des nouvelles technologies. Pendant ma journée de travail, je côtoie des personnes handicapées. Et tous les jours je vois ce type de choses. Des traitements qui résolvent un problème, mais qui en crée un autre. Des technologies qui apportent une liberté nouvelle et immédiate, mais qui pourraient avoir un autre coût, plus subtil parce qu’on ne s’en rend pas compte tout de suite. Il y a des puces informatiques capables de faire de grandes choses, mais nous avons tous vu notre ordinateur planter un jour. Les avantages de ces technologies ont tendance à voiler les risques qu’elles comportent et je pense qu’il y a énormément de choses à écrire là-dessus.
Sarah Pinsker

6 commentaires:

  1. Ravie de lire ton avis sur cette revue que j'ai découvert avec ce numéro 11.
    Je me suis également interrogé sur l'intérêt d'une interview d'un illustrateur sans les photos de ses oeuvres majeures. Mais avec une liseuse, c'est également un peu à côté de la plaque. J'aime bien l'illustration (en couleur) de ce numéro.

    je n'ai lu que le n°12 dans sa globalité et je serai curieuse d'avoir ton point de vue. l y a aussi des nouvelles qui valent le détour.

    En attendant, je vais lire Une greffe à deux voies.

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    1. J'ai trouvé Une greffe à deux voies du niveau de Aujoud'hui je suis Paul. Des nouvelles centrées sur l'humain.

      Concernant les illustrations, ils ont corrigé le tir sur le numéro 12, même si avec une liseuse... Mais certaines personnes doivent lire sur tablette.

      Mon ressenti pour le n.12 rejoint le tien, billet dans quelques jours.

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    2. Chouette j'attends ton billet!

      J'ai beaucoup aimé je suis Paul, du coup je vais de suite lire Une greffe à deux voies.
      Merci LCC -SLC (Sans Limite de consommation)

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  2. Mêmes interrogations ici sur l'interview d'un graphiste sans images et sur les interviews un peu courts (mais c'est le moins le cas dans les numéros d'avant).
    Ceci dit les nouvelles sont intéressantes (surtout celle de Troy-Castro que je trouve formidable), c'est le principal !

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    1. Si la revue réussie à nous donner l'envie de découvrir des auteurs, le pari est gagné.
      Pour les interviews, j'espère qu'ils vont revenir à leur formats d'avant. Cela doit aussi dépendre des auteurs.

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