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La guerre des marionnettes

novembre 03, 2022

Adam-Troy Castro, Albin Michel Imaginaire, 2022, 544 p., 13€ epub sans DRM



Aubaldévlhanis,
aubaldévlhanis, ohé, ohé
Aubaldévlhanis, aubaldévlhanis, ohé, ohé
Aubaldévlhanis, aubaldévlhanis, ohé, ohé
Aubaldévlhanis,
aubaldévlhanis, ohé, ohé

Au bal, au bal mortel, ohé, ohé Elle danse, elle danse, elle danse au bal mortelElle ne peut pas s'arrêter, ohé, ohé De danser, danser, danser au bal mortelAu bal, au bal mortel, ohé, ohéAu bal, au bal, au bal, au bal mortelElle ne peut pas s'arrêter, ohé, ohéDe danser, danser, danser, danser, danser 
 
 

Présentation de l'éditeur :

Toujours à la poursuite des Démons Invisibles, responsables de la mort de ses parents, Andrea Cort se rend sur la lointaine planète Vlhan. Ses imposants habitants y pratiquent un rituel qui tient tout autant du spectacle de danse que du suicide collectif. Une fois, par le passé, le ballet a dégénéré, et les habitants de Vlhan se sont retournés contre les spectateurs présents pour les massacrer.
Andrea est convaincue qu’élucider le mystère à l'origine de cette tragédie peut la mener à ses Démons Invisibles. Mais la disparition d’une jeune fille vient rapidement compliquer sa quête personnelle. 

 

Mon ressenti :

Après quelques tergiversations pour savoir si la suite des aventures d'Andrea Cort allait se faire, la réponse est là : OUI (sûrement grâce à mon billet où je jouais avec les lecteurs comme avec des pantins). Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi, vous n'aviez qu'à suivre en temps et en heure... Comme avec ce tome : Faut-il lire les autres tomes ? L'éditeur, dans son introduction au livre, répond non. Normal pour un éditeur. Mais je suis d'accord avec lui, à l'inverse de nombreux collègues blogueurs. De toute manière, tu fais comme tu veux, c'est à cause de toi, toi qui n'a pas lu les deux premiers tomes, que ce livre a failli ne pas voir le jour. Mais peu importe, la seule question qui vaille est : ce troisième tome vaut-il le coup ? On ouvre le bal avec la nouvelle


Les Lames qui sculptent les Marionnettes

Sur notre chère Terre a lieu chaque année un bal populaire avec en guise d'apothéose un feu d'artifice. Sur Vlhan, c'est le même principe, mais en version hardcore. Il s'agit d'un ballet dans un amphithéâtre où les participants meurent à la fin. Pourquoi ? Les us et coutumes...
On suit les pas de deux jeunes qui vont se trouver confronter à ce ballet funèbre. Même si on retrouve avec plaisir l'écriture d'Adam-Troy Castro, la surprise est dans l'absence d'Andrea et de sa personnalité. Une mise en bouche pas désagréable qui permet de prendre connaissance de l'histoire de certains protagonistes rencontrés dans les autres récits. Reste un goût d'inachevé que les autres textes devrait combler.
On continue avec le plat de résistance, le roman


La guerre des Marionnettes
 
Toujours sur Vlhan, mais Andréa fait cette fois son retour, crépusculaire. C'est comme avec le bal des fin d'année qui clôture une époque, un âge. Cela faisait deux tomes que nous la suivions, nous demandant si elle allait comprendre le pourquoi du carnage qui a fait d'elle ce qu'elle est devenue. La réponse est au bout du chemin, sanglant et sombre.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit, l'arrivée d'Andrea sur cette planète étant à mon sens un peu fumeuse et il m'a manqué une vraie enquête comme elle m'avait habitué. Nous sommes ici dans la géopolitique avec les principales races rencontrées au cours de ses périples. Mais qu'importe cette légère déception, cela reste un roman offrant d'autres qualités, l'auteur arrivant à nous offrir autres choses que sa sempiternelle enquête.
L'ensemble ce clôt par la nouvelle


La Cachette 
 
Un meurtre, un coupable, des aveux. L'enquête est close dès les premières lignes alors que vient faire Andreas là dedans ?
Une des particularités de ce cycle, c'est que l'un des protagonistes est un inseps. Késako ? Des personnes qui sont liés par leurs personnalités, souvenirs, sensations entre elles. Bref, pour faire simple, un cerveau, plusieurs personnes.
Dans notre problème, le coupable est devenu insep après son crime. Si on l'envoie en prison, on envoie avec qui il est lié. Dilemme moral...
Beaucoup plus linéaire, c'est le texte que j'ai le moins aimé bien qu'il nous mette dans la tête d'Andrea.  


Ce troisième tome est donc celui que j'ai le moins apprécié, mais aussi celui qui m'a le plus marqué par ces images affreuses qu'il dégage. Si l'auteur, et l'éditeur, poursuit son chemin avec son personnage, nul doute que je ferai parti de l'aventure.
 
Et on remercie encore une fois l'éditeur de nous avoir offert une vraie couverture, pas comme celle américaine
 

 
D'autres avis sur le forum du Bélial
 

La Troisième griffe de Dieu

mai 31, 2021

Adam-Troy Castro, Albin Michel Imaginaire, 2021, 464 p., 14€ epub sans DRM

 

Le crime du Carrosse Royal



Présentation de l'éditeur :


En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée : elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements. Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent. A peine arrivée au port orbital, des assassins tente de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15 000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.


Mon ressenti :


Un meurtre, un huis clos, une enquêtrice. Pas de quoi se relever la nuit. Alors, qu'est-ce qui fait que je me suis relevé, moi ?

Rassure-toi, je n'ai pas la gastro et je préfère, car au vu des effets d'une griffe de Dieu, je n'aurai pas fait le fier. Une griffe des dieux, c'est une arme redoutable, ancestrale dont je vous laisse la surprise de découvrir ses effets et qui prend tout son sel avec un soupçon de torture sadique.

Une autre torture, c'est Andrea Cort, l'enquêtrice, une "garce insupportable" toujours désagréable même si la rencontre de l'amour a adouci ses angles. Mais les chiens ne font pas des chats, et replacer la dans un cadre idéal, un meurtre, et voilà que le caractère ressort...  Toujours flanquée de sa paire d'inseps, un couple de fusionnés 3.0 qui est en fait une seule personne avec deux corps, dont on se demande comment ils font il fait pour ne pas prendre ses jambes à son cou.
Ce tome est l'occasion de comprendre un peu mieux la personnalité de tout ce petit monde et surtout leur évolution.
 
Agatha Christie est morte, vive Adam-Troy Castro !
 
N'étant plus de première fraîcheur, j'ai lu avec délectation de nombreux épisodes des aventures d'Hercule Poirot et Miss Marple. Las, depuis quelques années, l'autrice ne sort plus rien. Alors voici un Christie-like tout à fait recommandable et sûrement plus au goût du jour que les enquêtes de l'Anglaise. Voici donc un polar kicékilafait (copyright Apophis) qui se passe dans un univers SF qui n'est pas là que pour le décorum, comme avec le concept de servitude volontaire revue et corrigé 3.0 assez effrayant.
Les traditionnels interrogatoires dessinent cet univers futur, un monde injuste, la loi de l'offre et de la demande où seul le profit a le droit d'existence même s’il est synonyme de massacre ou de génocide.

Les marchands d'armes sont-ils de grands méchants ? 
 
Non Monsieur, ce sont juste des entrepreneurs qui vendent leur produit comme les autres. Accuse-t-on les vendeurs de marmites de participer au génocide des homards ? Non. Alors pourquoi serait ce différent pour eux ? Ils ont une famille comme toi et moi, des enfants et pensent à leur avenir. Quant à embaucher des génocideurs talentueux : pourquoi les laisser aux mains des génies du Mal ? Pensez à ces pauvres scientifiques allemands orphelins qui ont pu être sauvés des griffes du Mal pour aider les grandes puissances ?
Toutes ces interrogations traversent le roman, sans étalement théorique, bien intégré dans l'intrigue.
Ici, les Bettelhines ne sont pas des hors-la-loi, ce sont eux la Loi. Une sorte d'entreprise multinationale multiplanétaire régnant sur ses sujets et façonnant le monde depuis sa maison mère, une planète entière.
 
Stop ou encore ?

Tout cela te donne envie, mais tu n'as pas envie de te lancer dans une nouvelle série. Mais comme chez la reine du polar, tu peux picorer selon tes envies et choisir de commencer par le tome dont le pitch te sied le plus.Ce second livre est tout aussi distrayant que le premier, et je pense plaidera autant aux amateurs de SF comme aux autres.
Comme un Wilson ou un Scalzi, Castro semble me faire le même effet à chaque nouveau livre : un véritable plaisir de lecture intelligent. Vivement le tome 3 !

Une nouvelle clôt le livre, ou apparaît un nouveau protagoniste et c'est avec ses yeux que nous voyons Andrea Cort et ses insepts. L'occasion d'introduire un élément qui fera d'autres apparitions par la suite...

D'autres avis ici


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

 

Mon avis sur le premier tome

 
Mon avis sur le tome 3

Emissaires des morts

janvier 14, 2021

Adam-Troy Castro, Albin Michel Imaginaire, 2021, 720 p., 14€ epub sans DRM


Nous sommes tous des propriétés, Maître.
La seule chose qui importe, c’est de bien choisir son maître.


Dans le système pénal de la Confédération, le Corps diplomatique est représenté par deux groupes distincts, mais d'égale importance : les diplomates, des fainéants plein de vices, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leur histoire. 


Présentation de l'éditeur :


Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».



Mon ressenti :

Voici la nouveauté-vieillerie (les textes étant parus entre 2002 et 2016 en VO) de chez Albin Michel Imaginaire, un pavé de 720 pages par un auteur quasi inconnu sous nos latitudes. L'éditeur nous offre ici un joli cadeau car le livre se compose de 4 novellas et d'un roman pour quasi le même prix d'un bouquin grand format.
Le pitch est somme tout assez simple : un crime, une enquête et un coupable débusqué. Vu, re-vu et re-re-vu. Mais lorsque l'auteur a du talent, ça fonctionne et on en redemande et c'est exactement le cas ici.

Première chose qui m'a plu : l'univers. Ici l'espace est notre maison, nous avons fait la connaissance de pleins d'aliens plus ou moins sympathiques et lorsqu'un crime est commis entre les humains et un ET, on envoie un enquêteur pour éviter une guerre inter-espèces. Les aliens sont profondément autre, ce ne sont pas des humanoïdes déguisés comme bien souvent. Leur forme est étrange, leur comportement aussi, quand à comprendre leur fonctionnement... C'est une réussite totale de ce côté.
En outre, il n'est pas nécessaire d'être un amateur de SF pour apprécier, car l'univers est assez simple, sauf peut être pour le roman. Cerise sur le gâteau, chaque enquête est indépendante.

Deuxième chose qui m'a plu : Andrea Cort, l'enquêtrice. C'est franchement pas la personne qu'il faut invité dans une soirée, c'est une chambre froide. Elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, surtout si c'est pour te rabrouer. Par contre, elle est très intelligente et arrive à se mettre à la place de l'autre, ce qui est un formidable atout avec des formes de vie incompréhensible de prime abord. Et elle a aussi un humour pince sans rire et une vision de l'humanité assez noire.
Bémol, elle est un peu trop tiraillée par le traumatisme de ses "démons invisibles", mais d'un autre côté, ce trouble passé - servant de fil rouge entre les textes - donne très envie de le découvrir.

Vous voulez que je vous dise pourquoi l’humanité ne s’est jamais laissé entraîner dans un conflit interespèces sérieux ? Parce que ça reviendrait à sortir dîner, alors qu’on a le réfrigérateur plein à la maison. Pourquoi goûter à la cuisine exotique ailleurs, tant que nous n’aurons pas exploré toutes les super méthodes pour nous entretuer ?

Troisième chose qui m'a plu : l'intelligence du fond. Un excellent Whodunit, une anti héroïne charismatique et l'auteur se paye le luxe de traiter des sujets sans avoir l'air d'y toucher : racisme, libre arbitre, prédominance du Mal, esclavagisme... Cela m'a un peu fait penser à Scalzi - l'humour en moins - qui sous le divertissement, pose de réelles questions.
J'ai trouvé excellent le nom de la langue utilisé pour favoriser la communication : le mercantile, "La langue dominante du commerce et de la diplomatie des humains était un idiome aussi fruste que peu poétique, conçu pour ménager les susceptibilités de milliers de subcultures chicaneuses."
L'auteur a tout de même une dent contre les fonctionnaires et la bureaucratie, ce qui est parfois assez lassant...

Une horde de fonctionnaires avec tout le talent d’un bloc de béton infeste la population de cadres moyens du Corps diplomatique. Ils ne doivent leur position actuelle qu’à leur longévité, mais n’ont rien d’autre à offrir.

Résultat : un excellent divertissement, intelligent et se lisant tout seul.
Bonne nouvelle, le tome 2 arrive bientôt suivi peut-être par un troisième.
Et si tu ne me crois pas, va lire la première enquête mis à disposition gratuitement par l'éditeur : Avec du sang sur les mains. D'autres avis ici

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse














Angle mort n.11

janvier 10, 2017

Angle mort, Printemps 2016, 138 p., 3€ epub sans DRM

 

Une revue électronique assez récente en recherche de ligne éditoriale. Des débuts prometteurs.

Présentation : 

Le collectif Angle Mort est composé d’éditeurs, d’écrivains, de traducteurs et de scientifiques partageant une même conception de la science-fiction ; celle d’une méthode d’exploration de soi et de notre environnement. La revue numérique Angle Mort publie des nouvelles contemporaines, françaises ou traduites de l’anglais, qui font la science-fiction d’aujourd’hui et offrent un nouveau regard sur le monde afin de mieux préparer demain.
Pour ce numéro 11, retrouvez une couverture originale du street artist espagnol Deih, 4 récits de science-fiction inédits écrits par des auteurs français et américains, ainsi que les interviews avec tous les contributeurs.

Mon ressenti : 

Fourni par Blogger.