La part du monstre



M.R. Carey, L'Atalante, 2018, 448 p., 10€ epub sans DRM



Dans la famille Celle qui avait tous les dons, je demande le préquel.
Des zombies, des militaires et des scientifiques, soit les mêmes ingrédients que dans Celle qui avait tous les dons mais les évènements se situent avant. Une suite préquel qui change des suites à rallonge, mais est ce suffisant ? Oui et non.

Présentation de l'éditeur :


Sur une Terre en proie à la terreur.
Stephen, 14 ans, autiste et surdoué, a pris place dans un laboratoire mobile avec six militaires et six scientifiques. Sauveront-ils l’humanité ? 

Mon ressenti :


Nous sommes 10 ans après La Cassure, 10 ans avant les évènements narrés dans Celle qui avait tous les dons.
La Cassure, c'est le moment de l'histoire où l'humanité s'est prix un grand coup de savate dans la gueule qui l'a laissé moribonde, le monde appartient désormais aux Affams, des zombies dont la seule particularité est d'être appelé Affams !
Quelques groupes s'organisent à qui mieux mieux, dont la ville de Beacon qui décident d’envoyer des scientifiques et militaires de seconde zone chercher un remède au virus.
Douze hommes et femmes, partagés équitablement entre militaires et scientifiques, et un adolescent autiste : Stephen, l'inventeur du gel étatbloquant qui permet de s'aventurer sans avoir un grand panneau clignotant au dessus de sa tête "Ici chair fraiche et tendre"

Tout cela se lit sans mal, un bon page turner pas trop frénétique, dans la droite ligne de l'opus précédent. Ceux qui aiment le gore ou l'action en seront pour leur frais, car le rythme est tout de mème assez lent, sauf dans la dernière partie. Le périple de nos chers protagonistes est assez semblable à Celle qui avait tous les dons, mais le lecteur découvre quelques éléments sur la survenue du virus et sur les enfants humanité 2.0.

Ce qui m'a le plus dérangé c'est le manque de réflexion sur les différentes thématiques. Il y a bien la loyauté des militaires à leur hiérarchie ou à leur mission, sur le devenir de l'humanité mais cela ne va jamais très loin. M.R. Carey ajoute un nouvel élément dans le duel bas du front/haut du front : un gouvernement duel civil et militaire. L'expédition en paye les frais avec deux commandants, par contre au temps le le commandement armé est crédible, ce n'est pas le cas de l'autre, falot et couard.
L'auteur a cependant le souci d'éviter la caricature dans ses personnages sans toutefois y parvenir pleinement.
Les rapports avec les événements futurs sont bien amenés, enrichissant l'univers, comblant les trous.
Un grand bravo pour la fin sous forme d'épilogue qui ravira les lecteurs du premier roman.

Un divertissement honnête qui manque cependant d'originalité par rapport au premier opus mais qui ravira les lecteurs du premier tome. Et l'envie de relire Celle qui avait tous les dons...
Pouvant se lire de manière indépendante, n'appelant pas forcément à une suite, mais qui sait, certaines portes sont ouvertes...


Mon avis Le film


Quelques citations :


La plupart des satellites sont tombés du ciel il y a un bail, donc tout ça, c’est de la pure théorie, et il ne voit pas ce qu’il y a de si génial dans le fait de laisser sa marque. On a une vie, qui se finit. Ensuite, on est mort. Ce qui compte, c’est de vivre, pas de prouver aux autres qu’on est passé sur cette Terre. Tout disparaît, c’est dans l’ordre des choses. Les trucs qui restent en place, ils croupissent.


Sans qu’aucune démonstration satisfaisante n’en ait été faite, c’est la doctrine Caldwell, selon laquelle la mort psychique survient dès l’instant de l’infection, qui prévaut à Beacon. L’autre hypothèse, horrible mais pas improbable, veut que les affams soient atteints d’une forme de syndrome de déefférentiation motrice. Qu’ils soient conscients, mais court-circuités par l’agent pathogène qui s’est installé dans leur système nerveux et donc incapables de commander à leur corps. Quel effet ça ferait ? Une âme qui scrute le dehors à travers des rideaux gris, pendant que l’organisme qui a pris possession de son enveloppe célèbre sa liberté à grand renfort de carnages aveugles ?


- Stephen, es-tu devenu fou ?
Le visage de Fournier a viré à un rouge brique tirant sur le bordeaux.Peut-être. Il n’y a pas moyen de savoir, car c’est toujours le problème – pour lui comme pour tout un chacun. La santé mentale est une chose en suspens, ancrée dans rien d’autre qu’elle-même. On tâte le sol à quelques centimètres au-devant, on s’avance comme s’il était ferme, mais le monde entier est en chute libre et on l’est avec lui.

2 commentaires:

  1. Woui, woui, woui. Cela ne m'enchante pas plus que cela. Je crois que je vais le laisser chez le libraire...
    Me faut quelque chose de plus abouti.

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    1. Nous sommes clairement dans le registre du divertissement, mais cela se lit bien.
      Mais je suis d'accord avec toi, ce n'est pas une lecture que tu apprécierais.

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