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Adieu

mai 11, 2023

Jacques Expert, Sonatine, Le livre de poche, 2011, 408 p., 11€ epub sans DRM


Règlement de compte au poulailler.

Le pitch :

2001, Châtenay-Malabry. Une mère, son fils et sa fille sont retrouvés assassinés à leur domicile. Le père est porté disparu. Est-il lui aussi victime ou bien coupable ? Les recherches s'organisent, sous la direction du commissaire Langelier. Un mois plus tard jour pour jour, c'est au tour d'une seconde famille, tout aussi ordinaire, d'être abattue dans des circonstances identiques. Là aussi le père est introuvable. Presse, politiques, police, les avis sont unanimes, un tueur en série est à l'œuvre. Seul Langelier s'entête à concentrer tous ses efforts sur la piste des pères, qu'il soupçonne d'être à l'origine des massacres. Devant son obstination et son manque de résultats, son supérieur, le commissaire Ferracci, est obligé de lui retirer l'affaire. Commence alors entre les deux hommes une guerre froide, chacun s'efforçant de démontrer sa propre vérité, qui ne prendra fin que dix ans plus tard avec la révélation d'une incroyable réalité.


Mon ressenti :

Non, ne vous inquiétez pas, il s'agit juste d'un adieu pour cause de départ à la retraite, et encore, pas le mien, celui d'un commissaire de police. Mais il a une sacrée révélation pour fêter dignement son départ : la résolution d'une affaire déjà résolue !

Retour en arrière, le commissaire Langelier est chargé d'enquêter sur le meurtre d'une mère et de ses deux enfants dans leur maison. Le père est introuvable. Un mois plus tard, des meurtres identiques ont lieu, idem un mois après. Un tueur en série ? Mais où sont les trois pères disparus ?

Une enquête qui patauge, un commissaire sûr de son flair et l'emballement médiatique et politique qui prend le relais. Un début classique pour un polar mais l'auteur prend les chemins de traverse par la suite avec la longue traversée du désert de son commissaire et aussi lors de sa soirée de départ à la retraite.
Plus que l'enquête, classique et sans surprise, c'est la psyché de Langelier qui semble intéresser Jacques Expert. L'obsession maladive du commissaire, sa longue déchéance et son possible retour en grâce. C'est une plongée glauque dans son anti héros le sel de ce roman. On se demande s'il n'a pas pété une durite, s'il se bat contre des moulins à vent alors que tout semble clair. Est-il tombé dans la névrose, la dépression ou va-t-il nous faire le coup du génie incompris ? Jacques Expert plonge le lecteur dans l'expectative avec de multiples explications possibles, savoureux.

Dommage que l'enquête soit pour moi de carton-pâte, j'aurai aimé une affaire plus tortueuse pour perdre un peu plus le lecteur que je suis. Donc on se retrouve avec un magnifique anti héros et une affaire assez linéaire. Bancal donc, mais la descente aux enfers vaut vraiment le coup d'oeil.

Roman lu sur les recommandations d'Emmanuel Quentin. Et son avis par la même occasion.

La submersion du Japon

mars 06, 2020

Sakyo Komatsu, Editions Picquier, 2011 (1ère parution 1977), 256 p., 8.50€ papier


Et si l'impensable se produisait ?

Présentation de l'éditeur : 


Le premier grand cataclysme s’abattit sur la région d’Osaka à 5 heures 11, le 30 avril. A 8 heures 03, la chaîne de montagnes Togakure explosa. Les regards du monde entier étaient fixés sur « la mort du dragon ».
Des dizaines d’avions appartenant à des télévisions de toutes les nationalités volaient au-dessus de l’archipel du Japon qui crachait du feu et des flammes.


Mon ressenti :


Tremblement de terre, tsunamis, le Japon fait face à des catastrophes en série. Sur ces entrefaites, un scientifique a une prémonition : la submersion prochaine du Japon !

Un scientifique qui se base sur son instinct, des gens haut placés qui le croient sans problème. Ce ne sera malheureusement pas les seuls hiatus de ce roman.
Un style assez décousu, on saute d'une idée à l'autre, certaines scènes semblent parfois s'arrêter avant la fin : problème de traduction ? Ou bien est ce le fait du style rapport ? Quoiqu'il en soit, les deux premiers tiers sont assez pénibles à lire. Les personnages manquent cruellement d'épaisseur, des anecdotes dont on se demande ce qu'elles viennent faire dans le récit (ah les punaises)
Sans être un fin analyste, on décèle rapidement les tenants et aboutissants de cet événement qui nous est caché. Entre science plus qu'improbable qui ne démériterait pas dans les classiques (les mauvais) du merveilleux scientifique, et démêlés politiques, les catastrophes s’enchainent sans que l'on y attache la moindre importance.

Puis peu à peu, dans le dernier tiers, l'analyse se fait plus fine, plus politique. Comment gérer l'insurmontable ? Face au drame, certains tentent de tirer leurs épingles du jeu,l'économie must go on ! Le style se fait plus littéraire et je me demandais la cause de cette rupture.
Autre point intéressant, c'est la plongée dans une culture très différente de la notre, un état d'esprit autre comme le montre une des solutions envisagées face à l'inéluctable. Est ce cela qui rend parfois difficile la compréhension des événement ?
Dernier point de réflexion, l'actualité avec la crise des réfugiés actuelle et le sort réservé dans nos sociétés. L'auteur est tout de même un peu plus optimiste que ce que la réalité nous montre, même si il montre bien que cette bonté n'est qu'une apparence et que d'autres éléments moins humanistes sont en jeu.

La quatrième de couverture est très trompeuse, ne résume que quelques pages de la fin et contrairement à ce qu'elle laisse penser, ce n'est pas un roman catastrophe.
Reste le sentiment d'une bonne idée à la réalisation ratée. 

Ce roman a été adapté deux fois au cinéma et en manga.

C'est à lire pour Gepe (la cause de cette lecture), TmbM est beaucoup plus réservé.


Défi Cortex


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