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Projet Dernière Chance

novembre 15, 2021


Andy Weir, 2021, Bragelonne, 480 p., 13€ epub sans DRM




Quand c'est trope, c'est Tropico nous dit Romain Lucazeau.
Mais que faire si tu n'aimes pas cette boisson ?
Tu lis du Coca-Cola, c'est-à-dire du Andy Weir !

 

Résumé de l'éditeur : 

Ryland Grace est le seul survivant d'une expédition spatiale de la dernière chance. S'il échoue, c'est le sort de l'humanité et la Terre tout entière qui sera en péril.
Mais pour l'instant, il ignore tout de cela. Il ne se souvient même pas de son propre nom, et encore moins des objectifs de sa mission. Il sait seulement qu'il est resté en sommeil très, très longtemps. Et il vient de se réveiller pour découvrir qu'il se trouve à des millions de kilomètres de chez lui, avec deux cadavres pour toute compagnie.
Ryland se rend compte peu à peu qu'il doit faire face à une tâche impossible. Filant à travers l'espace, il lui faut trouver la clé d'un mystère scientifique insondable... et combattre un fléau qui laisse présager l'extinction de notre espèce.
Alors que chaque minute compte et que des années-lumière le séparent de l'être humain le plus proche, il est seul pour relever cet incroyable défi...
Mais l'est-il vraiment ?

 

Mon ressenti :

Deux manières d'exploiter les tropes de la science-fiction, c'est-à-dire ses lieux communs. Soit faire de la Littérature prétentieuse à la française, soit de la Big commerciale littérature. Mais à la différence du communisme et du libéralisme, pas besoin de choisir ton camp, tu peux très bien lire l'un et l'apprécier et faire de même avec l'autre.

Après l'excellent Seul sur Mars, après le calamiteux Artémis, voici Projet Dernière Chance. Et oui, on part dès le titre dans les poncifs - américains (le titre américain est Projet Ave Maria). Ce que les premières pages vont renforcer avec un amnésique qui se réveille dans un lieu improbable. (Oui, tu as le droit de lever les yeux au ciel, mais ne nous voilons pas la face, ce mécanisme fonctionne diablement efficacement.). Où est-il ? Pourquoi ? Des questions qui trouveront pour bonne partie une réponse rapide.

Le début commence comme Seul sur Mars pour rapidement adopter un autre ton. Seul lien récurent : comment s'en sortir grâce à tes neurones. Car sans elles, point de salut, tu crèves.
Voilà un roman addictif au possible (quelques petites longueurs au pire). Comment va faire ce pauvre hère pour se sortir du merdier ? Andy Weir n'a pas son pareil pour nous emmener avec lui en usant d'un des gros trope de la science-fiction (chut, je ne peux rien vous en dire). Le tout avec l'humour du désespoir et des idées à l'inverse du sens commun (Ah ce moyen pour lutter contre le déchauffement (oui oui, dé) climatique).

Une fois passée la dernière page, tu en as eu pour ton argent, reste à savoir si il te restera en mémoire. Pas sûr, car 3 semaines après sa lecture, les réflexions qui me restent fondent à vue d'oeil.
Mais quelle aventure bordel !

Lianne y a trouvé la définition du page-turner; un vrai plaisir de lecture pour Gromovar; FeydRautha condense les avis : un page-turner haletant qu’on ne lâche qu’à sa toute fin


Artémis

février 19, 2018


Andy Weir, 2018, Bragelonne, 336 p., 13€ epub sans DRM


Il y a certains livres que tout amateur de SF doit avoir lu.
Il y a aussi certains livres que tout amateur de SF doit évité, Artémis est de ceux là.

(Sur la première affirmation, je serais plus réservé, tout dépend du lecteur, mais pour la deuxième, c'est un axiome qu'il faut prendre au pied de la lettre : ne lisez pas Artémis !)

Présentation de l'éditeur :


Jazz n’a pas demandé à devenir une héroïne. Elle voulait juste être riche. Pas riche comme tous ces milliardaires qui visitent Artémis, sa ville, la seule colonie humaine de l’espace. Mais assez riche pour dormir dans un vrai lit et manger autre chose qu’une infâme bouillie d’algues. Alors, Jazz a saisi sa chance. Certes, elle a mis son intelligence et ses compétences au service du crime – au menu : contrebande, mécanique et explosions en tout genre. Mais mission accomplie !
Le problème, c’est que, sans le savoir, Jazz a pris part à une conspiration qui menace la sécurité d’Artémis. Et ça, Jazz ne peut pas laisser faire. Poursuivie par un tueur et désormais hors-la-loi, elle doit inventer le plan le plus génial de tous les mondes si elle veut sauver sa peau…

 Mon ressenti :


Jazz est une jeune chieuse qui rêve de gagner plein de fric pour vivre une vie de déesse sur la base lunaire d'Artémis. Coursière dans la vie, elle arrondit ses fins de mois en faisant de la contrebande.
Jazz s'est tout faire, elle est intelligente, elle est belle et un peu chaudasse ! Mais elle a un défaut : elle est chiante et agaçante. Elle parle au lecteur dans un langage dont un ado boutonneux n'aurait pas à rougir. Elle a des soucis avec son brave papa à l'éthique encodée dans ADN. Vont ils se réconcilier ? Quelle suspense !
Caricatural dans l'intrigue linéaire cousue de fil blanc, Artémis l'est aussi dans les personnages. Les dialogues sonnent faux. L'humour de Jazz est envahissant et lourd :

Le secret, avec la Bouillie, c’est d’éviter celles qui tentent d’imiter des vrais goûts. Je vous déconseille l’arôme « poulet tandoori », par exemple ; vous risqueriez d’être déçus. Essayez plutôt la « formule n° 3 de Mme Goldstein », vous m’en direz des nouvelles. Ne me demandez pas ce qu’il y a dedans, je n’en ai pas la moindre idée. Si ça se trouve, c’est à base de carcasses de termites et de poils d’aisselles italiennes.

Univers : Une kényane très intelligente décide de déréguler et de favoriser les entreprises High Tech. Toute l'industrie accourt et crée une base sur la lune. C'est tout.
Pas de véritable sécurité sur la base, on fait ce que l'on veut, pas de caméra. Juste un Gadget traceur dont on peut changer sans aucun problème. Le reste se réduit à une base communautaire ou la loi s'exerce par les pairs selon les us et coutumes et les guildes des métiers (saloperie de syndicalistes !) :

Tu sais quoi ? commençai-je. C’est la guilde qui représente une menace pour ta vie, pas moi. Toutes ces conneries protectionnistes ne sont pas forcément la solution.
— Tu as sans doute raison. Nous devrions laisser tout le monde jouer avec les sas. Je suis sûr qu’on peut avoir confiance en des gens inexpérimentés, ils ne risquent pas de détruire la ville en appuyant sur le mauvais bouton.
— Dale, s’il te plaît ! La guilde pourrait s’occuper de la gestion des sas et laisser les gens gérer leurs AEV seuls. Sauf qu’elle est jalouse de son monopole parce qu’elle est avide de pognon. Les maquereaux sont passés de mode depuis longtemps, tu sais ?

Pour donner un sentiment de science, l'auteur s'est documenté sur les combinaisons spatiales, la soudure, les montres et l'aluminium dont il nous régurgite et bassine des morceaux à certains moments. Il aurait mieux fait de se documenter sur la psychologie des personnages et comment mener une intrigue.
Quatre jours pour lire péniblement 150 pages, j'ai fini le livre en diagonal en pensant que l'auteur de Seul sur Mars me réservait de bonnes surprises. En vain !
Feu Jean Pierre Koffe l'aurait lu, il nous aurait sorti son : "Mais c'est de la MERDE !" En toute justice.
En regardant un peu mieux la couverture, on remarque que le roman est sorti dans la collection Thriller de Bragelonne. Ne vous y trompez pas.

Voilà un roman qui se hisse vers la première place du prix 2018 de la Crotte de chien récompense la merde la plus nauséabonde de l'année.

Pour finir, je vous conseille l'émission La méthode scientifique du 13 février 2018 : Espace : une combinaison gagnante. Vous en apprendrez plus sur les EVA sans vous brûler la rétine.

Yogo, malgré les défauts innombrables, a apprécié le spectacle hollywoodien : "Personnages caricaturaux, intrigue légère et fin hollywoodienne sont les ingrédients du récit. De quoi rebuter et pourtant ça marche, c'est efficace : un livre de divertissement, de grand spectacle que l'on referme le sourire aux lèvres, un véritable plaisir de lecture."
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