Les Maîtres enlumineurs


Robert Jackson Bennett, Albin Michel Imaginaire, 2021, 604 p., 13€ epub sans DRM

 

La méthode Coué de la magie.

Présentation de l'éditeur :



Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.

 

Mon ressenti :

Une voleuse, curiosité aidant, ouvre une petite boîte qu'elle vient de subtiliser de manière peu orthodoxe. Elle découvre une clef qui permet d'ouvrir toutes les serrures et même plus encore. Et en outre, c'est une clef qui parle ! 🧐

Il y a des livres qui à peine commencé vous donne envie de meurtre, d'autres, plus rares, vous donnent envie de ne faire qu'une chose : lire lire et lire.
Malheureusement Les Maîtres enlumineurs fait partie d'une tout autre catégorie : lire jusqu'à plus soif, en oubliant tout ce qui se passe autour de vous, ce que vous avez à faire pour vous immerger complètement, profondément, dans son univers.

Je pourrais vous parler de ce choc culturel entre la plèbe et la Haute, la banlieue et la ville;
Je pourrais vous parler de cette ode à la liberté, à la justice;
Je pourrais vous dire aussi que c'est un roman drôle, la politesse du désespoir;
Je pourrais vous dire que vous allez y apprendre plein d'expressions imagées et grossières;
Je pourrais vous dire qu'il est aussi une fantasy cyberpunk et hopepunk;
Je pourrais vous dire qu'on y parle du rôle de la femme, que le héros est une héroïne;
Je pourrais vous dire dire qu'il est très bien construit, sans lourdeur, que la SF et la fantasy s'y imbriquent de manière surnaturelle, mais parfaite;
Je pourrais aussi vous dire que c'est un roman divertissant et intelligent;
Je pourrais vous dire que c'est une curain de putain de bon bouquin;
Je pourrais vous dire que le plus spectaculaire est que ce roman plaira sûrement au novice comme à l'amateur;
Mais tout ce que je pourrais vous dire ne parviendra jamais à vous faire comprendre combien j'ai apprécié ce roman;
Car je ne suis qu'un simple blogueur, pas un écrivain talentueux;

La seule question que tu dois te poser : Te laisseras-tu embobiner par les maitres embobineurs ?


Avis unanimes pour le moment : forum Le Bélial


Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.



Quelques citations :


« Curain de fils de pute ! retentit la voix dans les escaliers. Sale enfant de putain édentée merdeuse à deux duvots ! »
Gregor s’arrêta au sommet des escaliers de la fonderie Spinola et jeta un bref regard au garde en faction, qui lui renvoya un haussement d’épaules nerveux. La voix continuait de tempêter.
« Comment ça, tu penses que les archives sont précises ? Comment peux-tu seulement penser que tes archives sont précises ? La précision est un curain d’état binaire ; soit elles sont précises, soit elles ne le SONT PAS ! » Les deux derniers mots avaient été beuglés avec une telle puissance qu’ils firent littéralement mal aux oreilles de Gregor, même à cette distance. « Tu es marié ? Tu as des enfants ? Si c’est le cas, ça me sidère, je suis même positivement éberlué, parce que tu es tellement con que je doute que tu saches comment glisser ta chandelle dans ta bonne femme ! Peut-être que tu pourrais regarder un peu dans le voisinage, histoire de voir si d’autres crétins hébétés ressemblent bizarrement à tes sales mioches ? Je jure devant Dieu que si tu ne reviens pas dans une heure avec des archives authentiquement, imparablement, indéniablement précises, j’enduis personnellement tes couilles de gelée de figue et je te jette à poil dans une fosse à cochons ! Maintenant, disparais de ma vue ! »


Tomas Ziani était richissime et avait la réputation d’être un négociant rusé – mais aucunement un enlumineur. En matière de sceaux, il n’aurait pas fait la différence entre son propre cul et un trou dans le sol.


Je dois admettre, glissa Gio, qu’à l’échelle de nos projets, c’est de plus en plus dur de distinguer une connerie mystique d’une autre.

 

14 commentaires:

  1. Si même toi tu t'y mets... mais où va le monde !

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  2. Les avis sont en effet unanimes jusqu'à présent, mais je crois que tu arrives à encore augmenter d'un cran l'enthousiasme ressenti. Ça va vraiment être un passage obligé... un jour, quand la hype sera retombé.

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    1. Tu vas apprécier, j'en mets la tête du Yogo à parier.

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    2. Euh, je peux avoir mon mot à dire !

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  3. Dommage,le niveau de langue du roman me paraît assez bas et vulgaire.Mais pourquoi pas. La couverture est magnifique,on peut toujours se tromper sur la marchandise.

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    1. Fidèle à sa ligne éditoriale, le Chien critique a choisi des extraits bien "saignants" ; ils ne reflètent pas vraiment le livre. Il y a des injures dans le roman, je ne le nierai pas, mais il n'y en a pas à jets continus. Et elles sont presque toujours liées à une certaine forme de "lutte des classes".

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    2. Gilles Dumay n'a pas particulièrement tort, je dois avoir un certain biais dans la sélection des citations.
      D'un autre côté, elles n'ont pas vocation à être exhaustive, elles ne sont présentes que par le fait de m'avoir plut lors de leur lecture.

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  4. Merci pour votre précision.Loin de moi l’idée de critiquer la franchise éditoriale du Chien Critique,qui est souvent le seul à appeler un chat ,un chat.Et c’est pour cela qu’on le lit.
    Apres il faut comprendre que certains lecteurs puissent être dérangés par une prose trop crue.
    Cela dit,je reste bon public du milieu de l’Imaginaire avec de très belles découvertes livresques ces derniers mois et pour cela je vous en remercie.

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    1. Ce n'est pas crue, je pense que ces passages sont les "pires" du roman et comme nous sommes dans le genre crapule fantasy, c'est logique de retrouver ce style de prose.
      Après, ce n'est clairement pas un texte littéraire, mais il divertit et mixe les genres de très belles manières.

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  5. Je n'ai pas tout à fait le même enthousiasme (on accusera tous ces gens de la blogosphère qui ont boosté mes attentes) mais il faut effectivement saluer la qualité du bouquin!

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  6. Eh bien, mon libraire vient de m'annoncer qu'il est arrivé et que celui que j'ai commandé sur ton conseil, est arrivé. Je dois le récupérer cet aprem avant le vrai-faux confinement et la fermeture de pleins de trucs. Je verrais ce que ça donne à la lecture :D

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  7. Chouette! Lorhkan en a déjà dit plein de bien, je suis désespérée.

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