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Black Mirror - Saison 5

juin 13, 2019

Série créée par Charlie Brooker, 2019, 3 épisodes d'1 heure environ

 

Alors, qu'en est-il de cette cinquième saison de cette série dont il faut se mettre en position latérale de sécurité avant de regarder les épisodes ?
En regardant un épisode de Black Mirror, difficile de ne pas ressentir un certain malaise. Cette cinquième saison n'échappe pas à la règle, malheureusement pour d'autres raisons.


Après un film interactif, Bandersnatch, assez décevant, la saison 5 se composent de trois épisodes abordant les thématiques des jeux vidéos, des réseaux sociaux et des robots compagnons interactifs.
Je ne vais pas vous faire lambiner plus longtemps, cette saison n'est pas celle où il vous faut impérativement tester le "Un mois gratuit" cher à Netflix.
Là où les anciens épisodes placaient les dérives technologiques au coeur de l'intrigue, ces dernières sont désormais au second plan. Ici, la série vous dit simplement que si votre identité sexuelle vous titille, mieux vaut s'en tenir à la réalité virtuelle et préserver la norme sociale, l'homosexualité refoulée, c'est trop cool ! Vous aurez le droit à des messages publicitaires de la prévention routière : "Smartphone au volant, attention danger" et "Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas". Et vous saurez enfin que l'industrie musicale est une industrie.

Les sujets sont juste effleurés, la critique de la mainmise technologique dans notre quotidien n'est même plus interrogée, c'est une réalité et sa mauvaise utilisation n'est due qu'à son utilisateur.
Reste alors des tranches de vie parfois bien faites, à part le dernier épisode qui n'aurait pas à rougir devant certaines séries Z tant les événements deviennent de plus en plus rocambolesques, pour ne pas dire invraisemblables.
Pas de futur proche, nous sommes dans notre présent. Est ce que le manque de distance qui a a provoqué ce manque de créativité ? Ou l'argent de Netflix ?

Pour moi, Black Mirror est une critique de la technologie à outrance, le message de cette livraison est beaucoup plus ambigüe et rejette la faute sur l'usager. Au revoir esprit critique.


Petite recension des épisodes:



Striking Vipers

Réalisé par Owen Harris, 2019, 1h


Quand deux vieux amis de fac se retrouvent dans la réalité virtuelle de leur jeu vidéo préféré, les longues soirées à jouer donnent lieu à une étonnante découverte.

Deux amis d'enfance se retrouvent après quelques années, l'un à une vie familiale rangée, tandis que l'autre vit au jour le jour au fil des rencontres. A l'occasion d'un cadeau, "Street Fighters X", nos deux amis vont découvrir un penchant de leur sexualité qu'ils ne connaissaient pas. Toutes les personnes ayant été ados dans les années 80 vont sentir un élan de nostalgie pour ce célèbre jeu vidéo.



Le corps à corps entre combattants portent ici bien son nom. Mais le sadomasochisme d'une telle relation à base de coups est vite relégué aux oubliettes, l'intrigue préférant se focaliser sur l'élan amoureux. Le réalisateur désamorce l'homosexualité latente des protagonistes en leur faisant jouer des rôles hétéronormés dans le jeu vidéo. Et comme pour éviter d'aborder frontalement l'homosexualité, l'épisode joue sur la corde l'humour.
Ne vous inquiétez pas, la morale reste sauve, vos enfants ne deviendront pas d'affreux pervers déviants en reluquant cette épisode. Ouf, on a eu chaud ! Navrant.






Smithereens

Réalisé par James Hawes, 2019, 01h10


Un chauffeur londonien provoque une crise internationale lorsqu'il kidnappe un employé travaillant pour un grand réseau social.

Même si l'intrigue est un peu longue à se mettre en place, la tension autour de la prise d'otage m'a clairement pris dans ses filets. L'épisode vaut surtout pour la prestation de Andrew Scott, le Moriarty
de la série Sherlock.




On explore ici la culpabilité face à un accident et la facilité de rejeter la faute sur un tiers plutôt que d'assumer ses responsabilités. Bref, Facebook ou Twitter ne sont pas responsable si vous utiliser leurs applications au volant. L'addiction aux réseaux sociaux est juste effleurée. En outre, ce ne sont pas les dirigeants les fautifs, mais bien leur équipe ou leurs utilisateurs. Eux profitent juste du business pour se ressourcer loin de la technologie. Il y avait tant à dire...



Rachel, Jack et Ashley Too

Réalisé par Anne Sewitsky, 2019, 01h05


Une ado solitaire se prend de passion pour une poupée robotisée inspirée d'Ashley O, sa chanteuse préférée, alors que la vie de la vraie starlette s'effiloche peu à peu.

Voici la pépite de la saison. Si vous aimez rire, cette épisode va vous faire travailler vos zygomatiques pour un final en feu d'artifice. Même si le robot compagnon est mis en avant, ce n'est clairement pas le sujet. Vous vouliez une interrogation sur le transfert de conscience dans un robot, les conséquences d'un face à face clone-cloné ? Passez votre chemin.



Ici, le réalisateur préfère évoquer le miroir sombre de la célébrité des idoles des jeunes. La mise en abime apporté via Miley Cyrus est cousu de fil blanc, c'est ridicule par moment, grand guignol la plupart des autres moments. La star des gosses qu s'en met plein les poches et rêve en secret de monter son groupe de rock alternatif. No comment.
Et je n'ose même pas vous parler de l'histoire digne d'un téléfilm Disney.


La série avait ma faveur grâce à son côté effrayant, critiquant sans réserve la technologie par rapport à l'humain. Ne reste qu'un beau gâchis tant les sujets abordés dans cette saison avaient un potentiel en terme d'anticipation.


Black Mirror : Bandersnatch

mars 06, 2019

Série créé par Charlie Brooker, 2018, Episode spécial, 1h30

Vous étiez jeune et beau dans les années 80, cet épisode spécial de la série d'anticipation Black Mirror est pour vous, une petite madeleine de Proust 2.0

Synopsis : 


En 1984, un jeune programmeur remet en question la notion de réalité en adaptant un roman fantastique en jeu vidéo. Une histoire hallucinante aux multiples dénouements.


Mon ressenti

Frankie Goes To Hollywood, Eurythmics, Le jour sans fin, le livre dont vous êtes le héros, Philip k; Dick et ses réalités parallèles, les jeux vidéo, ... Un petit concentré des années 80


Pour ceux qui - comme moi - ont l’inculture qui vire au pathologique, le titre Bandersnatch fait référence à De l'autre côté du Miroir de Lewis Carroll. Une référence loin d'être anodine ici car plutôt que nous renvoyer notre reflet, ce sera l'occasion d'aller voir ce que trouve derrière ce miroir. Une mise en abyme autour de la réalité, de la création, et du libre arbitre. Un épisode stimulant intellectuellement. Mais l'intellect ne fait pas tout, quand est-il de l'affect ?

Pour moi, Black Mirror est la série la plus revigorante du moment, celle qui interroge notre présent, n'hésitant pas à aborder de sombres sujets, celle où il faut se mettre en position latérale de sécurité en la visionnant. C'est la série Kiss Cool. Premier effet par son traitement des dérives technologiques. Et le second effet, la chute qui vous cloue dans votre canapé. (notamment l'épisode de la saison 3 Tais-toi et danse). Après l'avoir visionner, je ne peux que constater que le partenariat avec Kiss Cool a été abrogé. Les producteurs ont préféré mettre leur pognon dans l'interactivité.
C'est amusant au premier visionnage, nous avons l'illusion du choix, on se prend au jeu et comme nous avons dix secondes pour faire le choix, il faut aller vite. Mais on se doute souvent ou tout cela va aboutir, le libre arbitre n'est qu'une coquille vide. (sur l'interactivité, je vous conseille d'écouter le podcast de La méthode scientifique : David Cage : le jeu vidéo à fleur de peau)
Au visionnage suivant pour explorer les différentes fins la trame est connue, ne reste plus que la découverte des scènes et fins alternatives et c'est assez redondant. Il faut en effet se retaper tout le début. Si vous avez fait le mauvais choix, vous revenez devant le dernier choix crucial. Au final, L'impression d'être devant un jouet et de découvrir les différents possibilités offertes, puis on passe au cadeau suivant.
L'imbrication des différentes scènes est souvent bien faites parfois plus hasardeuse lorsqu'il s'agit de reconstituer le puzzle de manière différente.
Il y a bien quelques fulgurances ici ou là, comme la scène paranoïaque et complotiste dans l'appartement qui est magnifique visuellement et narrativement, ou bien la scène du duel Patient / Psychologue.

 
Pour moi, un film permet d'apprécier une histoire et découvrir l'imaginaire et la virtuosité du réalisateur et du scénario. Ici c'était moi le pseudo réalisateur, la surprise n'est plus présente. Reste le scénario. Mais comme vous pouvez le constater après avoir lu ces quelques lignes, j'ai plus parler de l'interactivité que de l'histoire qui n'est pas au niveau du standard de la série.

Après toutes mes mésaventures pour déguster ce Bandersnatch, reste une semi déception. C'est rempli de références comme dans l'épisode Black Museum, les plus fanatiques s'amuseront comme des petits fous. La mise en abyme est exploitée à son paroxysme, la plus réussie est sûrement celle où l'interactivité de cet épisode sert à Netflix de suivre nos comportements à la trace : dénoncer les dérives technologiques tout en dérivant soi-même (cf Télérama)
Nous sommes derrière le miroir de la série, mais moi, je préfère regarder son reflet sombre.

Petit avertissement pour les plus sensibles d'entre vous, certaines scènes sont assez flippantes et/ou gore et/ou violente

Un autre avis sur Just a word



Pour les plus fainéants d'entre vous, quelques liens

Les clins d'oeil aux épisodes précédents
http://www.allocine.fr/diaporamas/cinema/diaporama-18678017/?page=6

Les différentes fins + la fin cachée et son easter egg
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18677939.html

La scène cachée
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18677939.html

Tous les arcs narratifs
en anglais : https://www.reddit.com/r/blackmirror/comments/aa9oym/almost_4_hours_after_release_and_i_think_i_have/

en francais :

https://www.numerama.com/tech/451353-black-mirror-bandersnatch-quelquun-a-deja-liste-tous-les-arcs-narratifs-possibles.html

Comment construire un jeu vidéo interactif :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-jeudi-28-juin-2018


Comment j'ai failli regarder Black Mirror : Bandersnatch

février 27, 2019


Avec Netflix, c'est fantastique, toute une flopée de séries dont il est difficile de ne pas entendre parler. Et c'est très simple, l'inscription prend 1 minute et à vous la vie affalée dans votre canapé.

Enfin, ça, c'est la belle histoire, car à part quelques séries têtes de gondole, le reste relève de la rediffusion et les films ne sont pas de toute fraicheur. Quand à la qualité...
Mais Netflix innove en lançant l'interactivité, comme avec l'épisode spécial de Black Mirror : Bandersnatch.
Alors moi qui n'était pas très chaud pour prendre un abonnement chez ce géant, le chant du "1 mois gratuit sans engagement" des sirènes audiovisuelles a été très tentateur.
Côté innovation, ce n'est pas non plus du tout récent, cela s'est déjà vu. On va plutôt dire que l’innovation se trouve dans la lutte contre le piratage car comment télécharger un épisode interactif ? Même si je me demande si la lutte contre le piratage ne passe pas un peu au dessus de la tête de Netflix. Je parlerai plutôt de lutte contre les non abonnements, contre les euros qui ne rentrent pas dans la caisse.

Mais revenons à nos moutons.
Donc impossible de télécharger de manière satisfaisante cet épisode, à moins de le regarder de façon linéaire, pas très 2.0.
Donc reste ce fameux mois gratuit qui vous hante. Et puis un jour, la tentation est plus forte, c'est tout de même Black Mirror, la série dystopique du moment dont on ne ressort jamais indemne après le visionnage d'un épisode.
Et s'abonner via son fournisseur internet est d'une facilité déconcertante : un mail, un nom et un prénom et vous avez accès "aux meilleures séries du moment", sans même sortir sa carte bleue.

Pas eu le temps de faire le ménage !!!


On se fait une jolie flambée dans la cheminée, on sort la bouteille de cognac que Papi gardait pour un événement spécial dont il n'a pu profiter à cause d'un foie frelaté et du passage de la Faucheuse, on retire de sa boite le cigare que Papa conservait pour un moment unique et dont il n'a pu profité du fait d'un cancer de la gorge et des poumons qui lui ont fait rejoindre de manière hâtive son Papa. On sort la liquette que Mamie tricotait pour son arrière petit enfant dont elle ne verra jamais le bout du nez car Papi était un peu porté sur la boisson et avait la main un peu leste. Et on met le petit hyperactif chez Maman qui a la vie un peu tranquille depuis que toute la famille de dégénérées a rejoint le caveau familial.

On s'installe confortablement, on sait qu'on va passer un moment agréable, qu'on fera la fête à sa mémère si l'épisode n'est pas trop sombre et que la bouteille de cognac n'a pas trop descendu. On lance Netflix, qui met bien en avant sur sa page d'accueil cette épisode, et on appuie sur Play

Et patatras, un joli message vous annonce :
Malheureusement, les choix interactifs de ce films ne peuvent être affichés.



Voilà qui commence mal. Saloperie de fournisseur d'accès qui m'a refilé une box toute pourrie avec une télécommande pleine de boutons qui n'arrivent même pas à opérer un simple choix basique entre deux actions.
La dégustation du cognac exceptionnel de Papi se fait cul sec.

Mais moi je suis un Geek à la pointe du nec plus ultra. J'ai un arsenal technologique prêt à servir : j'ai mon écran plat de 95 pouces dans mon 20m2 ! Et pas bêta, je l'ai prise car elle fait Smart Tv, la technologie par excellence, une télé avec internet, je peux même écouter Les grosses têtes dessus si je veux. Ni une ni deux, je bascule sur l'écran de ma smart tv acheter grâce à un crédit revolving, l’icône NetFlix est déjà là qui m'attend. Il faut juste renseigner mon mail et mon mot de passe, ce qui me prend 10 minutes avec cette fichue télécommande, on se croirait revenu au temps du clavier des téléphones à touches. Le_chien_critique, ce qui donne trois appuies sur 5, deux appuies sur 3, et merde, il n'y a pas la touche underscore ! Et pourquoi j'ai pas pris un pseudo plus court ? Mais j'arrive au final à tout renseigner, après avoir mis 5 fois le mot de passe car il ne l'affichait pas en clair.
Et là, après avoir bu cul sec mon second verre de cognac pour passer mon énervement, j'appuie enfin sur Play.
Et devant mon visage ébahie, le message tant haït apparait

Malheureusement, les choix interactifs de ce films ne peuvent être affichés."

Putain de technologie à la con !



Je vide mon troisième verre de cognac de 30 ans d'rage, j'éteins tout et ressors ce bon vieux Monopoly qui a toujours été là dans les pires moments, comme les pannes d'électricité ou d'internet.

Mais le lendemain, je fouine sur le net pour dégotter comment envoyer l'image de mon smartphone sur ma TV. Pas la même marque, pas mis le prix, résultat, ça ne fonctionne pas. Il faudrait que j'achète le dernier Samsung à 2000 euros, mais il me reste 10 ans à payer cette foutue télé.

Je vous ai déjà dit que j'étais à la pointe de la connaissance de l'actualité scientifique, je suis abonné à Science et Vie Junior et à 01.net, je lis même de la SF. Alors je connais l'existence des Chromecast, Apple tv ou Fire Stick, de petits appareils à brancher sur sa télé et qui permettent de dupliquer l'écran de son smartphone. Je vais voir sur Amazon le prix, c'est pas très cher et si je prends un abonnement Premium Amazon, je pourrais regarder le lendemain soir Bandersnatch grâce à la livraison Prime. Et en plus j'aurais le droit à Amazon Video gratuitement. Abonnement que je pourrais regarder sur mon smartphone et son écran géant 4 pouces car ni ma box ni ma télé n'est compatible avec. Je commence sérieusement à regretter l'achat de cette télé à crédit !
Avant de demander à Alexa de me commander son Fire Stick, pas trop crétin et avec une étonnante lucidité, je demande à l’Assistant Google si ces petits joujoux sont compatibles avec Black Mirror. La réponse est tranchante : NON !


Au final, me voici à profiter de mon abonnement gratuit Netflix sur ma télé QLED 8K compatible 3D au format 16/9 pour regarder la meilleure série de tous les temps, Friends, diffusée en 4/3 dans une résolution pourrie !

La HD des années 90


Happy end


Un mois passe, mon envie de regarder cet épisode spécial me taraude toujours autant. Faisant fi des dépenses, je franchis le pas : je profite d'un deuxième "premier mois gratuit" en mettant une deuxième adresse email jehaisnetflix@gmail.com, je ressors mon vieux portable dont la batterie ne tient plus, un câble HDMI et la fonction écran dupliqué, et à moi les joies de Bandersnatch.
On a beau dire, le progrès, c'est magnifique, j'en chialerai presque.

Quand à savoir si tout ça en valait le coup, il faudra attendre un autre billet...

Black Mirror saison 4 - Episode 05 et Episode 06

janvier 19, 2018

Série créé par Charlie Brooker

Petit retour sur les épisodes 5 et 6 de la saison 4 de Black Mirror

Episode 05  : Tête de métal

David Slade, 2017, 40mn



Le terminator nouveau est arrivé, et il ressemble à un chien. Méchant, très méchant.

Synopsis :
En explorant un entrepôt abandonné, trois pillards en quête de ressources déclenchent un monstre impitoyable qui s’élance à leur poursuite dans un désert inhospitalier.

Mon ressenti :

Nous suivons trois personnes roulant dans une voiture discutant d'un plan surement illégal. Ils n'ont pas l'air des malfrats habituels et la peur suinte de tous leurs pores. Les paysages entraperçus évoquent un monde post apocalyptique. Et au milieu de ce désert d'épaves, un entrepôt gigantesque et bien entretenu.




Charlie Brooker nous refait Duel en version moderne. L'épisode est tout en noir et blanc qui manque toutefois d'un peu de beauté, mais nécessaire au vue du sang qui va vite devenir le personnage principal.  Lors qu’apparait l'entrepôt, nous avons l'impression d'un long plan séquence mais il va bien vite faire Pschitt, dommage. Ceci dit, je crois que j'ai du rester bouche bée les 2/3 de l'épisode. On se doute un peu de la futilité du braquage, mais le twist final réserve tout de même quelques surprises.
On est happé par l'histoire, mais une fois le générique passé, il m'a manqué les réflexions auxquelles Black mirror m’avait habitué.
Il paraitrait que le réalisateur ait coupé certaines scènes au montage, comme celles montrant que le chien androïde était piloté par un humain, évoquant alors les drôles de guerres livrées dans des pays à l'aide de drones meurtriers.







Episode 6 : Black Museum

Colm McCarthy, 2017, 50mn


Le petit musée de l'horreur, version Black Mirror

Synopsis : 

Sur un tronçon d'autoroute vétuste, une touriste tombe sur un musée vantant des artefacts criminels rares. Mais le clou de l'exposition lui réserve une surprise de choc.


Mon ressenti :

Ce dernier épisode se compose comme un fix up. Attention, avant de le visionner, mettez vous en position latérale de sécurité, ça va secouer.
Black Mirror nous entraine dans l'un de ses meilleurs épisodes.



Petite visite dans un musée de l'horreur ayant comme pièces des rappels à de nombreux épisodes de la série et dont le propriétaire-guide était dans une autre vie salarié d'une entreprise de recherche médicale technologique
On commence par un implant destiné aux chirurgiens permettant de ressentir la douleur des patients, et ainsi de poser un diagnostic absolu. C'est glauque à souhait, nous naviguons dans la noirceur totale de l'âme humaine. Âme sensible, s’abstenir.
On poursuit par un transfert d'identité qui va se révéler bien complexe à gérer. Le gore est moins présent, mais ce transfert va se révéler cauchemardesque.
La dernière pièce, un simple hologramme, va vous montrer que l'horreur se tapie dans le moindre interstice.
Un épisode d'une noirceur absolue. La mise en bouche horrifique et visuelle va être supplanté par la touche finale glaçante, qui bien que moins tape à l'oeil, va vous démontrer que la torture peut révéler bien des touches de subtilité.



Au final, une saison 4 bien horrifique, mais qui m'a moins amené à réfléchir sur le côté obscur de la technologie. Néanmoins, cette saison va marquer les esprits et amène quelques petites touches d'optimisme.


L'émission La méthode scientifique est revenu sur la série le vendredi 12 janvier :

Black Mirror a des limites car aujourd'hui la série nous confine à ce rôle de spectateur de la critique. Il est un peu paradoxal de voir nos usages critiqués et de le regarder comme un spectacle.
Laurence Allard,
sociologue des usages numériques

Les dérives de nos sociétés contemporaines prophétisées par la série sont-elles si éloignées de la réalité ? Notre présent n’est-il pas déjà dystopique ?
Imaginez… imaginez un monde où tout le monde se noterait, à tout moment, et où cette note déterminerait notre position sociale. Imaginez un monde où l’on pourrait, après la mort d’une personne aimée, la faire revivre numériquement en analysant toute sa vie sur les réseaux sociaux. Imaginez un monde où une vedette virtuelle de télé réalité vulgaire et stupide est élue président des Etats-Unis. Ce monde-là, c’est le monde de la série britannique de SF dystopique Black Mirror. A moins que ce ne soit déjà le nôtre…
Black Mirror, quand la technologie vire au cauchemar. C’est le problème qui occuper La Méthode scientifique dans l’heure qui vient.
Et pour nous emmener dans ces méandres d’un univers parallèle où la technologie, loin de nous libérer, nous a durablement asservis et avoir, qui sait, un aperçu de ce qui nous attend après-demain, voire demain, nous recevons Laurence Allard, sociologue des usages numériques, chercheuse à l’Université Paris III IRCAV et Romain Nigita, journaliste spécialiste des séries, auteur avec Alain Carrazé de « Séries’ Anatomy, le 8ème art décrypté » aux éditions Fantask.




Black Mirror saison 4 - Episode 03 et Episode 04

janvier 06, 2018

Série créé par Charlie Brooker

Petit retour sur les épisodes 3 et 4 de la saison 4 de Black Mirror

Episode 03  : Crocodile

John Hillcoat, 2017, 1h




Synopsis :
Mia, une architecte, pourra-t-elle taire son terrible secret quand Shazia, enquêtrice d'assurance, sonne à sa porte, glanant les récents souvenirs d'un accident voisin ?

Mon ressenti :

Une enquêtrice d’assurance travaille sur un accident de la circulation. Elle tente de retrouver les témoins de l’accident grâce à une petite valisette grise.
Futur proche, la technologie a évolué sans être toutefois omniprésente : les pizzas sont livrés via des voiturettes autonomes, et il y a aussi cette petite valisette grise… Deux technologies dont l’une va nous en révéler les conséquences sociétales.




Assez classique dans sa forme, le petit gadget sort des sentiers battus de la quincaillerie SF classique. Car derrière se profile une société qui semble déléguer de plus en plus de ses services publics sur le privé ayant force de loi sur les citoyens.
Sous couvert de plus de facilités dans le règlement des conflits du quotidien, notre vie privée devient obsolète et non avenue. Si vous pensez après avoir vu l’épisode que cela n’arrivera jamais, pensez à l’existant dans l’attirail des assureurs : bracelet connecté pour surveiller notre santé, petit boitier à connecter sur son véhicule pour plus de sécurité. Tout cela pour gagner quelques euros sur sa facture d’assurance. Et attention, cela peut être bénéfique par certains côtés, mais aussi se retourner contre nous.
Big Brother is Watching You






Episode 4 : Pendez le DJ

Tim Van Patten, 2017, 50mn




Synopsis :
Selon ce système de rencontres, toute relation a une date de fabrication et d'expiration. Mais Frank et Amy remettent vite en question cette logique stérile.

Mon ressenti :

Un début qui m'a fait penser en partie au roman Love Star d'Andri Snær Magnason, roman que je vous invite à lire si ce n'est déjà fait.

Le quotidien dans toute sa banalité : un couple fait connaissance dans un restaurant. La mayonnaise à l’air de prendre entre les deux partenaires de dating. Mais les sites de rencontre ont une nouveauté dans leur valise. Bienvenue dans le dating 3.0
L’humour dans la relation des deux protagonistes donnent à l’ensemble un sentiment de légèreté qui laisse cependant une sensation d’étrangeté.




L’atout de cet épisode est de ne pas nous en apprendre trop rapidement sur ce futur enchanté. Quelques éléments ont l’air de clocher : où sont les vieux, les enfants, les couples ? Qu’est ce que ce mur à peine entrevu ? Certains point restent en suspens lors de la révélation, frustrant.
Sous le masque du manque de confiance en soi, nous déléguons facilement notre libre arbitre à des algorithmes censés être impartiaux et infaillibles. Se profil aussi le besoin de contrôle absolu sur nos vies, abandonnant l’insouciance de la vie à un « pourquoi persévérer si l’issue est défavorable »
Seul le happy end final m’a laissé sur ma faim. J’attends de Black Mirror de me laisser pantelant et horrifié de ces futurs possibles et/ou probables, en me donnant le coup de grâce final sur un twist effrayant. Pas le cas ici, mais dans l’ensemble un bel épisode.








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