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La dissonance

février 16, 2026

Shaun Hamill, Albin Michel Imaginaire, 2025, 640p., 13€ epub sans DRM


L'amour. Que dis je, l'AMOUR est capable de soulever des montagnes. Et une bonne pipe est capable de donner une âme !


Pitch de l'éditeur :

Quand ils étaient adolescents, dans la petite ville de Clegg, au Texas, Athena, Erin et Peter ont appris à maîtriser la Dissonance, une magie qui exploite les émotions négatives – isolement, colère, mal-être, jalousie… Hal, leur ami, s’est quant à lui découvert capable de se projeter dans un lieu a priori inaccessible : le Temple de la Douleur. Puis un drame les a séparés et les trois survivants se sont dispersés à travers le pays. Sans doute pour oublier, passer à autre chose. Vingt ans plus tard, prisonniers de vies banales, les voilà invités à retourner à Clegg pour clore le chapitre le plus douloureux de leur existence. La Dissonance leur permettra-t-elle d’éviter une nouvelle tragédie ou, au contraire, accélérera-t-elle l’inévitable ?


Mon ressenti :

Quatre ados malmenés par la vie se découvrent un pouvoir qui va les marquer à jamais et leur inculquer cette fameuse maxime : de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. Et une bonne pipe implique d'avoir une bouche (et un peu de magie au bout de la langue).

Le titre La Dissonance résume parfaitement mon ressenti : c’est discordant. Autant l’histoire se lit d’une traite, autant elle est remplir de maladresses. J’ai suivi les mésaventures de ce quatuor avec plaisir ; le découpage entre leur adolescence et leur vie d'adultes ratés vingt ans plus tard fonctionne très bien et donne envie de tourner les pages pour comprendre ce qui a foiré.

Malheureusement, cela ne compense pas un système de magie peu crédible, « ta gueule, c’est magique ». Les vies amoureuses et leurs revirements émotionnels m’ont clairement saoulé. Ces romances adolescentes font dérailler le récit principal sans rien apporter, voire l’alourdissent.

Certaines thématiques, comme le racisme ou l’obésité, sont abordées sur quelques pages puis oubliées pendant des centaines de pages, pour ne réapparaître que par intermittence, ce qui donne un rendu plutôt bancal. Sans oublier quelques retournements de situation étonnants et des deus ex machina.

Mon avis se focalise grandement sur ces défauts, alors qu’ils ne représentent que peu de place dans le roman, mais cela révèle ma frustration alors que ce roman se lit facilement, qu'il est plaisant, mais qu’il aurait pu être beaucoup plus.

Ce que je sais désormais, c’est qu’en cas de danger apocalyptique, conter fleurette, rouler une pelle ou faire une pipe semble être une nécessité absolue pour sauver sa peau, voire le monde.

Une cosmologie de monstres

octobre 03, 2019

Shaun Hamill, Albin Michel Imaginaire, 2019, 416 p., 12€ epub sans DRM



1968 - 2013
On connait tous les grandes lignes de l'Histoire, mais connaissez-vous l'histoire de la famille Turner ?
Une famille en apparence ordinaire : Maman, Papa, trois rejetons, une petite maison dans une petite ville tranquille.
Mais si l'on gratte un peu, que voit-on ?
Une cosmologie de monstres !


Présentation de Stephen King :


Dans Une Cosmologie de monstres, Shaun Hamill allie brillamment les univers angoissants de H.P. Lovecraft avec l'histoire contemporaine d'une famille menacée de destruction par des forces surnaturelles. Il réussit son coup, parce que ces braves gens pourraient être nos voisins. L'horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle. Voilà à quoi ressemblerait un roman d'horreur signé John Irving. J'ai adoré ce livre, et je pense qu'il vous plaira aussi.

Mon ressenti :

On va faire court : Livre lu en deux soirées.
Tu en veux plus ?
Alors voici les 7 raisons qui m’ont fait perdre des heures de sommeil :


Première raison : Car un roman qui commence ainsi ne peut être que bien
« Je me suis mis à collectionner les lettres de suicide de ma sœur Eunice à l’âge de sept ans. »


Les blogueurs – Séquence 1 : Celui qui voulait de l'indicible


Deuxième raison : Car il n’y a pas de tentacules dedans !
L'éditeur, dans une interview sur Just a word dit.

il y a deux façons de rendre hommage à H.P. Lovecraft, la bonne et la mauvaise. Cochez les cases Necronomicon, Cthulhu, secte aux rituels innommables et horreurs indicibles est sans doute le meilleur moyen de produire un navet difforme, mais conforme à ceux que cultive Nahum Gardner dans La Couleur tombée du ciel. Shaun Hamill a choisi une autre voie, oblique et non-euclidienne, il a débarrassé la table de sa quincaillerie lovecraftienne, fait une boule avec la nappe à tentacules et a foutu le feu à l’ensemble dans son jardin… puis il a levé les yeux au ciel, cherchant au bon endroit, dans l’infini et ses architectures non symétriques, ce qui rendait l’œuvre de H.P. Lovecraft si vertigineuse.

Mais un éditeur reste avant tout un commercial. Cependant, après  lecture du roman, je ne peux qu'aller dans son sens.
De ce que je garde de mes lectures de jeunesse de ce raciste de Lovecraft, c’est la peur qui rode, l’horreur qui chuchote dans les ténèbres mais reste sur le seuil. De par l’atmosphère, rien n'est dit, tout est suggéré, mais rien n’est montré. C’est exactement cela ici, tout est dans le non-dit, et peut s’expliquer de manière rationnelle ou irrationnelle.





Troisième raison : Car il y a un "chien" avec une cape ! Et avec des super pouvoirs ! 


Les blogueurs – Séquence 3 : Ceux qui en parlent avec des images
- Il est bien ce livre - Roliste tv (à
00:42:27)



Quatrième raison : Car les monstres existent, et ils sont sous ton lit !
Vers l'âge de 5-10 ans, nous avons tous entendu des grattements à la fenêtre de notre chambre, vu une ombre fugace qui la traverse, se planquer sous notre lit ou dans notre armoire. Nos parents nous disaient de ne pas nous inquiéter : "Juste un cauchemar, rendors-toi »
Mais les grandes personnes disent-elles la vérité ? Ne cachent-elles pas de sombres secrets sous l'apparence de la normalité ?
Alors, si tu es courageux, regardes bien sous ton lit, ouvre la fenêtre pour voir qui rode dans le jardin et entrouvre les pages de ce roman.


La dernière interview de Shaun



Cinquième raison : Car il ne se passe rien !

Au vue de la couverture, on se dit qu’il va y avoir plein de calamar géant et du sang.
Et bien non !
Ce roman m’a fait penser à un autre, Les corrections, de Jonathan Franzen, pour son analyse d’une famille. Je dirais que c’est son pendant fantastique.
Une cosmologie de monstres, c’est un roman d’ambiance familial, l’horreur se dissimule dans les secrets de la famille Turner et leur façon d’affronter les replis sombres de leur psyché. Le père qui vit son obsession de créer une attraction de Maison hantée envers et contre tout. La mère, qui tente désespérément et maladroitement de faire famille. Quand aux gosses...
Il n’y a pas de véritable action dans ce livre, et même lorsque les évènements se précipitent, le narrateur reste distant vis-à-vis d’eux. Juste le quotidien d'une famille lambda aux prises avec l'irrationnel.
Tous ces petits rien mis bout à bout donnent envie de connaitre le fin mot de l’histoire. Et lorsque celle-ci arrive, je l’ai trouvé à la mesure du reste, assez calme, il faut ré analyser le récit à l’aune de la révélation.
Ajouter à cela des personnages crédibles, une écriture entrainante et vous avez là un roman qu’il vous sera difficile de lâcher, pour peu que vous aimiez une atmosphère de torpeur moite tout en suggestion




Les blogueurs – Séquence 4 : Celui qui a été (agréablement) surpris, par ce qu'il y a trouvé



Sixième raison : Car il y a un combat de monstres !






Septième raison : Car on ne sait jamais sur quel pied danser
Le narrateur est-il fiable ? Tout cela sort-il de son cerveau névrosé ?
A toi de te faire ton opinion à partir des éléments glissés ici et là dans le livre.




Les blogueurs – Séquence 5 : Ceux qui ont été déçu



Il y a tout de même une raison pour laquelle tu ne dois pas acheter ce roman : Le principal défaut que je lui trouve relève du marketing. Au vue du titre, de la couverture et des parallèles fait avec Providence, on s'attend donc a du sang, de l'horreur, du gore, de l’indicible. Et celui qui l'achète pour ces raisons risque de vite désenchanter (Mais pourra apprécier tout de même !).

Critique réalisée dans le cadre d’un service de presse


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