Gallimard, 2024, 14€ epub avec DRM
Après le sirupeux Le téléphone pleure, voici venu Le téléphone carnivore, d’une tout autre trempe.
Pitch de l'éditeur :
Richard Elauved, quatorze ans et mal dans sa peau, est recueilli, après la mort de ses parents, par son oncle et sa tante dans une petite ville où il s'ennuie ferme, ne fréquentant que Tom, bègue et moqué de tous. Le jour où ce dernier se volatilise, on accuse Richard de l'avoir poussé dans la rivière. Personne ne le croit quand il raconte que le téléphone de la cabine publique où il avait entraîné son camarade pour faire des blagues a dévoré l'oreille, puis la main, le bras et... le reste du corps de Tom. Personne sauf l'énigmatique Karen, qui l'encourage à mener une investigation jugée superflue par la police. Envoyé en centre de redressement, Richard réussit à s'enfuir avec la complicité de jumeaux maléfiques et aboutit à un manoir abandonné dans la forêt, où se succèdent des phénomènes paranormaux qui semblent tous dirigés contre lui.
Mon ressenti :
Moi, j’aime les romans de SFFF réalistes, ou du moins crédibles. Avec un titre aussi alléchant que Le téléphone carnivore, je savais que j’allais faire un pas de côté — qui, au final, s’est révélé plus réaliste que bien des bouquins censés l’être.
Richard est recueilli par son oncle et sa tante dans un
village paumé, lui le jeune ado des villes. Déjà catalogué comme paria avant
même son arrivée, son image va encore se dégrader avec la disparition de son
ami, mangé par le combiné d’une cabine téléphonique. (Pour les plus jeunes : demandez à chatGPT ce qu'est une cabine téléphonique)
Comme quoi, le titre annonce la couleur. Sa situation va encore empirer avec la
disparition d’un second camarade.
D’après vous, de quelle manière son deuxième ami va
disparaître ?
A : il se fait manger par un minitel (demande à chatGPT ce que c'est)
B : il se fait manger par un mange-disque (demande à chatGPT ce que c'est)
C : il se fait manger par un téléphone
Bravo, tu es le meilleur !!!
Des ados, un pitch improbable… et j’imaginais déjà la
bluette sentimentale. Tout était réuni pour me faire fuir, et c’est exactement
l’inverse qui s’est produit : je tournais les pages avec délectation.
Rien de très original, de grosses ficelles sont présentes pour rappeler que
nous sommes dans la littérature jeunesse. Mais l’auteur a d’autres atouts dans
sa manche et rebat les cartes dans les deux dernières parties. Plus les pages
défilent, plus le sous-texte émerge : ce divertissement aborde, mine de rien,
le harcèlement scolaire et le trouble de stress post-traumatique.
L’éditeur parle de roman d’horreur ; je parlerais plutôt de fantastique avec une pointe horrifique. Mais peu importe : j’ai pris un plaisir fou à lire ce court roman. La seule ombre au tableau, le prix du livre numérique : 14€ avec des DRM pour moins de 300 pages. Résultat : allez prendre un abonnement dans votre médiathèque !


Ça sonne assez Stephen King - parole de quelqu'un qui ne lit pas trop Stephen King.
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