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Le téléphone carnivore

janvier 08, 2026

Jo Nesbø, Gallimard, 2024, 14€ epub avec DRM

 

Après le sirupeux Le téléphone pleure, voici venu Le téléphone carnivore, d’une tout autre trempe.

 

Pitch de l'éditeur : 

Richard Elauved, quatorze ans et mal dans sa peau, est recueilli, après la mort de ses parents, par son oncle et sa tante dans une petite ville où il s'ennuie ferme, ne fréquentant que Tom, bègue et moqué de tous. Le jour où ce dernier se volatilise, on accuse Richard de l'avoir poussé dans la rivière. Personne ne le croit quand il raconte que le téléphone de la cabine publique où il avait entraîné son camarade pour faire des blagues a dévoré l'oreille, puis la main, le bras et... le reste du corps de Tom. Personne sauf l'énigmatique Karen, qui l'encourage à mener une investigation jugée superflue par la police. Envoyé en centre de redressement, Richard réussit à s'enfuir avec la complicité de jumeaux maléfiques et aboutit à un manoir abandonné dans la forêt, où se succèdent des phénomènes paranormaux qui semblent tous dirigés contre lui.

 

Mon ressenti : 

Moi, j’aime les romans de SFFF réalistes, ou du moins crédibles. Avec un titre aussi alléchant que Le téléphone carnivore, je savais que j’allais faire un pas de côté — qui, au final, s’est révélé plus réaliste que bien des bouquins censés l’être.

Richard est recueilli par son oncle et sa tante dans un village paumé, lui le jeune ado des villes. Déjà catalogué comme paria avant même son arrivée, son image va encore se dégrader avec la disparition de son ami, mangé par le combiné d’une cabine téléphonique. (Pour les plus jeunes : demandez à chatGPT ce qu'est une cabine téléphonique)
Comme quoi, le titre annonce la couleur. Sa situation va encore empirer avec la disparition d’un second camarade.

D’après vous, de quelle manière son deuxième ami va disparaître ?
A : il se fait manger par un minitel (demande à chatGPT ce que c'est)
B : il se fait manger par un mange-disque (demande à chatGPT ce que c'est)
C : il se fait manger par un téléphone

Bravo, tu es le meilleur !!!

Des ados, un pitch improbable… et j’imaginais déjà la bluette sentimentale. Tout était réuni pour me faire fuir, et c’est exactement l’inverse qui s’est produit : je tournais les pages avec délectation.
Rien de très original, de grosses ficelles sont présentes pour rappeler que nous sommes dans la littérature jeunesse. Mais l’auteur a d’autres atouts dans sa manche et rebat les cartes dans les deux dernières parties. Plus les pages défilent, plus le sous-texte émerge : ce divertissement aborde, mine de rien, le harcèlement scolaire et le trouble de stress post-traumatique.

L’éditeur parle de roman d’horreur ; je parlerais plutôt de fantastique avec une pointe horrifique. Mais peu importe : j’ai pris un plaisir fou à lire ce court roman. La seule ombre au tableau, le prix du livre numérique : 14€ avec des DRM pour moins de 300 pages. Résultat : allez prendre un abonnement dans votre médiathèque !

L'anomalie

novembre 05, 2020

Hervé Le Tellier, Gallimard, 2020, 336 p., 15€ epub avec DRM



Le Christopher Priest de la blanche !

Présentation de l'éditeur :

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe. 
 
 

Mon ressenti : 


Il y a certains blogueurs dont le seul avis suffit à me faire lire un bouquin, TmbM en est et c'est à cause de lui que j'ai dévoré ce roman. Je pourrais paraphraser Monseigneur, mais est ce vraiment utile ?
Alors un copier coller fera très bien l'affaire (son avis complet ici) :

L'anomalie nous présente successivement des personnages très différents les uns des autres. Un écrivain, une avocate, un chanteur, un architecte… Leur unique point commun ? Avoir embarqué quelques mois plus tôt à bord d'un vol Paris-New York, un vol durant lequel s'est produit un… évènement. Comme autant de pièces d'un puzzle machiavélique, les portraits de ces parfaits anonymes s'emboîtent et, sautant de l'un à l'autre, l'auteur tisse une intrigue jubilatoire et vous mène par le bout du nez jusqu'à une révélation spectaculaire. Il est impossible d'en dire plus.
Ce qu'il est possible de dire, en revanche, c'est que ce roman à la fois érudit et grand public fait preuve d'un humour décapant et dresse un portrait acerbe de la religion, de la politique, des milieux intellectuels et de ceux qui les incarnent. Il est particulièrement inventif, sa construction est brillante et sa narration d'une grande fluidité. Mais, et c'est probablement sa limite, il ressemble à s'y méprendre à la novélisation d'un épisode de la Quatrième Dimension. La perspective d'une adaptation ciné, pour laquelle il est d'ailleurs parfaitement calibré, a certainement pris le pas sur la dimension littéraire, à croire que l'auteur a pensé son livre comme un scénario idéal, obéissant à des contraintes hollywoodiennes et demandant le moins de retouches possibles.
 
Seul petite différence, même si je l'ai lu d'une traite, il est partie très vite de ma mémoire. "Du grand spectacle, quoi. Mais du bon ! Du très bon !"
 
Le maki, lui, fait sa fine bouche, même si il est un autre des blogueurs dont son seul avis peut me faire craquer pour un roman.

Par contre, beaucoup trop cher en numérique, vérolé par DRM en outre. Et ne pas lire la quatrième de.couverture du site Gallimard qui dévoile le pot aux roses.
Si tu collectionnes les bandeaux de livres, ce dernier se doit être dans ta collection :




La ferme des animaux

octobre 24, 2019

George Orwell, Gallimard, 1945, 128p., 7€



Tu en a gros ?
Marre de te faire exploiter ?
Et bien, deviens exploiteur !


Présentation de l'édition Gallimard jeunesse :



Un film en a été tiré en 1954, approuvé par la CIA !!!

SF émoi est du même avis : remarquable

Récapitulatif
Et la version audio:

"La Ferme des animaux" de George Orwell (une fiction politique)

https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-samedi-noir/la-ferme-des-animaux-de-george-orwell-une-fiction-politique-0
Fictions du 22 juin 2019
Lien direct (enregistrer sous)

Partie 2 : https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-samedi-noir/la-ferme-des-animaux-de-george-orwell-une-fiction-politique
Fictions du 29 juin 2019
Lien direct (enregistrer sous)

A la Ferme du Manoir, Sage l’Ancien, le plus vieux cochon de la ferme, réunit tous les animaux. Avant de mourir, il souhaite leur faire part de ses réflexions sur leur condition misérable et évoque un rêve qu’il a fait la nuit précédente : la terre était délivrée de l’homme. Lui est revenue en mémoire une chanson qu’il entonne devant eux, Bêtes d’Angleterre, animaux de tous les pays les encourageant au soulèvement.
Sage l’Ancien, meurt, mais le soulèvement aura lieu quelque temps plus tard. Les animaux chassent le fermier et les ouvriers de la ferme et prennent le pouvoir. Les cochons dirigent le nouveau régime. Les chefs, Boule de neige et Napoléon, écrivent sur un mur les sept grands principes de l’Animalisme
33 programmes


Quelques citations :






Benjamin était le plus vieil animal de la ferme et le plus acariâtre. Peu expansif, quand il s’exprimait c’était en général par boutades cyniques. Il déclarait, par exemple, que Dieu lui avait bien donné une queue pour chasser les mouches, mais qu’il aurait beaucoup préféré n’avoir ni queue ni mouches.

Seul Benjamin ne s’enrôla sous aucune bannière. Il se refusait à croire à l’abondance de nourriture comme à l’extension des loisirs. Moulin à vent ou pas, disait-il, la vie continuera pareil, mal, par conséquent. 

Le cercle

janvier 06, 2017

Dave Eggers, Gallimard, 2016, 528 p., 18€ epub avec DRM

 

Violence des échanges en milieu tempéré

Bienvenue au Cercle, un réseau social 4.0. Son crédo : la transparence et votre bien-être. Son crédo "Tout ce qui se produit doit être su".
Un beau gâchis.

Présentation de l'éditeur :

Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n’en revient pas. Installé sur un campus californien, ce fournisseur d’accès Internet relie les mails personnels, les réseaux sociaux, les achats des consommateurs et les transactions bancaires à un système d'exploitation universel, à l’origine d’une nouvelle ère hyper-numérique, prônant la civilité et la transparence.
Alors que la jeune femme parcourt les open-spaces, les immenses cafétérias en verre, les dortoirs confortables pour ceux qui restent travailler le soir, la modernité des lieux et l’intense activité la ravissent. On fait la fête toute la nuit, des musiciens célèbres jouent sur la pelouse, des activités sportives, des clubs et des brunchs sont proposés, et il y a même un aquarium contenant des poissons rares rapportés par le P.-D.G.
Mae n’en croit pas sa chance de travailler pour l’entreprise la plus influente qui soit – même si le campus l’absorbe entièrement, l'éloignant de plus en plus de ses proches, même si elle s’expose aux yeux du monde en participant au dernier projet du Cercle, d’une avancée technologique aussi considérable qu’inquiétante.

Ada

août 17, 2016

Antoine Bello, Gallimard, 2016, 368 p., 15€ epub avec DRM

 

Une interrogation critique sur les nouvelles technologies, une mise en abyme autour du livre et de l’humour. Trois ingrédients à priori disparates pour un résultat délicieux.

Silicon Valley, dans un avenir indéterminé, mais pas très éloigné de notre époque, un inspecteur de police, amateur d’haikus, old-school et dépassé par la technologie, est chargé d’enquêter sur la disparition en chambre close d’une Intelligence Artificielle dans les locaux de Turing Corp, une start-up florissante. Le but de cette IA, nommée Ada, était d’écrire un roman à l’eau de rose qui se vendrait à 100 000 exemplaires.

Antoine Bello arrive à nous rendre crédible Ada, nous suivons ses progrès dans la compréhension du monde. Son caractère évolue en fonction du savoir qui lui est donné.
La confrontation des modes de vie entre l’inspecteur et les ingénieurs de la Silicon est un plaisir : des intérêts divergents, le manque de scrupules des ingénieurs. Pas d’éthique, l’argent et le progrès avant tout.
Fourni par Blogger.