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Pereira prétend

septembre 28, 2023

 

Antonio Tabucchi, Christian Bourgeois/Folio, 1995/2010, 224 p., 8€ papier


Lorsque le monde se délite, une bonne omelette aux herbes accompagnée de citronnade permet de prendre du recul...
Du moins c'est ce que Pereira prétend...

Pitch de Wikipedia : 

L'histoire est celle d'un journaliste portugais qui travaille pour le compte d'un journal de la capitale, le Lisboa. Le protagoniste, Pereira, est décrit comme un homme calme, sans idées politiques et passionné de littérature française. L'homme vit dans une grande nostalgie, allant même jusqu'à parler au portrait de sa femme, foudroyée par une tuberculose quelques années avant l'action du roman. Il est gros et se nourrit principalement d'omelettes. Il a une obsession, la mort, ce qui le fait oublier de vivre. Son rythme de vie est bouleversé lorsqu'il engage un jeune homme fougueux et plein de vie, Monteiro Rossi, pour l'aider dans la rubrique culturelle du journal.


Mon ressenti :

Pereira est un journaliste assigné aux pages culture d'un journal portugais. Nous sommes quelques années avant la seconde guerre mondiale et durant la guerre d'Espagne. Pereira prétend ne pas faire de politique, tout comme son journal. Une vie simple de personne endeuillée par la mort de sa femme, sous le soleil ardent et caniculaire de Lisbonne.
Alors que la grande histoire est en train de se réaliser, le parcours individuel de Pereira est à son exact inverse : ne pas faire de vague. Un quotidien banal et sans saveur, malgré les litres de citronnade et les omelettes enfilées. Mais Pereira est il vraiment celui qu'il prétend être ?

On assiste ici à la découverte d'un personnage qui va se révéler plus mystérieux que prévu. Je vous le dit de suite, il ne se passe rien ici, tout est dans le détail et la prose de l'auteur qui réussit à sublimer la banalité. Pourquoi ai je lu ce roman aux antipodes de mes lectures ? Car j'ai eu l'immense honneur de lire un autre texte pas encore publié, qui a été inspiré par son ressenti de Pereira prétend. Mais chut je n'en dirai pas plus, cet hommage sera bientôt sur les tables des libraires...

Difficile de prétendre que j'ai adoré ce roman que j'ai failli abandonner plus d'une fois. Et à chaque fois que je prenais ma liseuse, cherchant ma prochaine lecture, je me replongeais dedans. Car tout est pour moi dans ce Pereira prétend. Qui pond ces lignes ? La police de la dictature ? les miliciens ? la résistance ? Juste Pereira ? Un héros ? Nous n'en seront rien, tout est dans l'interprétation personnelle. Est ce vraiment la réalité ? Est ce simplement une justification ? un aveu forcé ? un désaveu ? Car il y a des doutes sur ce qu'est réellement Pereira qui prétend être un catholique convaincu. Le sel de ce texte est dans ce doute et je ne peux prétendre savoir tout à fait qui est exactement ce Pereira. Ce que je sais, c'est que ce livre m'a enchanté par son mystère, son anti héros et qu'il reste dans ma mémoire et m'intrigue encore aujourd'hui alors que sa lecture remonte déjà à quelques mois. 

Ce roman a été adapté en BD, chez les éditions Sarbacane.

L'Enfance attribuée

novembre 14, 2019

David Marusek, Le Bélial, 2019 (1ère parution 1995), 128 p., 5€ epub sans DRM


Dans le futur aussi les bébés naissent dans les choux et sont apportés par la cigogne à leurs parents ébahis.
A moins qu'un petit défaut dans un rouage ne vienne enrayer la machine...

Présentation de l'éditeur :


En cette fin de siècle surpeuplée, quand les traitements anti-vieillissements rendent chaque individu virtuellement immortel, avoir un enfant relève du luxe le plus extrême. Sam Harger, artiste spécialisé en design intérieur, ne s’attendait pas à tant de bonne fortune lorsqu’il rencontra l’ambitieuse Eleanor Starke. Couler le parfait amour, puis obtenir l’autorisation d’avoir un bébé… une chance inouïe pour le couple, qui ne cache pas son bonheur. Mais dans ce monde surveillé à l’extrême, dominé par l’informatique et les intelligences artificielles, est-on jamais à l’abri des bugs ?

Mon ressenti :


Un homme, une femme. Un artiste, une femme d'affaire. Une histoire d'amour. Voilà qui commence mal, très mal pour moi. Cependant, l'auteur nous place tout ceci dans un monde futuriste peuplé d'IA domestiques, de Milice et même de sangsues ! Le tout sans nous en donner les codes et en semant ici ou là quelques interrogations sur certains événements. Pour comprendre, rien d'autre à faire que de continuer sa lecture.

Arrivé à la moitié de la novela, toujours pas de rapport avec le titre, et le chabadadada commence sérieusement à m'insupporter. Et enfin, arrive cet enfant attribué, et surtout le dévoilement des codes de cette société. Tout devient clair et cette longue présentation prend tout son sens.
Nous sommes bien en terre dystopique et l'auteur s'interroge sur notre rapport à la technologie, et ses conséquences possibles si un cil venait enrayer la machine.
La force de ce texte est sa banalité, celle du quotidien. Pas de longues digressions, juste une tranche de vie qui va révéler toute l'horreur de ce lendemain technologique.
Paru initialement en 1995, ce texte est à mon sens encore plus actualité aujourd'hui, avec nos assistants smartphone Siri Alexa et consort. Et où l'enfant sur catalogue se dessine de plus en plus.
Un paradis d'enfer !

La couverture de la première édition de 1999


Réédition d'un texte de 1995, la traduction de Patrick Mercadal a été revue par les Quarante-Deux.
(Si j'en crois la page Noosfere, le prix du livre papier a doublé en 20 ans !)
Tous les avis sur le fil du forum Le Bélial

Attribution du livre


Un très grand merci à Elhyandra qui m'a offert son exemplaire suite à un commentaire sur son blog. (A votre place, je n'hésiterai pas à commenter tout azimut ses billets pour lire gratos !)
Comme elle, je ne garde pas beaucoup de livres papier, donc je l'attribue, avec son marque page, à la personne qui donne la bonne réponse à ce problème littéraire :
(je choisirai parmi les bonnes réponses avec un algorithme technologique de haut niveau : à la gueule du client !):


Attention, ne mettez pas votre réponse en commentaire, il y a des tricheurs.
Envoyer un mail à ma niche avec votre réponse et votre adresse postale.
Fin du concours Dimanche 17 novembre à 17h11mn19s heure française

Concours terminé, c'est Léna qui remporte la mise. Bravo et bonne lecture.



Lors de la distribution des prix de fin d'année, Juliette a reçu trois romans.
Romans : La nuit des fées, Le retour du disparu, Le voyage inachevé
Genres : historique, policier, sentimental
Nombre de pages : 192, 240, 256

1. La nuit des fées n'est pas un roman historique.
2. Après avoir lu 200 pages de ce roman sentimental, il était aisé de deviner le dénouement.
3. À la page 244 du roman policier, on pouvait lire : La maison hantée frissonnait de torpeur.
4. Le retour du disparu a plus de 250 pages.
5. Chaque roman est d'un genre différent et n'a pas le même nombre de pages.

Pour chaque roman, devinez le genre et le nombre de pages.

Solution : 

Le roman policier a 256 pages (indice 3). Le roman sentimental a 240 pages (indice 2). D’où, le roman historique a 192 pages. Le retour du disparu est un roman policier (indice 4). La nuit des fées est un roman sentimental (indice 1). D’où, Le voyage inachevé est un roman historique. 

RomansLa nuit des féesLe retour du disparuLe voyage inachevé
Genresroman sentimental
roman policier
roman historique
Pages240 p.256 p.192 p.




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