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Tumatxa ! Alex Jestaire - Les Contes du Soleil Noir

janvier 31, 2018

Xiberoko Botza, Tumatxa , 2018, 2h30, podcast


Mercredi 24 janvier 2018, l’émission Tumatxa sur la radio basque Xiberoko Botza (la Voix de la Soule) revenait sur le parcours d'Alex Jestaire. L'occasion d'en apprendre plus sur le travail d'adaptateur, ses premiers romans et peut être éventuellement une suite à ces fameux Contes du soleil noir.


Présentation :

Chose promise, chose due ! Nous recevons Alex Jestaire, auteur du grand cycle des “Contes du Soleil Noir”, dont les 5 premiers volumes tous parus en 2017 (“Crash”, “Arbre”, “Invisible”, “Audit” et “Esclave”) constituent en quelque sorte la première saison.
On en profitera pour revenir sur “Tourville”, le phénoménal premier roman de l’auteur, entre autres choses…
Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

http://www.xiberokobotza.org/artikulu/133
Le lien de téléchargement direct en fin de billet

Mon ressenti :


Un long entretien sous forme de conversation, l'occasion d'en apprendre plus sur Alex Jestaire, sa vie, son oeuvre.
J'ai aimé e ton mode discussion, l'auteur s'y livre sans prétention, dévie parfois des questions nous permettant de mieux cerner sa personnalité et surtout ce qu'il a voulu transmettre dans ses écrits. Deleuze est un auteur important à ses yeux, mais aussi Nietzsche, Stephen King, Bret Easton Ellis ou encore Grant Morrison. Sur certaines interprétations qu'on pourrait prêter à ces écrits, il répond humblement que non, il n'avait pas vu cela, un auteur qui ne s'installe pas sur un piédestal.
Du fait de son parcours, on pourra piocher ou découvrir des œuvres cinématographiques. On passe de de la Culture à la culture. Bref, les deux heures passent vite.
Le présentateur a parfois la comparaison un peu trop élogieuse, mais il connait bien les écrits de Jestaire, donc des questions pertinentes. Et pour l'anecdote,  Luxe calme et volupté vient de L'invitation au Voyage de Baudelaire ! (je ne ramène pas ma Culture, c'est grâce à Ferré que je connais !)

Du travail d'adaptateur.
Après l'abandon de son mémoire de master L'alchimie dans l'oeuvre de Clive Barker, Alex Jestaire se fait les dents sur l'adaptation de dialogues de films : c'est lui qui vous permet de pouvoir regarder les films étrangers en VF. Instructif, Alex revient sur ce travail pas forcément toujours enrichissant : travail à la chaine, paye de misère, nanars qui vous pèsent sur votre état d'esprit. Il partage avec nous une anecdote assez tragique : un collègue débutant travaillait 8 heures par jour sur des hentaïs, et le soir lorsqu'il rentrait dans son foyer, ses deux petites filles lui demandait de parlait de son travail sur les dessins animés. Déstabilisant.
Il avait accordé il y a quelques années une interview à Nanarland sur ce boulot

Du cassoulet gascon littéraire,
Premier roman, premier pavé qui tient aux tripes comme le cassoulet, voici Tourville, une ville du nord de la France dont le narrateur revient après un passage comme intermittent à Paris. La fin du monde n'est pas loin. C'est grâce à Philippe Mandilas, dit Mandy, illustrateur de romans SF en son temps, qu'il entre comme auteur chez Le diable Vauvert. Alex Jestaire dit avoir voulu en faire une sorte de Frères Karamazov de banlieue. 
Elysée Noire 666 :
Ce roman appartient au cycle de polar Mona Cabriole édité chez La Tengo: un livre, un auteur, un arrondissement parisien. Une histoire se déroulant le jour où les Mayas pensait voir venir la fin du monde.

Aux sushis japonais
De Tourville, beaucoup de lecteurs se sont plein de la longueur, Alex Jestaire les prend ici à contrepied avec ses contes du Soleil noir, cinq textes d'une centaine de pages.
A l'origine, c'était le projet, avorté, d'une série télé. L'auteur voit les contes comme plusieurs cycles ayant chacun plusieurs saisons. Reste à savoir si les éditeurs et les lecteurs suivront. La forme pourrait changer aussi : un livre contenant les quelques épisodes à venir.

Et au fantastique politique
Chaque texte peut se lire de manière indépendante, emprunte Aux contes de la crypte comme à X-Files. L'originalité vient du fait que Alex Jestaire parle du social, assez rare dans le fantastique. Les contes sont parfois assez obscurs, l'entretien est l'occasion d'en apprendre beaucoup plus sur les intentions de l'auteur, comment les lecteurs s'en sont emparés.
A ma lecture des contes, je m'étais apperçu que l'histoire était bourré de références, j'étais loin du compte. Un émission indispensable à tous ceux qui ont lu ou veulent lire Les contes.

Seul bémol, l'entretien étant téléphonique, les tympans souffrent parfois rudement.

Ça se passe ici : téléchargement de l'émission
L'ensemble des émissions est en téléchargement libre, pas de logiciel nécessaire, pas d'inscription, sur le drive. Celle sur Alex Jestaire est le fichier 2018.01.24.mp3

Pour aller plus loin, Alex Jestaire a accordé un petit entretien à ActuSF sur ces projets à venir

Ce que j'ai lu de l'auteur

Contes du Soleil Noir : Audit

novembre 02, 2017

Alex Jestaire, Au diable Vaubert, 2017, 128 p., 3€ epub sans DRM



Violence des échanges en milieu tempéré.

Travailler les gens c’est comme leur faire l’amour, vraiment. Dans d’autres boîtes on dit aussi : les enculer – mais nous ne sommes pas de ce fretin-là bien sûr.

 

Présentation de l'éditeur :

Cinq consultants en management, capables d’user des pouvoirs du Soleil Noir, se rendent en Angleterre pour procéder à la liquidation d’une entreprise. Mais ils ne se doutent pas que l’issue de l’audit pourrait être mortelle.


Mon ressenti :

Le ton est donné dès les premières pages, les conséquences d'un audit sont mortelles !
Un petit encas glaçant.
L'auteur nous emmène à la suite de trois consultants et de deux stagiaires d'un cabinet de consulting. L'évaluation se réduit ici à décider de qui reste ou qui part. Le gagnant, ce sont les consultants et le PDG, un jeu à dé pipé. Ici pas de sentiment, les seuls sont des mensonges, la novlangue libérale faisant le reste. Mais cette fine équipe de chacal a un petit truc en plus : le soleil noir.
Dans les épisodes précédents, l'auteur faisait quelques allusions à une sorte de complot visant les destins individuels des personnages. Ici, nous approchons, sans l'atteindre, une possible explication.

Légèrement différent, l'horreur est ici plus symbolique que réel, Le monde de l'entreprise est décrit dans un style froid sans concession, avec toujours cette pointe d'humour noir. Les employés sont vus comme de simples pièces dans un puzzle dont le résultat serait le pouvoir via l'argent. Et même ceux qui voudraient frayer avec le diable font parti du jeu dont les gagnants sont déjà connus. Par contre, on ne peut qu'être ébahi devant l'imagination de ces costards cravates, la scène du stage de motivation nous le démontre.
Moins scabreux ou sombre que les autres opus, la note d'espoir, infime, n'est ici plus de mise. L'écriture est toujours aussi percutante. Pour ceux qui voudrait percer un peu plus vite les mystères du soleil noir, Alex Jestaire n'est pas avare d'interview, une petite recherche sur le net devrait vous aider, à moins que ce ne soit encore qu'une duplicité de ce soleil noir.

Le cycle devait être composé de 5 épisodes, le dernier vient de sortir : Esclave, dont je vais faire l'impasse au vue du sujet (Arbre m'avait laissé sur le bas côté) Amine est une goule – créature femelle aussi sensuelle que monstrueuse. Jusqu’ici captive d’un marabout proxénète aux confins du Mali, elle devient la propriété d’un homme d’État français amateur de « curiosités ».
Je pense que si le succès a été au rendez vous, nul doute que Esclave ne soit pas le dernier maillon de la chaine, les forces du soleil noir étant à leur apogée en ces temps.

mon avis mon avis mon avis

 


Contes du Soleil Noir : Invisible

octobre 19, 2017

Alex Jestaire, Au diable Vaubert, 2017, 128 p., 3€ epub sans DRM


Voici l'histoire d'un super SDF avec son Super Pouvoir qui lui permet de faire de Supers Conneries.
Et il fait aussi dans l'outrancier, faux pas déconner, c'est un punk à chien ! Alors il montre sa bite, son cul, ça pelote sec et ça picole dur.


Présentation de l'éditeur :

À la dérive dans les rues de Bruxelles, un SDF prend conscience qu'il est en train de devenir invisible
aux yeux des passants — réellement invisible. Facétieux, il tire parti de cette nouvelle donne en se jouant des barmen, des touristes, des policiers et des femmes...
Après Stephen King, Clive Barker ou Cronenberg, les Contes du Soleil Noir déclinent les visages de l'horreur d’aujourd’hui, matérielle, sociale, morale... une horreur de fin de civilisation.


Mon ressenti :

Les invisibles, tout le monde connait, il y en a dans toutes les villes, grandes ou petites, de France et de Navarre. Ils sont là, à tenir les murs, avinés, gueulant des orduries aux biens pensants passants près d'eux. Ils puent, ils gueulent. Bien visibles en fait, trop. Alors Monsieur et Madame Tout le Monde préfèrent se les rendre invisibles. Plus simple pour sa tranquillité et sa conscience.
Josh fait partie de ces visibles nuisibles, et à force, il en est devenu réellement invisible. Josh, c'est le parfait punk à chien, con et blasé. Alors qu'en il découvre son "super pouvoir", son soleil noir vodkaien, son monde va changer. Pas trop en fait, il reste dans sa zone de confort : alcool, médoc, provoc. Il n'a même pas l'idée de sortir de sa condition, tellement elle est ancrée dans sa peau. Il en profite seulement pour boire plus et se défoncer encore plus vite. Et surtout, quand on est Sdf, les relations affectives sont souvent à la ramasse. Alors il en profite : il touche, il palpe, il s’excite sur le corps des femmes, la morale, c'est bon pour les bourgeois ! On assiste à sa longue descente en enfer, mais comme l'enfer est sur terre, cela pourrait être, peut-être, une porte de sortie heureuse...

Les contes du soleil noir, c'est la quatrième dimension version cradingue, le black mirror de notre présent version horreur/fantastique. Ce que j'aime dans ces contes, c'est l'écriture de l'auteur, une écriture du rentre dedans sans fioritures, très visuelle. Ce style ne plaira pas à tout le monde, c'est sale, crade, rempli de stupre, mais je le prend comme un bol d'air dans cette littérature parfois un peu trop policé. Les sujets sociétaux sont abordés loin de tout politiquement correct, Alex Jestaire écrit crument. Il n'enjolive pas la réalité, son SDF est tout sauf convenant. Je ne suis normalement pas très fan de ce style, mais ici, c'est passé comme une lettre à la poste, j'avais envie de savoir comment tout cela allait se terminer. Et étrangement au vu du comportement du marginal, j'ai trouvé le personnage attachant.

Le quotidien de ces exclus est, à mon sens, bien retranscrit : des difficultés pour avoir une place dans un accueil de jour ou de nuit, ou le manque de moyens fait que son admission se joue à la loterie; les bitures et défonces qui se terminent sur le macadam, comme un chien. Mais dans toute cette noirceur, quelques exemples d'initiatives salutaires tel que ces "chambres d’amour pour les SDF". Les premières pages sont frappantes de justesse : vous moi face à un jeune sdf. Tout est dit dans une économie de mot : indifférence, manque de temps, représentation, se défausser sur les autres, bref tout ce qu'on fait ou dit pour garder bonne conscience. Et c'est tellement rare que la littérature de l'imaginaire parle des exclus, alors profitons en.


Bon j'arrête là, je ne vais pas faire une critique plus longue que cette novella et m'en vais lire le quatrième opus Audit.


Et je ne résiste pas à la tentation de vous mettre la chanson SDF de Allain Leprest, reprise ici par Les Ogres de Barback et La Rue Kétanou


 

mon avis mon avis A venir

 

Quelques citations :


Joffrey est tout entier plongé dans un grand présent, sur la crête instable de l’instantanéité – nous autres trimballons tellement de passé et de futur en permanence qu’il nous arrive rarement d’être simplement présents. Joffrey n’a rien d’autre que sa présence, à vrai dire pas grand-chose. Il les regarde passer, quelques mots fleuris aux lèvres – il se rend compte qu’il aime de moins en moins les gens – de son point de vue il est comme une vache qui regarde passer des trains, il ne se sent même plus de la même espèce. Les gens sont des trains – même pas vraiment des êtres vivants, juste des grappes qui suivent des rails d’informations, une sorte de plancton.

Lui, l’école l’a toujours mis mal à l’aise, il sentait que c’était quelque chose de potentiellement important et utile, en même temps il n’a jamais compris la règle comme quoi on ne peut pas déconner – jamais compris pourquoi l’école punit les conneries au lieu de les enseigner. « Tout le monde sait bien que c’est les plus gros connards qui s’en sortent le mieux ! »

Après il n’a eu que quelques pas à faire pour se retrouver au cœur de l’action, sur une des plus belles scènes du monde : juste devant le Manneken-Pis. Déjà c’est une statue qui montre sa bite, ça pose l’ambiance – et puis c’est un spot parfait pour se foutre de la gueule de tous ces gens qui veulent prendre des photos, des drôles, des selfies – c’est bien simple : s’ils n’ont pas un appareil photo, une caméra ou un smartphone en main, c’est qu’ils mangent une glace.

Contes du Soleil Noir : Arbre

octobre 12, 2017

 

Alex Jestaire, Au diable Vaubert, 2017, 128 p., 3€ epub sans DRM


Perplexe. Voilà mon état après cette lecture.

Présentation de l'éditeur :


Une journaliste use du pouvoir du Soleil Noir pour obtenir le matériau de ses articles, tandis qu'en Inde, l'ascension d'un Soleil Noir au-dessus d'un arbre sacré connecte un couple d'éleveurs, un riche philanthrope et un temple hindouiste.


Mon ressenti :


J'avais lu il y a quelques temps Crash qui sans être inoubliable, m'avait assez intrigué pour lire la suite. Pour les retardataires, Les contes du soleil noir est un cycle de 5 textes dont la parution s’étale sur une année. Depuis ma lecture, trois nouveaux textes sont parus dont Arbre qui nous occupe aujourd'hui. Notez que les différents chapitres peuvent se lire de manière indépendante.
Ces histoires nous sont contés par Mr Geek dont j'avais trouvé la plume un peu trop présente dans Crash. Ce n'est plus le cas ici, Mr Geek a su s'effacer derrière le conte.

Mon avis va être assez rapide, je n'ai pas du tout compris où l'auteur voulait en venir. Partant de ce constat, j'ai lu les lignes sans aucune immersion dans l'intrigue et les personnages. La nouvelle est dans le domaine du fantastique, avec quelques passages assez glauques, ce qui à l'air d'être la marque de fabrique de ces contes.
Une journaliste se sert du charme du Soleil noir pour obtenir des informations du gotha aristocratique anglais. Parallèlement, l'auteur nous narre l'histoire d'un arbre isolé dans un désert en Inde, ainsi que de quelques personnages. Ces deux récits ont un style très différent, froid et distancié pour la partie anglaise, chaude et poétique pour l'Inde.
Alors pourquoi ces deux récits, qu'elle est leur similitude, la métaphore et/ou la symbolique derrière ? Aucune idée. Nada. Que dalle. Le texte fait beaucoup référence à un film bollywoodien, Kali Yuga. M'a t il manqué des références culturelles hindoues pour comprendre ? Ce qui est certain, c'est que je n'ai pas aimé.

Pour me faire un avis définitif sur ces contes du soleil noir, je compte tout de même lire le troisième opus Invisible dont le résumé m'attire beaucoup plus : À la dérive dans les rues de Bruxelles, un SDF prend conscience qu’il est en train de devenir invisible aux yeux des passants – réellement invisible. Facétieux, il tire parti de cette nouvelle donne en se jouant des barmen, des touristes, des policiers et des femmes…

Illustrations de Pablo Melchor tirées du livre

Contes du Soleil Noir : Crash

janvier 08, 2017

Alex Jestaire, Au diable vaubert, 2017, 128 p., 0€ epub sans DRM jusqu'au 12/01/17




Vos parents vous ont bien dit de ne pas resté trop longtemps devant la télé. Voici l'histoire d'une jeune femme qui ne les a pas écouté.

Présentation de l'éditeur :

La vie précaire d'une jeune mère isolée tourne au cauchemar après un accident.

Mon ressenti :

Ce court texte sort le 12 janvier mais est disponible gratuitement en numérique jusqu'à cette date, ici.
Premier volume d'une série de cinq prévu durant cette année.
Fourni par Blogger.