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Le dernier de son espèce

mars 25, 2019

Andreas Eschbach, L'Atalante, 2006, 10€ epub sans DRM





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La vieillesse est un naufrage, même et surtout pour les sur-hommes.

Présentation de l'éditeur :



Dans un petit village de pêcheurs sur la côte occidentale irlandaise, un homme s'est retiré qui porte un lourd secret. On lui avait promis l'avenir d'un surhomme : l'invalidité le guette aujourd'hui. Il se voyait devenir un héros : il est obligé de se cacher du monde. Il n'espère plus désormais que de vivre dans le calme et l'oubli le reste de son existence. Or voici qu'un inconnu le recherche, que le passé brusquement lui surgit à la figure et que l'avenir s'obscurcit. Car le secret de Duane Fitzgerald c'est lui-même. Il est le dernier de son espèce. Révélé par l'étrange et poignant Des milliards de tapis de cheveux, Andreas Eschbach s'est affirmé comme un maître du suspense avec Jésus vidéo. Tout au long de ce stupéfiant nouveau frileur de science-fiction, il nous invite à une quête de l'humanité à travers l'aventure d'un homme solitaire qu'on en a exclu.



Mon ressenti :



Vos parents vous ont sûrement dit que trop regarder la télé était mauvais pour la santé ? Et bien,  il faut les écouter. Duane Fitzgerald en sait quelque chose, lui qui aimait regarder Steve Austin dans L'homme qui valait 3 milliards. Voici son journal intime.

Un port de pèche reculé dans la campagne irlandaise, une retraite paisible, mais la vieillesse est un naufrage, même et surtout lorsque l'on est un cyborg. Mais que fait un cyborg en Irlande ? Pourquoi est il désœuvré ? L'histoire d'une vie à travers les réminiscences douces amers d'un homme qui voulait être plus que ce qu'il était. Le bilan d'une désillusion qui vire au bilan d'une vie ratée.

Un thriller crépusculaire au rythme tranquille qui permet d'interroger ce qu'est une vie, ce qu'est l'engagement et le rapport entre la raison d'Etat et l'individu.
L'intrigue se situe de nos jours, la technologie est la notre, l'anachronisme entre cet homme augmenté et le village de pécheur est d'autant plus grande. Pas de sur enchère dans la force surhumaine de notre super héros solitaire, qui ressemble bien plus à un anti-super-héros. Il essaye de trouver un sens à sa vie en lisant les grands auteurs de la philosophie, dont le fameux Sénèque, son auteur phare auquel il aurait aimait ressemblé dans sa manière d'exister.

Il y a bien quelques petits défauts, l'auteur appuie un peu trop sur certains éléments, donnant des indices trop grand sur la suite des événements. La partie thriller est un peu bancale, mais rien de rédhibitoire.

C'est le style de SF que j'adore, celle sans tambour, ni trompette, mais qui me transporte dans le récit au côté de son protagoniste.
Mùeme son de cloche chez SFemoi, "un très beau livre" sur un "Terminator en phase terminale"


Récapitulatif





Quelques citations :



Le passé n’était pas révolu. Le passé n’était même pas passé. Il était juste sur le point de me rattraper.

Un fin crachin alourdissait l’atmosphère. Un Irlandais de souche n’en aurait même pas boutonné sa chemise, sans parler d’enfiler quelque chose par-dessus. Ce genre de pluie s’arrête au bout de quelques minutes… pour reprendre quelques minutes plus tard. On deviendrait cinglé si on devait y attacher de l’importance.

L'or du diable

mars 05, 2018
 

Andreas Eschbach, L'atalante, 2018, 464p., 14€ epub sans DRM



Un thriller esoterico-fantastique-SF, rien que ça.
Bancal ? Oui
Caricatural ? Oui
Linéaire ? Oui
Et pourtant je l'ai avalé d'une traite. Et désormais je suis le dignitaire des secrets les plus enfouis des alchimistes.
Seul la fin m'a terriblement déçu.

Présentation de l'éditeur :


Un livret qui relate des événements de la fin du XIIIe siècle et qui évoque une armure d’or forgée pour le chevalier Bruno von Hirschberg par la vertu de la pierre philosophale… fable ou réalité ?
Toujours est-il que d’occultes personnages poursuivent encore aujourd’hui la quête de la pierre disparue et que l’ordre très discret de la chevalerie Teutonique est lui-même impliqué.
Et voici, par un improbable concours de circonstances, qu’apparaît Hendrik Busske, modeste conseiller d’une société de placements financiers. Modeste, soit, mais non sans ambition. Gourou de la finance ? Et pourquoi pas ?
Mais faut-il convoiter l’or du diable ?

Au commencement, il y a la soif de l’or…
vient ensuite la soif de l’immortalité…
puis la soif d’aller plus loin encore…


Mon ressenti :



Un modeste conseiller financier tombe un jour sur un vieux manuscrit qui narre une aventure sur la pierre philosophale. Il est de suite assez sur de la véracité de l'écrit. Car rien ne semble lui réussir, il a pourtant une vie normale mais qui lui semble ordinaire, anodine. Ses conseils financiers comblent sa clientèle, mais s’avère infructueux pour lui. Cet or du vieux manuscrit ne serait il pas le déclic qu'il attendait, celui qui ferait de lui un homme respectable, envié?


Qui n'a pas entendu par les infos que tel ou tel magnat de l'industrie ou de la high tech investir des sommes considérables dans la recherche sur la vie éternelle. Que ce soit via la cryogénisation, la génétique, le transhumanisme, tous veulent dompter la mort. A quoi bon être beau, intelligent et riche si le moindre accident, maladie, ou vieillesse peut emporter tout cela d'un simple coup de baguette magique ?
C'est sur ce postulat que Andreas Eschbach fonde son intrigue. Une fable ésotérique sur la vacuité de l'existence. Il surfe aussi sur le concept de psychologie positive qui envahit magazine, livre, émission de télé et séminaire : et si la réussite (ou l'échec) était en vous ?

Crois en toi et tout deviendra possible.

L'auteur joue aussi sur le parallèle entre Alchimie et Physique, la connaissance du monde comme sens de la recherche. Il y réussit merveilleusement bien par moments, mais préfère par la suite prendre les sentiers du fantastique. Et toute la structure du récit vacille sur ses bases. J'aurais nettement préféré qu'il emprunte l'explication scientifique, il y avait tant à faire.

En outre, tout se déroule avec une facilité extrême, les protagonistes ne s'interrogent guère sur les événements et foncent tête baissée dans l'intrigue. La fin est digne du grand guignol, les retournements de situation étaient connu du lecteur depuis pas mal de pages et la morale reste sauve.
Malgré tout, une grande partie se dévore sans déplaisir, Andreas Eschbach est un conteur hors pair. Mais prière de laisser votre suspension d'incrédulité au vestiaire.


Une interview sur ActuSF

Quelques citations :




— Tu parles de biotechnologie. Est-ce à dire que tu es favorable au génie génétique ?
— Bien entendu. » Adalbert secoua la tête. « T’entendre parler ainsi me fait frémir d’horreur. Tu défends les mêmes positions irréfléchies et rétrogrades que les Églises, la gauche, les Verts et tous ceux qui croient que la nature est une aimable mère nourricière qui se montrera bonne avec nous pour peu qu’on soit gentil avec elle. Ceux qui voudraient garder pour toute l’éternité le monde tel que le hasard l’a fait aujourd’hui. Mais la nature n’est pas une déesse aimante, c’est seulement la nature et, pendant ce temps, l’évolution se poursuit inexorablement. Le but, c’est de la maîtriser.
— Et tu ne penses pas que, si l’humanité s’y emploie, on est sûrs d’aller dans le mur ? C’est quand même d’une arrogance folle.
— Les erreurs sont inévitables quand on s’engage en terrain inconnu, c’est vrai. Mais nous avons la capacité à en tirer les enseignements et à nous engager sur de nouvelles voies aussi souvent que nécessaire, jusqu’à trouver la bonne. Ne va surtout pas croire que la nature ne se trompe jamais ; seulement, quand ça se produit, elle s’en fiche éperdument. Un volcan entre en éruption et fait disparaître quelques centaines d’espèces. Et alors ? Alors rien, d’autres viendront les remplacer. 
 
Savez-vous ce que le fascisme, le communisme et le New Age ont en commun ?
— Hum, fit Hendrik, surpris. Ils auraient donc un point commun ?
— De toutes les idéologies qui se sont développées en marge de notre monde industrialisé, rationalisé, organisé à outrance, et de sa culture de masse, ce sont les plus populaires. Elles se fondent sur une même idée, une même utopie, et enseignent que la nature humaine peut se parfaire, que c’est le seul chemin vers l’éradication du mal : en étant aimables, bienveillants les uns avec les autres, en permettant à tous d’accéder au bien-être et aux bienfaits de systèmes de sécurité plus justes, en donnant à chacun le droit à l’estime de soi. Elles veulent nous faire croire que les ténèbres que nous voyons en ce monde et ressentons en nos cœurs ne sont qu’une illusion, un mirage qui disparaîtra si on s’y prend comme il faut. Il suffit de bien s’éduquer, de faire preuve d’empathie et de disposer de moyens financiers suffisants. Elles veulent nous faire croire que le mal n’existe pas. Et ça, ajouta-t-il en brandissant l’index, c’est un leurre. Un leurre dangereux. Un leurre comme le Malin en a l’apanage

si la création de Dieu était si parfaite, aurait-on besoin de le répéter sans cesse ?

Regardez le monde et voyez comme il s’est transformé au cours des deux dernières décennies : Internet, la téléphonie mobile, la mise en réseau globale de la planète… Nous avons vécu un saut quantique technologique aussi important, pour certains, que l’invention de l’écriture. Derrière tout cela, on trouve des gens qui sympathisent avec le transhumanisme quand ils n’y sont pas ouvertement affiliés. L’étude sur le génome et le développement du génie génétique sont aussi soutenus par de nombreux transhumanistes. Essayez de dépasser l’actualité et de voir l’image dans son ensemble. La science n’est plus poussée aujourd’hui, comme il y a quarante ans, par le désir de savoir, de mieux comprendre le monde, mais par celui de le changer et de le parfaire. C’est la soif de connaissance, si l’on fait abstraction de ceux que la politique gouvernait, qui nous a poussés à aller sur la Lune, à envoyer l’homme tel qu’il est sur notre satellite et à le faire revenir. Quel rôle joue encore la conquête spatiale de nos jours ? Elle n’est plus qu’une caricature de ce qu’elle était et nous ne poursuivons plus aujourd’hui que le but de modifier l’homme et le monde. La chirurgie esthétique n’a jamais eu autant de succès, les jeunes filles peuvent intenter un procès à leurs parents quand ils refusent de leur offrir une nouvelle poitrine, les enfants au comportement différent sont gérés à coups de médicaments. Optimiser ses performances, compter chaque jour ses pas, noter et piloter sa consommation quotidienne d’eau, de calories, de vitamines, tout cela est devenu une manie généralisée. Au fur et à mesure du changement climatique, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander, là aussi, l’intervention de la technologie. Le terme inventé pour cette discipline est la géo-ingénierie. Tout doit être piloté, planifié, soumis à la volonté humaine ; en un mot, tout doit être parfait.
— J’ai du mal à reconnaître une machination démoniaque dans le fait de pouvoir réserver et payer un billet de train à partir de mon téléphone.
— Je ne dis pas que tout ce qui ressort de ce mouvement est mauvais, ne vous méprenez pas. Les alchimistes ont eux aussi fait œuvre utile parfois.
— Comme Friedrich Böttiger, qui a inventé la porcelaine en voulant fabriquer de l’or.
— Par exemple. Mais cela ne change rien à l’ambition sous-jacente. L’homme qui envoie sa promise chez le chirurgien esthétique avant le mariage la rend peut-être plus belle. Mais le fait est qu’il ne l’aime pas.
— Vous a-t-on déjà dit que vous étiez technophobe ?
— Je m’entretiens rarement avec des gens que cette idée pourrait effleurer, mais, puisque vous le faites, dites-moi si pointer du doigt les domaines où la technique nuit vraiment à l’homme est si technophobe que cela. Quand elle est là pour le gouverner, le réduire en esclavage, le priver de sa volonté, restreindre son habitat et détourner ses impulsions naturelles par des succédanés.

Des milliards de tapis de cheveux

septembre 21, 2017

 

Andreas Eschbach, L'atalante, 1999, 320 p., 9€ epub sans DRM


Seul compte le pouvoir que l'on a sur les hommes

Andreas Eschbach tisse son histoire comme une tapisserie. La forme au service du fond. Éblouissant, grandiose et cruel.

Du pouvoir, de l'asservissement des masses et de la lente déconstruction de ce qui a été gravé dans le marbre.

Présentation de l'éditeur :


Noeud après noeud, jour après jour, toute une vie durant, ses mains répétaient les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, comme son père et le père de son père l'avaient fait avant lui...
N'est-ce pas étrange qu'un monde entier s'adonne ainsi au tissage de tapis en cheveux ? L'objet en est, dit-on, d'orner le Palais des Etoiles, la demeure de l'Empereur. Mais qu'en est-il de l'Empereur lui-même ? N'entend-on pas qu'il aurait abdiqué ? qu'il serait mort, abattu par des rebelles ?
Comment cela serait-il possible ? Le soleil brillerait-il sans lui ? Les étoiles luiraient-elles encore au firmament ?
L'Empereur, les rebelles, des milliards de tapis de cheveux ; il est long le chemin qui mène à la vérité, de la cité de Yahannochia au Palais des Etoiles, et jusqu'au Palais des Larmes sur un monde oublié...


Mon ressenti :


On entre de suite dans le coeur du sujet avec le premier chapitre qui présente l'univers via un tapissier. Une fin plus que glaçante qui donne envie d'en savoir plus sur cette coutume millénaire et ancestrale. Coutume ancrée au plus profond des habitants, vouant un culte à cet empereur lointain dont la mort signifierait la mort des étoiles elle même. Car l'Empereur est comme "dieu, comme le créateur et le gardien de l'univers", il est le "maître des éléments et des astres"

L'affaire Jésus

mai 12, 2016

Andreas Eschbach, L'atalante, 2016, 672 p., 10€ epub sans DRM



Et si ?

Une des questions majeures traitée par la science-fiction, notamment à travers la thématique du voyage dans le temps.
Certains auteurs en font une énième variation romanesque, d'autres tentent de nous emmener dans des contrées rarement explorées. Andreas Eschbach fait partie de ces derniers.
Un très bon roman mené tambour battant et de manière intelligente.

Dans son introduction, l'auteur nous prévient que nous ne sommes pas face à une suite pâlotte de Jésus Vidéo et qu'il est possible de les lire indépendamment l'un de l'autre. Difficile de lui donner tort après lecture. L'imbrication entre les deux tomes est stupéfiante et donne le vertige.

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