Inhumaine contrebande - Le fil du rasoir

Inhumaine contrebande

Jean Christophe Gapdy, Armada éditions, 2020, 242p., 6€ epub sans DRM

 

les humains cultivaient toujours leur inhumanité

 

Peut on faire du pulp en 2020 comme en 1960 ?
Jean Christophe Gapdy, nous montre que le pulp actuel peut ranger sans problème les héros virils au placard et nous offrir des héroïnes cosmopolites et LBGT !

 

Présentation de l'éditeur :

Je m’appelle Soyana, meilleure contrebandière de tout SysSol. Voici Doriane, ma seconde et pilote, ancienne soldate et ancienne espionne de la Spatiale. À ses côtés, Line que nous avons recueillie à ses dix ans. Quant au Circaète bleu, c’est notre vaisseau, le plus fin, le plus racé et le plus rapide de ce coin d’Univers.
Voilà pour les présentations puisque vous allez faire le voyage avec nous.
Quant aux consignes que vous devez suivre, elles sont simples : ne touchez à rien, et ne cherchez pas à en savoir plus sur nous.
Et surtout n’approchez pas de Line : de nous trois, malgré ses airs d’adolescente souriante, c’est elle la plus dangereuse et la plus mortelle.
 

Mon ressenti :

Deux femmes et une jeune ado, soit deux contrebandières et demi, sont en audition devant leur avocat. Elles demandent réparations pour la destruction de leur vaisseau. Pourquoi comment, elles nous font le récit des péripéties qui les ont emmenées au tribunal.

Inhumaine contrebande est un fix up pulp dont le titre résume parfaitement le sujet : les progrès technologiques ne sont pas forcément des progrès humains, loin de là. Il se trouvera toujours une personne pour exploiter à son compte son prochain, qu'il soit clone, cyborg ou humain, ou pour tenter de détourner la technologie pour arriver à ses fins. Bref, le futur ne sera pas forcément tout rose et l'égalité restera encore longtemps un vain mot.
Cependant, quelques personnes, comme nos contrebandières, et malgré leur job pas très légal, gardent une certaine éthique. Asservir son prochain, d'autant si ce sont des gosses, très peu pour elles. L'auteur a eu la bonne idée de nous offrir des personnages atypiques pour renforcer son propos. Déjà, nous avons affaires à des femmes, dont la couleur blanche n'est pas dans leurs gènes et dont deux sont amantes (mais pas de guimauve, ouf !)


 

Cerise sur le gâteau, l'auteur nous emballe le tout dans des péripéties parfois bien pulpées (que j'ai moins aimées), parfois plus introspectives (que j'ai appréciées). C'est l'aventure qui prime, l'asservissement étant la toile de fond. Bref, de quoi réfléchir tout en se divertissant.
Le seul véritable bémol pour moi est la brièveté de l'ensemble, j'aurais bien aimé quelques pages supplémentaires, d'autant que le final nous montre des personnages à la psychologie plus affirmée.
Mais gageons que nous retrouverons nos héroïnes dans d'autres démêlées...

Un mot sur la couverture dont j'avoue ne pas être un grand fan, et c’est un euphémisme. Je trouve pour ma part qu'elle fait très jeunesse alors que le contenu pourrait plaire à un public adulte. Je suis d'autant plus étonné car l'illustrateur sait nous pondre de très belles illustrations, la preuve sur le site de l'auteur avec quelques portraits des protagonistes ou sur le portfolio du roman Sous la lumière d'Hélios de Dominique Lémuri.

Quand à celle qui suit, je pensais qu'il s'agissait d'une aventure avec une momie, ce qui n'est pas le cas.







Le fil du rasoir

Jean Christophe Gapdy, Armada éditions, 2020, 28 p., 4€ papier ou gratuit

Dominique Lémuri donc, qui m'avait fait la très grande surprise de m'envoyer l'édition papier de son roman, accompagné de cette nouvelle.

Il s'agit ici d'un texte indépendant dans l'univers d'Inhumaine contrebande. Vous pouvez vous l'offrir pour 4€ en version papier, mais à ce prix, c'est agrafage, pas de format broché (ni de version numérique !?). Mais si vous dépensez votre fric pour quelques livres (50€) chez Armada, il vous sera offert gracieusement.

Nos deux contrebandières doivent se rendre sur Japet récupérer des minerais, déposer de l'équipement, ainsi que de la main d'oeuvre, qui va se révéler très particulière : il s'agit d'H-robots, des robots humains.

Un robot présentait une dépense élevée. Il fallait le concevoir, le fabriquer, le programmer, l'acheminer, l'entretenir, le réparer... Un humain, vous le récupérez quand il est déjà employable. Vous n'avez rien eu à payer auparavant, que ce soit pour sa naissance, son éducation ou sa croissance... Ne restait qu'à le conduire là où vous en aviez besoin, le nourrir de peu, lui donner un vague logement et quelques tenues sécurisées. Point. Pour le prix d'un robot, vous obteniez une vingtaine d'humains prêts à tout pour permettre aux leurs de survivre.

 

Encore ici c'est l'aventure qui prime avec ce fond éthique marqué. L'auteur arrive à nous montrer toute l'horreur de la situation de ces robots humains, perdant leur humanité pour payer leurs dettes et faire ainsi vivre leurs familles. Peut-être la mission que j'ai préférée, j'ai eu l'impression de regarder un film.

Vendu comme du pulp, le lecteur en a pour son argent. Et profite en plus d'interrogations sur les dérives possibles des avancées technologiques.




4 commentaires:

  1. Commencé, mais mis en suspend. Je vois que tu as bien aimé. Je commence à être saoulé par cette tendance à voir du LGBT partout... Mais bon c'est à la mode.
    Sinon j'ai vraiment apprécié la nouvelle "Au fil du rasoir", loin de l'être au final, rasoir ><

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    1. Je suis comme toi, la visibilité est un peu trop forte en ce moment, mais il faut bien rattraper toutes les années d'invisibilité...
      Et nous avons eu le même avis sur la petite nouvelle.

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  2. Tu es abonné aux couvertures improbables, tout de même ^^

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