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Dormeurs

mai 09, 2022

Emmanuel Quentin, Mü éditions, 2016, 312 p., épuisé


Un premier roman est toujours un roman bancal
Voici l’exception à la règle.

 

Présentation de l'éditeur :


Il en est des rêves comme de la vie. Comment les traverser, comment les affronter ? On peut être endormi et se rêver poète, espion, astronaute, plongeur, aventurier, voyageur le long des côtes, sur la route, sombrant dans n’importe quel abîme ou contournant les obstacles.
Dans une société dévastée par une crise économique sans précédent, des « Dormeurs professionnels » ont été sélectionnés pour la richesse structurelle de leurs rêves.
Fredric Jahan est l’un d’eux. Les images de son sommeil, enregistrées à l’aide de capteurs nanotechnologiques pour une clientèle fortunée, caracolent en tête des ventes. Mais un jour, ses rêves, trop réalistes, ne s’enregistrent plus...


Mon ressenti :

Mais ça ne va pas dans la tête d'Emmanuel Quentin de nous faire lire une histoire pareille ? Comment fait-on pour dormir en paix désormais ? Comment ne pas avoir peur de voir des choses dans nos rêves et de se dire que, peut-être... 

Bonne nouvelle pour toi, ce roman est désormais épuisé, tu ne gratteras pas sur tes heures de sommeil pour le terminer au plus vite. Seconde bonne nouvelle, tu ne pesteras pas sur l'auteur non plus qui va te faire flipper de rêver, c'est toujours cela de pris !
(L'auteur étant publié chez Mnémos, 1115 éditions et Pocket, j'espère que l'un d’eux va se bouger les fesses et le rééditer)

Fredric Jahan fait partie de la cohorte des exclus suite à une crise sans précédent (ce point sera le seul bémol du roman, ce point n'étant pas développé, mais l'histoire haletante permet d'oublier ce manque). Les lendemains déchantent et quoi de mieux que vendre du rêve en ces temps sombres ? Du vrai rêve, fourni pas des dormeurs professionnels pour la fange des élites. Fredric rejoint ce club très fermé et devient la poule aux oeufs d'or. Jusqu'à ce que...

Je fus pris par cette peur qu’on éprouve tout gamin lorsqu’on se retrouve face à un couloir affreusement noir, un couloir dont notre esprit a ôté murs et limites pour en faire un espace illimité de dangers et d’angoisses insurmontables. Un espace que l’on doit franchir coûte que coûte parce qu’on a oublié notre foutu jouet à l’autre bout. Un défi lancé à notre imagination.

Alors, qu'est-ce qui fait que c'est un roman haletant ? Le talent pardi. Ayant lu tout ou presque mon Emmanuel Quentin, je peux te certifier que tu peux acheter ses bouquins sans problème, c'est du bon. Mais dans le cas présent, je m'attendais tout de même avec ces Dormeurs à une petite désillusion, c'est tout de même son premier roman ! Las, l'auteur ne m'accorde même pas cela.
Emmanuel Quentin nous rend ses personnages réalistes, il sait mener son intrigue, distillant ici et là quelques pistes, quelques traquenards pour te tenir en haleine. Pire, son thriller SF va prendre des tournures dont je n'osais m'imaginer. Il est fort ce bougre.

Une question demeure : son personnage s'appelle-t-il Fredric en hommage à un certain Freddy ? Non, c'est ce que je pensais, mais après interrogatoire de l'auteur, il s'agit d'un hommage à Fredric Brown, un auteur qu'il apprécie fortement. Autre point, quelques allusions à une de ses futures nouvelles, Céder la place, me semblent présentes, un clin d'oeil par anticipation ?

Dormeurs est un roman que je prendrai sûrement plaisir à relire dans quelques années (lors de sa réédition ?)  pour le disséquer et voir tous les indices posés ici ou là.


Je remercie chaleureusement Emmanuel Quentin de m'avoir donné la version électronique de ce roman. Il m'avait accordé une interview il y a quelques mois, n'hésite pas à y jeter un oeil :  Emmanuel Quentin : L'écriture comme exutoire.

Mort(s) : 18 mauvaises nouvelles

août 03, 2020

Les Artistes Fous Associés, 2016, 322 p., gratuit epub sans DRM (15€ papier)


Mauvaise nouvelle, la Mort rode et 18 fois tu vas trépasser.

Présentation de l'éditeur :


Les Artistes Fous Associés ont la profonde douleur de vous annoncer la disparition définitive du bon goût littéraire et de la consensualité bien-pensante à l’occasion de la sortie de leur cinquième anthologie : “MORT(S)”. Dans un pied de nez à la Faucheuse, 18 auteurs plus ou moins vivants vous livrent leur déraison funèbre et leurs récits mortels. Pour mettre un point final à l’absurdité de l’existence !


Mon ressenti :


Une obscure maison d'édition associative, gérée par des fous, une édition numérique gratuite : de quoi avoir de sérieux doutes sur la qualité de l'ensemble.
Et pourtant, voici un recueil de très haute tenue qui n'aurait pas à rougir de figurer dans le catalogue d'une grande maison d'édition.
Un mélange de textes de science fiction et de fantastique avec quelques plumes connues ou à connaître. Point commun, ces auteurs savent manier la plume de belle manière.
En outre, c'est bien édité, avec une préface de Vincent Leclercq et chaque nouvelle est brièvement introduite, donnant juste l'envie de découvrir le texte. Quand à l'epub, rien à redire, c'est parfait, prenez en de la graine, maisons d'édition ayant pignon sur rue. Mon seul bémol, les auteurs ne bénéficient pas d'une courte bio, mais leur bibliographie est tout de même présente.

Alors n'hésitez pas, associez vous à ces fous et appréciez ce voyage vers la Mort.

Pour télécharger (ou acheter la version papier), c'est sur leur site


Ne va pas par là, de Martin Lopez
Une petite fille, le jardin des grands parents, et les fameuses interdictions parentales : fais pas ci, fais pas ça. A l'occasion d'une surveillance en berne, la fillette de 5 ans va t-elle braver les interdits ? Et pour quelles conséquences ?
L'auteur nous met dans la tête de cet enfant et nous fait suivre ses aventures de sa hauteur. Un jardin non défriché devient une forêt vierge, une araignée dans un cabanon affole. Un texte sensible dont les visées dramatiques s'emballent peu à peu pour nous cueillir à rebrousse poil.


Cold Mind Art

Le moine copiste et la Blanche-Face, de Olivier Boile
Je connaissais la science-fiction, la science fantasy mais pas la science fantastique. Voilà chose faite.
Un monastère isolé, quelques moines et un invité mystère.
Assez classique, l'auteur parvient à bien rendre cette atmosphère monacal et les tentations qui s'y déroulent. Même si l'univers n'est qu'esquissé, il participe à l'ambiance de l'ensemble.


Le manoir aux urnes, de NokomisM
Un séminaire sur les corvidés se déroulent dans un vieux manoir hanté (?) et isolé, ravitaillé par les corbeaux !
Texte dans la veine fantastique, l'ambiance et le style m'ont plu, mais j'ai trouvé l'ensemble bien trop convenu, alors que je ne suis pas un inconditionnel du genre. En outre, on devine assez facilement la fin.


Ambre Solis, de Gallinacé Ardent
Une médium a la capacité de se projeter dans les scènes venant d'une photographie. Cependant, ses clients veulent tous des infos sur la mort de leur proche...
Un texte au sujet classique mais traité de manière de plus en plus angoissante. A ne pas lire avant de dormir.


Le fils du tyran, de Stéphane Croenne
Le tyran est mort. Vive le tyran.
Alors que le châtelain pousse son dernier souffle de vie, son fils reprend le flambeau.
Des pensées malsaines pour ce conservateur réactionnaire qui veut répandre la vraie foi. Glaçant.


Oh oui… , de Bruno Pochesci
Et voilà, ce qui devait arriver arriva, dixit Thomas Day, Bruno Pochesci a fini à Pôle Emploi à force d'écrire de la merde. Mais con comme il est, il en a profité pour nous pondre une nouvelle en patientant son tour au guichet, histoire de partir en beauté de ce métier d'ecrivaillon italo-nanard.
Avec ce titre, je pensais me prendre plein la gueule de foutre, mais non, l'auteur me prends à rebrousse poil et préfère se foutre de la gueule de LA mort. Ça casse pas trois pattes à un canard, mais parfait pour patienter avant son tour.

Xavier Deiber


Le chemin de la vallée inondée, de Diane

Nous suivons les pas d'un androïde de nouvelle génération, doté d'une vraie IA. Mais l'accès à la conscience n'est pas un chemin facile.
Assez classique, mais très bien écrit.


Demain sera un autre jour, de Crazy
Réunion de famille suite à un enterrement, où un père dit adieu à son fils. Un sujet très "blanche" et traité comme tel à la grande différence qu'il s'agit ici de mutants. Comment vivre lorsque l'on est quasi immortel. Un très beau texte tout en sensibilité.

Plus tu t’attaches, plus tu souffres. Moins tu t’attaches, moins la vie est intéressante.



Mammam-IA, de Tesha Garisaki
Dur de perdre un être cher dans une société technologique.
Un texte a l’humour grinçant qui fait feu à la bienpensance tout en s'interrogeant sur une des conséquences du clonage numérique. J'ai adoré. Comme quoi on peut faire simple en disant beaucoup de choses. Et ce titre.


Venus Requiem, de Émilie Querbalec
Futur, le voyeurisme fait toujours recette et lorsque des riches ne savent plus somment dépenser leur argent, cela permet d'entrevoir des bénéfices insoupçonnés. Mais qui tire les ficelles de ce jeu de dupe ?
Un univers effrayant avec des jeux qui le sont tout autant. Nous sommes immergé rapidement et on se laisse berner en beauté.


Sebastian “Stab” Bertoa

Le temps des moissons, de Southeast Jones
Les espèces vivantes reviennent à la vie après leur mort. Un scientifique étudie cette maladie dans un labo militaire. Il nous livre ses mémoires.
Pas des zombies méchants, ils aiment ici prendre le soleil et se prélasser à longueur de journée.
Assez classique dans sa thématique, son final rompt avec ce que l'on est en droit d'attendre de ce genre de récit pour mon plus grand bonheur.
En outre, un passage m'a fait penser à un texte de Léo Ferré : 'Tu nais tout seul tu meurs tout seul entre les deux, il y a des faits divers, des faits divers que je te souhaite de choisir, parce que la plupart du temps, ces faits divers, ils te sont imposés, alors fais tout ce que tu peux pour garder tes faits divers à toi"
Je ne sais pas si l'auteur connait, mais dans la nouvelle, ce passage en est clairement une paraphrase :

L’existence peut se résumer en trois étapes : la naissance, la vie et la mort ; bien que seules la première et la dernière aient une réelle importance. À l’échelle d’un univers que l’on suppose infini et dont la durée de vie est, de notre point de vue humain, ce qui se rapproche le plus de l’éternité, tout ce qui se passe entre les deux n’est qu’une succession de points de détail insignifiants.


Robô, de Xavier Portebois

Des gamins des favelas trouvent un cyborg dans une décharge. Que faire ? Aider ou vendre les pièces détachées.
J'ai bien aimé le fait que cela se situe dans des favelas, ça se lit avec plaisir mais il m'a manqué un peu de développement pour tout à fait me plaire.


Cham

Die Nachzehrermethode, de Quentin Foureau
L'art est dangereux.
Un docteur tombe en admiration devant un tableau et va tenter de lui rendre vie.
Pour les amateurs de fantastique, de savant fou et d'horreur.


Le mécanisme de la mort du langage, de Mort Niak

Si vous receviez un colis qui n'a que votre adresse, l'ouvririez vous ? Et si dedans se trouvait...
Voilà la mésaventure qui arrive à une famille.
Présenté comme absurde et conceptuel, je ne peux que plussoyer.


Délivre-nous du mal, de Ria Laune
Si tu aimes rire jaune ou une histoire de résilience qui de passe mal. Très mal.
Sujet rarement abordé dans l'imaginaire, la maltraitance sur enfant. Ici nous sommes dans une veine fantastique avec une chute horrible.


Les âmes de la foire, de Vincent T.
Un réalisateur tombe sous le charme d'une de ses actrices, le début d'une épopée étrange.
Je n'ai pas réussi à entrer dans d'histoire ni dans l'ambiance. Cependant, la fin donne un fond inattendu à ce texte.


Tri Nox Samoni, de Jérôme Nédélec
Place a la fantasy avec l'histoire d'un combat entre chefs de clans, l'un respectant les coutumes et l'honneur, l'autre les baffouant sans vergogne.
Le récit m'a pris dans ses filets épiques et a réussi à faire naître des images de cet affrontement ou les dieux observent.


Lenté Chris

La dette du psychopompe, de Guillaume G. Lemaître
J'ai appris un nouveau terme avec ce texte , epectase, dont il joue - jouit - sur les deux sens. L'histoire d'un nécrophile, du comment il trouve ses partenaires et bien d'autres choses. C'est rempli de sexe, de gore, c'est morbide à souhait mais l'humour noir qui baigne l'ensemble fait passer le tout. Pour public très averti cependant.


PariZ

novembre 04, 2019

Rodolphe Casso, Editions Critic, 2016, 464 p., 7€ epub sans DRM


Zombie or not zombie, zat is the question !

 

Présentation de l'éditeur :


Dans un Paris ravagé par l’apocalypse zombie, trois clochards tentent de survivre, tapis dans les souterrains d’une station de métro. La Goutte, vieillard alcoolique au dernier degré, a déjà un pied dans la tombe. La Gâchette, originaire du Mozambique, est un ex-enfant soldat. Quant à La Gobe, jeune teufeur frappé de débilité, il ne doit son salut qu’à Goa, son chien d’attaque et cerveau auxiliaire.
Dans les entrailles de la cité, ils rencontreront deux membres de la Restauration Française, en mission suicide pour un colonel putschiste qui a fait main basse sur l’Assemblée nationale. Si cette paire de nazillons s’imagine pouvoir sauver la ville lumière, les vagabonds poursuivent un objectif plus modeste : renflouer leur stock d’alcool.,


Mon ressenti :


Trois clodos, deux barbouzes, un clebs et des zonards affamés, voilà pour la galerie de personnages hauts en couleurs. Une histoire assez classique : l'Apocalypse zombie. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Et 500 pages, de quoi me faire peur plus que les zombies : est ce que tout cela n'aurait pas pu tenir en 200 pages ?
Alors, pourquoi vouloir m'attaquer à ce roman ? Je voulais lire Nécropolitains, mais comme le pitch se déroulait un an après les évènements de PariZ...

Et puis, étonnamment, je me vois tourner les pages assez rapidement pour découvrir les aventures de cette bande d’hurluberlus : un jeune écervelé, littéralement, un clochard puant et un noir en proie aux démons. Au fil du récit, c'est leur histoire qui nous est contée ou comment ils sont devenus des zombies aux yeux de la société ou plutôt comment la société les a zombifié, clochardisé.

Quelques épisodes haut en couleur, comme ce festival de la chanson sur les champs Elysées qui finit par un feu d'artifice de sons et d'images, avec notre feu rocker national en guest star.
Le récit est entrecoupé des pérégrinations d'une goule à travers les rues parisiennes, ses monuments historiques noyés dans la société de consommation. Le chapitre 67 nous met clairement dans ses pensées. Brrr, effrayant. Et magnifique coup de l'auteur.
La majeure partie se passe dans le métro, loin du Paris touristique mais que tout à chacun a emprunté si il est descendu ou monté à la Capitale. L'auteur se prend parfois un peu trop comme un guide du tourisme, et se perd par courts moments dans la description des bâtiments, couloirs du métro, cassant le rythme du récit. Mais l'ambiance est bonne, le gore peu présent et les personnages gouailleurs remportent la mise, le tout sous une magnifique couverture.

Une lecture addictive, divertissante, plaisante et pleine d'humour,. que demande le peuple ?


Un entretien de l’auteur est disponibles sur Temps de livres :
Pour compléter vous pouvez toujours écouter les podcast des Chemins de la philosophie consacré à Philosophie du gore (3/4) Anthropologie du zombie
ou vous attablé autour de la grande table et vous questionner sue le Pourquoi les zombies sont-ils si populaires ?
ou encore explorer Culturesmonde et ses Variations sur le thème du futur (2/4) - Zombies, déluges, pandémies : les fins du monde


Quelques citations :


— Nous ne faisons pas partie de l’armée française, répondit Thibault avec une pointe d’orgueil. Nous appartenons à un groupe armé dissident, sous les ordres du colonel Grandchamp.
— Connais pas.
— Nous sommes les membres de la Restauration Française.
— Hein ?
— C’est le nom de notre organisation.
La Goutte se mit à ricaner.
— Restauration… Française ? reprit-il entre deux gloussements.
— C’est bien ça, répondit le lieutenant en fronçant les sourcils.
— On dirait le nom d’un self-service ! Hé, Gâchette ! L’espace d’un instant, j’ai cru que ces mecs bossaient chez Flunch !
La Gâchette sourit de toutes ses dents en dodelinant de la tête.
— Ah, ah, ah ! s’esclaffa La Goutte. Restauration Française ! J’ai jamais entendu un nom de milice aussi con !


Des affiches, La Goule ne cesse d’en croiser ; abris-bus, kiosques à journaux, bouches de métro… Un cornet de glace saupoudré d’éclat de cacahouètes, un sac à main en agneau, une bague en acier anti-allergique, Astérix et Obélix dos à dos, devant des montagnes russes : « Chez les Gaulois, on sait recevoir ! », un chameau rigolard à onze bosses aux couleurs d’une compagnie aérienne low cost : « Agadir – 39 € – Paris va être désert ! » Images et messages dont La Goule rate tout du propos. Choix des typographies, netteté des photographies, qualité des infographies, précision des détourages, pertinence des accroches… Il ignore tout de cette mutualisation de savoir-faire au service du langage universel de la publicité.
Que penseront de cette infinité d’inscriptions les archéologues du futur ou les visiteurs de l’espace ? Parviendront-ils, en découvrant cette cité de pierre de taille, de verre et d’ardoise, à déchiffrer ces runes aussi énigmatiques et omniprésentes que les hiéroglyphes des temples égyptiens ? Si d’aventure, au prix d’un opiniâtre travail scientifique, ils trouvaient la pierre de Rosette de ce patrimoine écrit, recelant les secrets d’une civilisation éteinte, ils pourraient enfin lire : « Conforama, le pays ou la vie est moins chère ». Et comprendront-ils le sens des graffitis que La Goule, sur son passage, a tout autant ignorés ? Certains, anciens, sont les signatures de vandales désireux de laisser la trace de leur passage dans l’immensité urbaine. Mais feront-ils la différence avec les autres, très récents, encore frais, qui maculent les façades de la rue du Faubourg Saint-Antoine ? « Visez la tête », « Seigneur, ayez pitié de nous »…

Il atteint l’angle de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune et croise la boutique des frères Lissac, prospères opticiens du XXe siècle, auteurs du fameux slogan, au temps de l’occupation nazie : « Lissac n’est pas Isaac ».

Alors maintenant vous allez me dire combien vous pesez ! Vous verrez, vous me remercierez !
— Mais j’en sais rien combien je pèse, moi ! Je suis clodo, ducon ! Tu crois que je surveille ma ligne ?


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