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Les hommes dénaturés

janvier 24, 2019

Nancy Kress, ActuSF, 2018 (parution originale 1998), 336 p., 9€ epub sans DRM


J'hésite entre Bof et Mouais. Dispensable dans tous les cas !

 

Présentation de l'éditeur :


2030. La fertilité a chuté dangereusement. La vieillesse est devenue la norme, et les jeunes de précieuses ressources nationales. Dans ce nouveau contexte mondial, la descendance devient une obsession.
Shana, orpheline, voit ses rêves d’intégrer l’armée voler en éclats lorsqu’elle entrevoit ce qu’elle n’aurait pas dû. Lancée dans une quête acharnée pour retrouver sa place, elle croise la route de Cameron, danseur de ballet qui n’a eu d’autre alternative que d’effacer délibérément sa mémoire. Ils trouveront secours auprès du scientifique Nick Clementi, qui craint d’avoir mis le doigt sur une grande conspiration. Commence alors pour chacun d’entre eux un combat pour rétablir la vérité.
Jusqu’où est-on prêt à aller lorsque les enfants manquent à l’humanité ?

Mon ressenti :


Attention, il s'agit ici d'une réédition d'un texte paru en version originale en 1998, en français en 2001. Comme à son habitude, ActuSF n'indique pas sur son site cette information, se contentant juste de mettre la date de parution chez eux !!! Pratique trompeuse et douteuse.

Un scientifique droit dans ses bottes, une aspirante bidasse exaspérante, et un danseur classique gay. Voilà pour les personnages de cette histoire. La pollution environnementale renvoie le bâton à l'humanité, les gosses ne naissent plus. Les spermatozoïdes désertent la demande fertile, les rares grossesses débouchent majoritairement sur des malformations ou des handicaps mentaux. Le monde vieillit. Mais le désir d'enfant est lui toujours présent. Comment faire pour combler ce désir?

En 1998, ce texte avait sa raison d'être, informer. 20 ans plus tard, le constat est réussi mais n'apporte rien de plus à ce que nous ne savons déjà. Le contexte social est cependant bien réalisé, entre le coût engendré par la dépendance sur les épaules de la jeune génération, le fossé entre riches et pauvres pour avoir un enfant, et plus cynique, mais tout aussi juste, les services sociaux à la solde de la classe supérieure et dirigeante. Les politicards sont égales à eux même, conservatisme dans les discours, mais libéraux dans leurs actes. Nous sommes aux États Unis, il ne faudrait pas frustrer son électorat.

Cependant, dans le débat autour du genre de la langue française, certains pourront y trouver leur compte : car il y a du soldate et du lieutenante ! Et oui, en 1998 déjà, on féminisait les grades.

Une fois le cadre posé, sans lourdeurs, reste un thriller qui prend le pas sur l'anticipation, les deus ex machina sont trop présents, les personnages archétypaux.
Ça se lit tout seul, cela fait réfléchir - un peu - mais rien de bien marquant.


Le chroniqueur, le bibliocosme, baroona, l'ombre, Vert et le troll sont plus enchantés de leur lecture.
Gromovar, qui a du goût, est beaucoup plus mesuré.


Récapitulatif

Bifrost n.89. Dossier Nancy Kress ou les biosciences conjuguées au futur

février 01, 2018


Bifrost, Le Bélial, 2018, 191 p., 6€ epub sans DRM

 



A toutes les filles que j'ai aimé avant

A toutes les filles gravitant dans la SF, auteures, éditrices, traductrices et autres lectrices et chroniqueuses, à qui ont dédie ce premier numéro de l’année

Un Bifrost 100% féminin, enfin disons plutôt un numéro sur des femmes écrits et réalisés par des hommes, faut pas trop déconner quand même ! Rien que dans le cahier critique, 35 recensions faites par des mâles sévèrement burnés (en fait j'en sais rien), 2 pour la gente féminine...(Bon après, si le numéro avait été exclusivement féminin, j'aurais crié à la bienpensance, au conformisme.... )
J'attends avec une impatience non dissimulée les prochain Bifrost LBGT,  Minorités ethniques, Laïcité.

Dans le numéro 88, le rédacteur en chef nous signalait un petit changement au sein de la revue : encore plus de nouvelles, dont acte avec ce présent opus : 5 nouvelles au programme. Et le numéro 91 sera un spécial fictions avec notamment des textes de Ursula K. Le Guin (Bifrost va t-il faire comme Voici, qui va faire sa une sur Johnny durant un an, et nous faire la même chose avec Ursula ?), Gardner Dozois et Robert A. Heinlein : voir le commentaire d'Erwann Perchoc du Bélial dans les commentaires


Interstyles

Martin le mercredi de Nancy Kress
Comme le disait Georges en son temps: Pauvre Martin !
Une thérapie non invasive, mais envahissante, est en cours d'expérimentation pour soigner le cancer. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Une interrogation sur l'interaction Corps-Esprit et les bienfaits-méfaits du progrès.
Nancy Kress nous perd dans les méandres de diverses personnalités : prolifération anarchique des cellules contre développement anarchique des personnalités.
Une nouvelle qui n'aurait pas dépareillé à être un épisode de la série Black Mirror.

Un jeu d'enfant de Ketty Steward
Quelques pages, quelques mots assez simples. Et une grande profondeur qui s'en dégage. De multiples interprétations possibles, toutes valables. Brillant. Ma préférée de cette livraison hivernale.

L'Éclosion des Shoggoths de Elizabeth Bear
Seconde guerre mondiale, un chercheur va étudier la reproduction de Shoggoths immuables sur des rochers en pleine mer. Les Shoggoths sont des créatures inventées par le célèbre écrivain raciste Lovecraft. Les bikers ont Johnny, les lecteurs de l'imaginaire ont leur Lovecraft. Pas un mois sans une parution faisant allusion à l'auteur. Pour ma part, l'indigestion est mon lot depuis quelques mois.
Petite nouveauté en ce moment, on prend le contrepied du racisme de l'auteur, faudrait pas s’aliéner une partie du lectorat ! La ballade de Black Tom de Victor LaValle surfe sur ce filon, comme cette nouvelle dont il est question.
Ici le chercheur est noir, le marin qui l'accompagne est raciste, mais il change un peu trop rapidement d'opinion à mon goût. Elizabeth Bear fait le parallèle avec certains conflits raciaux dont notre histoire est remplie. Pas mauvais, mais il m'a manqué une ambiance pour m'emmener dans son récit.
Je vous conseille de lire l'article de la rubrique scientifiction à la suite qui parle de l'évolution des espèces en SF. Le professeur Lehoucq a dû en faire tomber ses éprouvettes !

En finir de Isabelle Dauphin
Un texte fantastique-horreur. Le seul bon côté pour moi, la nouvelle est courte.

L'Obélisque martien de Linda Nagata
La fin du monde approche, certains préféraient laisser une trace de leur passage dans cette vie. Mais tout ne vas pas se dérouler comme prévu. J'ai lu la nouvelle avec en tête ce leitmotiv : que va t-il se passer, que va t-il se passer ? Immersion réussie.

Ballades sur l’arc

Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici
J'y ai noté La bibliothèque de Mount Char même si j'ai encore des doutes qu'il me plaise; Sous le soleil de cendres de Claire et Robert Belmas, La Cinquième Saison de N.K. Jemisin et la trilogie de Liu Cixin dont j'attendrai la sortie du troisième tome pour m'y plonger, Un homme chez les microbes de Maurice Renard, mais 15€ pour un auteur tombé dans le domaine public, non merci ! Et aussi Danses aériennes, critiqué dans le dossier Nancy Kress
Déjà lu et chroniqué par mes soins : Espace lointain dont je partage les louanges de Laurent Leleu, Le sultan des nuages et Interférences de Connie Willis que je vous déconseille aussi.

Paroles... de traductrice : Depuis les marges : Anne-Sylvie Homassel. Je suis d'habitude fan des Paroles de, y trouvant toujours quelques éléments instructifs sur le monde de l'édition. Ce n'a pas été le cas cette fois ci, mais je ne saurai dire pourquoi. Est ce le fait que je ne connais ni les romans, ni les auteurs dont elle parle ? Ou le fait qu'elle réponde souvent de manière allusive ou détourné ? Ou mon fait ?


Au travers du prisme


J'aime Bifrost, j'y suis abonné depuis pas mal d'années, mais je ne peux que rester assez étonné de voir un dossier Nancy Kress. Pas que l'auteure ne le mérite pas, mais son actualité ou ce qui est disponible en France est réduit à la portion congrue, de là à voir de la publicité pour la maison d'édition Le Bélial. D'autant que le prochain Bifrost sera consacré à Edmond Hamilton, dont le Bélial publie son Capitaine Flam ! En espérant que ce dossier puisse donner des envies à des éditeurs de traduire Nancy Kress, et me détrompe sur mon premier ressenti négatif.

Un dossier Nancy Kress, assez restreint du fait de nouvelles plus nombreuses. L'introduction nous dit :
"la dame bénéficie en France d’une actualité non négligeable" WTF. Un recueil, une revue, deux novellas et une nouvelle, voilà l'"actualité" de la dame, du moins ce que vous pourrez vous procurez en neuf. Quand aux romans traduits épuisés, le guide de lecture est plus que sceptique quand à leurs qualités : intrigues convenus, personnages caricaturaux (alors que dans les deux entretiens, les personnages sont centraux). Mais la dame excelle dans la forme courte, donc il ne vous reste qu'à vous procurer le recueil Danses aériennes, parue aux éditions du Bélial !
Bon, je m'arrête là, j'ai l'impression d'être dans la peau de Thomas Day critiquant allègrement sa livraison de magazines dans Le coin des revues. Flippant.

Ce qui m’intéresse, c’est le comportement des gens dans certaines circonstances – toutes sortes de gens, dans toutes sortes de circonstances.

Nous avons le droit à une interview mené par les Quarante deux. Des questions pertinentes, mais il m'a manqué quelques interrogations sur les problématiques  phares de l'auteur. C'est discuté de manière générale mais j'avais envie d'en connaitre un peu plus sur ce point. Certaines questions sont posés par les initiés à l'auteur, mais nous pov' français qui ne lisons que la langue de Molière, notre connaissance de l'auteur est assez lacunaire. Un bon entretien au final, mais il m'a manqué le petit plus.
Je pense en effet que la violence, malgré ses terribles conséquences, tant au niveau personnel qu’à l’échelle des civilisations, a sous-tendu l’évolution comme toute charge imposée à une espèce (et qui l’oblige à s’adapter) peut amener à plus de collaboration (contre les ennemis, la sécheresse, ou toute autre menace), à plus de technologie (à utiliser en tant qu’arme ou comme solution écologique), à plus de redistribution des individus entre groupes (pour un échange fructueux des idées).

On poursuit le dossier avec un entretien avec les Quarante deux. Outre que les questions et réponses étaient parfois redondantes avec l'interview de l'auteure, on s'appesantit un peu trop sur la fabrique du recueil Danses aériennes et le travail des Quarante deux sur les autres opus de la collection. Bref, ce n'est pas grâce à cet entretien que notre connaissance de Nancy Kress va s'améliorer. A mon humble avis, cet entretien aurait plus eu sa place en annexe au recueil.
Le dossier se termine par un guide de lecture et une bibliographie.

Au final, mon ressenti sur un numéro publicitaire demeure. Les numéros précédents de la revue avaient des dossiers beaucoup plus conséquents, en alternant interview, articles de fond sur les problématiques de l'auteur.


Scientifiction

De l'évolution des espèces en SF, par J.-Sébastien Steyer & Roland Lehouc. Mieux qu'un long discours :

L’évolution des espèces, c’est-à-dire la capacité du vivant à se transformer au cours du temps, est une réalité biologique souvent mal comprise, voire régulièrement remise en cause par divers courants obscurantistes ou idéologiques : le fait que le vivant ne soit pas le résultat d’une création divine et que les espèces ne soient pas immuables dans le temps dérange et bouscule les idées reçues. Cette mécompréhension, voire ce refus des concepts évolutionnistes par la conscience collective, se retrouve dans toutes les expressions culturelles en général, et dans la science-fiction en particulier : reflet de son temps, cette dernière nous renseigne en effet tout spécialement sur les rapports que nous entretenons avec la biologie de l’évolution. Quantité d’œuvres, tant au cinéma qu’en littérature, véhiculent des idées intéressantes sur l’évolution des espèces – autant d’occasions de corriger le tir en rappelant, à la lumière des connaissances actuelles, ce qu’est l’évolution… et ce qu’elle n’est pas !

Ce numéro se termine par l'Infodéfonce & Vracanews où j'apprends que les éditions Au Diable Vauvert ont perdu leur indépendance.
Les résultats du Prix des lecteurs sont donnés. A cette occasion, les deux nouvelles lauréates sont gratuites (après inscription) jusque fin février 2018. La main innocente ne m'a toujours pas choisi pour gagner le lot de livres mis en jeu, mais pour la première fois, mes lauréats personnels sont montés sur le podium. 

Lutin82 n'avait pas été convaincu par ses lectures de Nancy Kress, est ce que ce dossier bifrostien va lui donner l'envie de continuer sa découverte de l'auteure ?
Lorhkan a adoré la nouvelle d'Isabelle Dauphin, comme quoi on peut être un excellent bloggeur et avoir mauvais goût ;
Tandis que Lhisbei nage en plein conflit d'intérêt, mais s'en sort avec brio.

 

L'une rêve, l'autre pas

septembre 18, 2017

Nancy Kress, ActuSF, 2012 (parution originale : 1991), 172 p., 4€ epub sans DRM


Des parents qui veulent le meilleur pour leurs enfants.


Présentation de l'éditeur :



Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’entre elles bénéficie d’une modification génétique qui lui permet de ne plus dormir. Huit heures d’éveil de plus par jour, un rêve pour apprendre, vivre et découvrir le monde... Huit heures qui feront aussi d’elle, un être à part.



Mon ressenti : 


Un texte au passé prestigieux : Nebula en 1991, Hugo en 1992, Prix des Lecteurs d’Asimov’s en 1992 et Grand Prix de l’Imaginaire en 1995... La première parution française date de 1993 dans l'anthologie Futurs qui craignent chez Pocket.

L'Art de la guerre

mai 11, 2016

Nancy Kress, Bragelonne, 2012, 24 p., 1€ epub sans DRM


Les humains, en guerre contre les Télis sur 149-Delta, sortent victorieux suite à la chute détournée d'un astéroïde. le capitaine Porter, historien de l'art, est envoyé pour analyser les oeuvres d'art volées par les Télis. le capitaine y sera sous les ordres du Général Anson qui a mené à la victoire, et accessoirement mère de ce couard d'historien.

Après avoir apprécié le nexus du Dr Erdmann, je voulais découvrir un peu plus la bibliographie de Nancy Kress. Je suis tombé sur cette nouvelle électronique à 1 euro.
L'idée de ce texte est une analyse littérale de l'expression L'art de la guerre.

Ce texte m'a laissé perplexe. Pourquoi envoyer un historien de l'art et par la suite ne pas écouter ses conclusions ? Les personnages sont stéréotypés.
Ce qui m'a le plus dérangé, c'est l'hasardeux verbiage pseudo scientifique, saupoudré de religion. Défaut qui était aussi présent dans le Nexus du Dr Erdmann.
La traduction m'a semblé étrange à plusieurs moments, et le travail de formatage du texte peut être amélioré.
Même à ce petit prix, je déconseille donc vivement.

Le Nexus du Dr Erdmann

mai 11, 2016
Nancy Kress, Le Bélial, 2016, 98 p., 4€ epub sans DRM

Le Dr Erdmann, physicien nucléaire de haut vol finit ses jours dans un appartement d'une résidence médicalisée. Son corps commence à défaillir mais son cerveau est toujours en alerte, sa plus grande fierté. Cependant, un jour, une incroyable douleur lui fait penser que la mort ou une démence sénile approche. Mais de nombreux pensionnaires connaissent les mêmes symptômes. le Dr Erdmann, esprit rationnel au possible, va tenter de mener l'enquête.

La grande qualité de ce roman est la construction des différents protagonistes. En quelques lignes, Nancy Kress nous brosse leurs portraits, nous les rendant vivants.
Fourni par Blogger.