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Strange Crazy Tales of Pulpe !

février 01, 2021

 

Nicolas Pagès, Denis Labbé, Nicholas et Séverine Maire, Jean-Pierre Favard, Jean Christophe Gapdy, Bruno Pochesci, Henri Bé, Gwen Geddes, Yoann PS Anderson, Frédéric Lyvins, Jean-Marc De Vos, Southeast Jones
Éditions des Artistes Fous, 2020, 164 p.,  9€ papier, epub à venir

 

Les nostalgiques du pulp vont retrouver la recette originale.
Tandis que les nouveaux consommateurs vont découvrir une formule vieillotte.
Mais si on secoue bien, l'oranginalité se fait jour...

Présentation de l'éditeur :

Une anthologie de 13 nouvelles pulp inspirées de l’âge d’or des littératures de genre où des couvertures colorées et racoleuses cachaient des héros aux aventures rocambolesques, des cauchemars indicibles et des monstres de toutes origines. Des confins de la galaxie aux recoins oubliés de notre Terre, suivez-nous dans un voyage composé de 13 décors dépaysants.


Mon ressenti :

C'est quoi le Pulp ? Si on écarte les magazines des années 40-50, reste pour moi de la littérature populaire, avec du très mauvais et du très bon, balançant dans les genres de l'imaginaire. Ce qui est vrai ici. Pas de mensonges sur la came que l'on va y trouver. Seul bémol pour moi, publier du Pulp en 2020 est synonyme de se réapproprier ce style de publications et de le transcender ou du moins le moderniser. Ce que je n'ai malheureusement pas toujours ressenti lors de ma lecture. Mais peut-être aussi était-ce la demande de l'anthologiste, retrouver le bon goût de jadis ?

Côté positif, la magnifique couverture de Christophe Huet, avec son côté vieilli et un rosé que je n'aurai oser imaginer et qui magnifié l'ensemble. Cerise sur le gâteau, cette anthologie comporte quelques illustrations intérieures de belles factures (Maniak, Cham, Stef W et Christophe Huet), rappelant les couvertures de ces pulps d'antan. En point d'orgue, ce faux bon de commande permettant d'acquérir des objets divers et variés, très second degré. Ou à l'humour parfois hard, ma préférée.




Côté texte, c'est l'anthologiste, Southeast Jones, qui remporte de très loin la palme du meilleur texte. Je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur qui n'est jamais aussi bon que lorsqu'il pond des récits à l'atmosphère mélancolique et légèrement sombre.
Je ne peux aussi que t'encourager à aller trainer sur leur site voir leurs autres livres, dont une bonne partie est téléchargeable gratuitement. L'antho Mort(s) est de très bonne qualité. 


Rapide tour d'horizon des différents textes :

Opération Nectar, de Nicolas Pagès

Une chasseuse de primes s'envole vers un astéroïde en compagnie d'un militaire burné qui n'est pas insensible à ses charmes. Objectif de sa mission ?
Voilà une nouvelle pulpée, ou plutôt stuprée : c'est rempli de sexe et de stupre. La seule chose que je n'ai pu voir venir est la chute, le reste étant un texte assez bateau qui ne fait renverser les rôles hommes femmes. J'en attendais un plus de l'auteur.

L’appendice à l’air vont les S’morrrrrr, de Herr Mad Doktor

Une réunion diplomatique galactique doit statuer sur le sort des S’morrrrr, une race exubérante et invasive.
Un texte marrant, dans la veine pulp comme il se doit mais dont j'aurai aimé une chute différente.
Rare sont les textes sur les peuples nomades, gens du voyage, Rroms et autres, c'est ce qui me restera en mémoire.

Le destin des Nornes, de Denis Labbé

De nos jours, un militaire se retrouve au valhalla...
Un texte qui associe légendes nordiques et musique métal. Ne connaissant ni les unes, ni l'autre, je suis passé à côté.

Pour un baiser, de Nicholas et Séverine Maire

Un aventurier atterrit sur une planète censée être désertique depuis longtemps...
J'ai bien aimé ce texte à l'ambiance old school mais calme et sereine. On découvre la particularité de ce monde étrange peu à peu pour finir dans une sorte d'utopie biaisée.

Le cimetière des innocentes, de Jean-Pierre Favard

On débute par une scène sacrificielle pour ensuite dévier sur une enquête menée par deux olibrius.
Un petit air anar se dégage de l'ensemble et l'humour permet de passer un bon moment de lecture, en dépit des incohérences.

Tempête stellaire, de Jean Christophe Gapdy

Espace, un duo de pilotes est appelé à la rescousse suite à une embuscade faite par des pirates.
Toujours dans l'univers de SysDol, le pilote bourru et la jeune fille apprentie vont aller de péripéties en péripéties. Connaissant (et appréciant) nombre des écrits de l'auteur, je reste ici sur ma faim, seul le petit twist vers le final a éveillé mon intérêt.

Djinn Djihad, de Bruno Pochesci

Texte qui s'ouvre sur un avertissement de l'auteur : comme certains textes sont en hébreux et arabe, ils risquent de ne pas d'afficher selon la liseuse. En tout cas, chez moi, ça merde... Liseuse raciste ?
Pourquoi ne pas avoir mis ces passages en image ? L'epub n'étant pas encore sortie, gageons que le problème sera réglé d'ici là.

Mais revenons en au texte : Les Maures envahissent le monde et sont aux portes du Vatican dont le seul occupant est le pape.
Une pochade - une pochesci ? - anar donc antireligieuse qui en fait des tonnes sur l'envahisseur musulman. J'ai bien aimé la "petite" machine bras droit de l'islam radical. Le twist final m'a surpris agréablement. Pas inoubliable mais cela m'a fait me marrer et c'est suffisant pour moi. A déconseiller cependant à Gilles Dumay...

Les souveraines de Bal-Shima, de Henri Bé

Un explorateur s'en va chercher sur une planète des fleurs hallucinogènes, il découvre alors une société traditionnelle.
Un texte plus introspectif, autour de l'addiction et de ce qui peut en coûter. J'aurais aimé une fin un peu plus brute de décoffrage mais j'ai bien aimé ce glissement progressif du village oublié vers une utopie. Beau rebrousse poil.

Les orphelins de l’hôpital Saint-Jude, de Gwen Geddes

Nouvelle fantastique, deux couples se réfugient dans un hôpital psy lors d'une nuit d'orage. Ce qui devait arriver arrive ...
Une écriture qui retranscrit l'ambiance oppressante du lieu. Juste un bémol, le texte aurait mérité quelques pages supplémentaires pour augmenter le réalisme qui en prend un coup lors des évènements dramatiques dont les réactions des personnages semblent particulièrement bancales.


Léviathan, de Yoann PS Anderson

Les combats font rage entre l'humanité et une race alien. Les hommes pensent remporter une victoire décisive en abattant un des vaisseaux. Mais ...
Une histoire classique avec un peu d'horreur cosmique, qui se lit très bien mais dont la chute aurait pu être plus marquante.

Zombie love, de Frédéric Lyvins

Un homme est en deuil depuis le décès de sa femme et de son enfant. Il va chaque soir se recueillir sur leurs tombes.
C'est fluide, voir un peu trop, j'aurai aimé être plus surpris. En outre, je connais l'auteur par ouïe dire et son nom se résume souvent à qualité mais horreur bien horrifique, je suis donc déçu dans mes attentes.

Droit dans le mur, de Jean-Marc De Vos

Un homme entend des voix en provenance d'un des murs de sa maison.
Voilà une bonne blague, certes un peu longue pour la raconter lors d'un repas familial, dommage.
Sur un départ con, le reste l'est tout autant mais on a plaisir à vouloir connaître le twist final. Qui arrive à surprendre.
Con et drôle, what else ?

Nous n’irons pas dans les étoiles, de Southeast Jones

Rien que le titre donne vie de lire cette nouvelle qui m'a fait penser par son ton mélancolique à la nouvelle Comment c'est là-haut ? de Edmond Hamilton .
Un scientifique doit annoncer à ses collègues une triste nouvelle : nous n'irons pas dans les étoiles.
A la manière d'un journal, nous allons être peu à peu éclairer. L'auteur arrive à nous faire poser des questions et se rapproche de RC Wilson et de sa disparition des étoiles, rien que ça !
Seul envie après lecture, qu'un roman sorte pour approfondir le contexte et l'ambiance. Voilà le plus beau texte de cette anthologie, et de loin.



TmbM, encore une fois, à un avis identique au mien
Le galion des étoiles quand à lui, semble y avoir trouvé la pulpe.

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Pearly gates

novembre 26, 2020

Nicolas Pagès, Les Editions du 38, 2020, 412 p., 7€ epub sans DRM

 

Est ce dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ?

 

Présentation de l'éditeur :

2858 : L'humanité a fui la Terre désormais planète stérile, et s'est étendue à d'autres systèmes solaires. Un système de castes régit la société, dominée par une toute-puissante entité politico-religieuse appelé Consortium. Cette dernière règne d'une main de fer sur la plupart des activités humaines, contrôlant les ressources énergétiques et les matières premières. La liberté individuelle et le libre arbitre ne sont plus que des chimères brandies par les oligarques afin d'asseoir leur hégémonie. Ailleurs, à la surface d'une planète nouvellement répertoriée, une expédition minière met à jour un antique vaisseau enterré sous la poussière et la roche. Cette découverte changera le destin du monde connu.
2888 : Quand Daniel Pearly se met en devoir d'explorer une planète aride aux confins d'un obscur système solaire pour le compte du Consortium, il est loin de se douter que cette mission routinière ne sera pas de tout repos. Contre toute attente, il croisera la route d'une créature extraterrestre pour le moins belliqueuse. Cette rencontre sera le point de départ pour Pearly et sa complice Deina, d'une course-poursuite haletante au cours de laquelle les deux explorateurs tenteront d'échapper à l'emprise d'Hilton, le dirigeant de la Caste Digarion qui projette de soumettre la créature et de l'utiliser à ses propres fins suprémacistes.



Mon ressenti :


Tu connais sans doute la collection FNA, Fleuve Noir Anticipation, de la littérature populaire avec du très bon, du bon, du moins bon et du franchement mauvais. Voici à quoi m'a fait penser ce livre, comme lorsque l'on enfile sa bonne vieille paire de pantoufles. Restait à savoir si cela allait être une paire de charentaise ou un produit Made in Taïwan.

L'histoire est somme toute assez classique : la découverte d'un artefact alien qui va semer le trouble et la discorde quelques dizaines d'années plus tard. Cela commence de manière fastidieuse, l'auteur tombant dans le piège du "Show, don't tell". Mais très vite, plus l'intrigue avance, plus je me prends à tourner les pages de plus en plus vite et une certaine épaisseur se fait jour. Et il y a même des tentacules !
L'auteur sait très bien manier les différents points de vue de manière fluide, il adore jouer avec les deus ex machina, et pourrait faire son credo de plus c'est gros, mieux c'est !

La traditionnelle histoire d'amour est bien présente, mais mis au goût du jour. Même si le narrateur est de type bourru-macho, les demoiselles ne sont pas des princesses tirés de Walt Disney elles ont leurs mot à dire et plutôt deux fois qu'une. Les personnages sont plaisant, le narrateur, gros lourdaud toujours à la recherche du bon mot, cachant derrière ses boutades une sensibilité et un sens du bien public. Et puis il y a aussi un fameux et étrange animal, le bloski, extrêmement sympathique même si légèrement vicieux. Vivement le déconfinement pour que j'en adopte un dans une SPA exo-planétaire !

Une lecture entrainante, d'autant que chaque chapitre du roman s'ouvre sur des extraits de paroles de chansons rock, dont l'auteur n'hésite pas à traduire pour les lecteurs allergiques à la langue de Shakespeare. La lecture idéale pour oublier le temps de quelques heures le monde déliquescent qui nous entoure.

Attention si vous achetez chez Amazon et consort, ce roman existe toujours dans sa première édition chez Ivre Book, mais ne comprend que la première partie !

Attention bis, Nicolas Pagès a un homonyme plus célèbre, et comme celui qui nous occupe ne prend pas trop la peine de mettre à jour son site  ni sa page officiel Facebook (syndrome du "je veux vendre mon livre mais je ne fais rien pour me faire connaitre" ? (à part offrir des SP au Chien critique (c'est déjà pas mal !)))

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse.

Fourni par Blogger.