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Hic Sunt Dracones

décembre 10, 2025

Southeast Jones,  The Bookmark Publisher, 2025, 401 p., 5€ epub sans DRM



Southeast Jones trace les cartes de mondes inconnus, et de nos propres ombres.


Pitch de l'éditeur : 


Et si certaines limites ne devaient jamais être franchies ?
Hic Sunt Dracones — “Ici sont les dragons” — désignait autrefois les zones inexplorées sur les cartes. Aujourd’hui, c’est aussi le titre d’un recueil aussi captivant qu’inquiétant, signé Southeast Jones, auteur belge passionné de littérature de l’imaginaire.
25 nouvelles de science-fiction et de fantastique, où chaque récit est une porte vers un ailleurs déroutant : une barrière invisible qui empêche l’humanité de quitter le système solaire; un monde lent que seuls certains peuvent percevoir, une guerre millénaire pour une querelle absurde, es réalités fragmentées où la logique humaine ne suffit plus.
À mi-chemin entre anticipation métaphysique, fables cosmiques et fantastique psychologique, ces textes s’adressent à tous ceux qui aiment les œuvres de Philip K. Dick, Ted Chiang, Clifford D. Simak ou les récits à la Black Mirror.

 

Mon ressenti :

Avec un titre pareil, Southeast Jones nous invite à longer des côtes inconnues, à franchir ces “ici vivent les dragons”, ces zones blanches où l’imaginaire est roi, une promesse d’expéditions en planètes étrangères, d’humanité poussée dans ses retranchements. Pari réussi ?

Le livre rassemble quelques textes inédits (ou du moins que je n’avais pas lu), mais surtout une très large majorité de rééditions parues ici et là, parfois revues et corrigées. Une préface de J.C. Gapdy ouvre l’ensemble, mais là où le bât blesse, c’est l’absence de paratexte : un mot sur les intentions de l’auteur, le contexte d’écriture aurait apporté une profondeur supplémentaire. Est-ce que l’auteur a voulu dire : mes histoires se suffisent à elles-mêmes ?

Un recueil SF, avec pointe de fantastique, satire, poésie noire… mais toujours avec une ligne directrice : l’humain, ses grandeurs rarement et surtout ses failles. Avec cette conclusion : l’avenir n’a pas fini de nous juger. L’auteur raconte l’altérité et sonde notre propre reflet. Lire Southeast Jones, c’est accepter de poser le doigt là où ça fait mal, l’altérité pour boussole, l’écriture comme carburant.

 

Nous n’irons pas dans les étoiles
Rien que le titre donne vie de lire cette nouvelle qui m'a fait penser par son ton mélancolique à la nouvelle Comment c'est là-haut ? de Edmond Hamilton. Le pitch : Un scientifique doit annoncer à ses collègues une triste nouvelle : nous n'irons pas dans les étoiles. Un court texte qui frappe juste et cette impression que chaque réponse ouvre dix nouvelles questions. Une pépite mélancolique qui joue plus sur le vertige que sur le spectaculaire. C’est beau.

Divergence d’opinion
Conte galactique à la lisière de la fantaisie, qui démonte l’absurdité des guerres de religion. Tout se joue sur un détail mortel. La chute, en une phrase, est d’une ironie délicieuse.

Monde lent
Et si la sénilité n’était pas un effondrement, mais une forme de clairvoyance ? On suit un vieil homme qui tente de communiquer avec ceux qui “ne voient pas encore”. L’idée est intéressante, même si le côté réincarnation m’a laissé sur le bord du chemin.

Noël lointain
Un Noël sur une planète étrangère : entre choc culturel et absurde. Les humains manipulent, les aliens manipulent peut-être encore mieux… et la chute renverse tout avec humour.

Notre-Dame des Opossums
Une expédition arrive sur une planète qui pourrait s'avérer être la Terre. L'auteur nous interroge sur nos agissements et les méfaits de notre soif de découverte. Un très bon texte.

Contrat
Faire affaire avec le diable : forcément tentant… jusqu’à la lecture des petites lettres en bas du contrat. Une petite friandise qui rappelle qu’avec toute éternité vient toujours avec la facture.

Grand-Veille
Autre temps, autre moeurs, la cérémonie des morts est festive désormais. Mais qu'est ce que la mort dans le futur ? Nous suivons deux jours d'une famille préparant la cérémonie.
J'ai beaucoup aimé ce texte qui joue avec les souvenirs du temps passé. Les us et coutumes se perdent, s'oublient ou prennent une autre tonalité, tel ces "sandwichs au chien avec de la moutarde" que mangeait les gens de notre époque. L'auteur réussit à nous perdre dans la vie quotidienne de ce futur incongru, et il perd ses personnages dans ce passé dont il ne reste quelques vestiges. Cette nouvelle a aussi un petit air de la série Westworld.

Anamnèse
Un homme est victime de malaises et de pertes de mémoires. Son quotidien devient de plus en plus halluciné et fragmenté. Je me demandais où voulait m'emmener l'auteur. Et bien précisément la ou je ne m'attendais pas.  Une belle réussite.

Barbares !
Exploration spatiale, colonisation, rencontre avec des intelligences autres. Et comme souvent, la guerre. Une nouvelle à chute que je n'ai pas vu arriver, car le texte était très martial me donnant des doutes sur l'intention de l'auteur. Doute balayé par la fin. Un texte assez sombre, mais réaliste avec quelques fulgurances à noter toutefois. Elle restera la plus marquante dans mon esprit. C’est ce texte, lu il y a quelques années pour la première fois qui m’a donné envie de poursuivre la découverte de l’auteur.

Le C.R.I.M. était presque parfait
Un scientifique enchaîne les inventions improbables, peut-être géniales, peut-être dangereuses. L’idée intrigue, le ton fonctionne, mais la nouvelle manque de véritable. Sympa, sans plus.

Rendez-vous à Cérès
Une chanson pirate les ondes depuis Cérès et devient un hit mondial. Une belle idée de pré-contact, parfois un peu didactique, mais dont l’optimisme final apporte une respiration bienvenue.

L’antre de la bête
Une histoire contée “à l’ancienne”, au coin du feu, entre horreur feutrée et ambiance rétro. Ça fonctionne très bien. Une nouvelle horrifique au goût de jadis qui fait son effet 

Début de semaine
Mini-nouvelle: le monde peut basculer d’un bouton, mais parfois pas comme prévu. Percutant et efficace.

Les enfants de nos enfants
Projection douce-amère sur l’avenir de l’humanité. Simple et sensible.

Mon dragon et moi
Malgré le titre, pas de fantasy ici, mais un space-opera : un pirate de l'espace doit se charger de livrer un bien étrange colis. Nous rencontrons ici une espèce d'aliens bienveillants qui vont croiser la route d'une espèce belliqueuse, l'homme. Un sujet sombre pour un texte empreint d'une profonde nostalgie et empathie.

Question de foi
Ils sont là. Nous ne sommes désormais plus seul dans l'univers. Les ET ont opté pour le pape comme ambassadeur et leurs révélations va causer quelques soucis à notre souverain pontife. Ce texte pourrait être une variante d'une des lois de Clarke : Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de Dieu. Un très bon texte qui répond, permettait du peu, à la question du « pourquoi je vis, pourquoi je meurs ? » Avec une belle touche d'amertume finale

Trip
Cyberpunk sous psychotropes high-tech : les accros vont adorer la fin, les prudents beaucoup moins. Entre délire et mise en garde technologique.

Jonas
Cabaret interlope, ogre de l’espace, ambiance surannée et personnages de marginaux. L’auteur prend son temps pour poser un décor, une atmosphère et un charme très particulier. Si vous aimez, n'hésitez pas à lire le roman Le Paradoxe Béranger, dont cette nouvelle fut le début…

Émancipation
Un individu, agoraphobe, est retiré dans sa demeure isolée. Il y vit sa retraite au calme, jusqu'au jour où des gamins s'amusent à tambouriner à sa porte. Une fin qu'on pense voir venir de loin. mais non, l'auteur nous prend à rebrousse poil.

Le temps des moissons
Le titre m'a fait de suite penser au roman Le Vaisseau des voyageurs de Wilson dont le titre original est The harvest, la moisson. Ici, pas d'alien mais un ersatz d’épidémie zombie, le SRI. Pourquoi comment et pourquoi ? Face à l'étrangeté et l'incompréhension, l'homme étudie, même si sa science devient synonyme de torture. Alors pourquoi pas les autres ? Comme Wilson, un texte très humain sur nos travers

Une journée ordinaire
Il peut se passer des choses en un siècle. Comme l'arrivée de la peste brune. Une courte tranche de vie dans une France marine. Ici, l’humour pince sans rire de l’auteur cède la place à un désespoir glacé. Un texte court, mais qui mord fort.

Dernière maison avant le Paradis
Un reclus vit dans un coin perdu avec sa chienne, une petite vie tranquille à tenter de digérer le décès de sa femme. Un jour cependant, alors que la fournaise bat son plein, un étranger frappe à la porte. Bien aimé ce texte irrévérencieux envers le Tout puissant. Nous n'avons qu'une vie, alors autant en profiter tant qu'elle est présente, l'après n'est jamais certain. Un texte mélancolique et doux-amer sur l’attente et ce qu’il reste après une vie.

Le temps du repos
Le dernier de son espèce. Futur, proche ou éloigné, le monde se meurt et va disparaitre, voici les dernières pensées du dernier homme. Si nous ne voulons pas que ce futur advienne, reste à se retrousser les manches bien hauts. A mettre en parallèle avec le texte Contrat.

Mina
Incident spatial, pilote échouée, chatte familière et IA. Une SF pimentée de magie, avec une chute qui rebat les cartes du réel. Un texte nostalgique, avec une bonne dose de légèreté. Voilà du Belge, dans toute sa splendeur.

Rétrocession
Un vieux loup de mer s'entretient, monologue plutôt, avec un jeune qui va faire son premier voyage. On passe de la mer à d'autres espaces. Un texte qui explore l'imaginaire du navigateur avec beaucoup de charme.

Épilogue
Une vieille bande d'amis fête la quatorzième fin du monde dans l'insouciance. Mais la vraie fin du monde est parfois en retard. Une note finale malicieuse qui boucle joliment le recueil.

Le Paradoxe Béranger

avril 01, 2025

 

Southeast Jones, J.C. Gapdy, MVO Éditions, 2025, 275 p.


Comment découvrir l'histoire cachée de notre monde sans verser dans le complotisme ?
C'est le paradoxe Béranger !


Pitch de l'éditeur :

Antoine Béranger, journaliste breton expatrié à Londres, est plutôt fauché ; sans travail, il vit dans un squat et se nourrit à la soupe populaire. Jusqu’au jour où un inconnu sapé comme un milord lui propose une formation pouvant déboucher sur un emploi.
Lequel ? Il l’ignore. Tout ce qu’il sait, c’est que non seulement il sera payé, mais également nourri et logé.
Ainsi, que cette affaire soit clean ou pas, il accepte.
C’est durant cette formation qu’il va apprendre que le monde n’est pas ce qu’il paraît. Oh, bien sûr ! Il connaît l’existence du petit peuple, des créatures de la nuit et de quelques autres qu’il vaut mieux ne pas fréquenter. Quant à la magie, il ne la pratique pas, tout au plus maîtrise-t-il un ou deux charmes simples. Mais apprendre que tout ce qu’il sait de son monde n’est peut-être pas vrai a de quoi l’ébranler au plus profond de son être.
C’est ainsi que, des bas quartiers de Londres au confins du système solaire, il va être ballotté, malmené, jeté de révélation en révélation, jusqu’à douter effectivement de la réalité.
Mais en fait, de quelle réalité s’agit-il ?

 

Mon ressenti :

Nous sommes à Londres, quelques années après la guerre contre les tripodes de H.G. Wells. Oui, vous avez bien lu, les tripodes de La Guerre des mondes. Nous suivons un pigiste pour un journal spécialisé dans le paranormal, qui passe son temps dans des quartiers délabrés à récolter des histoires plus ou moins crédibles à vendre au public.

Dès les premières pages, on ressent l'influence de la littérature d'antan, celle où la SF ne s'appelait pas encore SF, mais romance scientifique ou merveilleux scientifique. Les auteurs prennent leur temps pour poser le décor, ce qui permet de s'immerger dans l'atmosphère singulière du roman, qui semble pourtant étrangement familière. Tout au long du récit, des indices sont glissés, laissant entendre que la guerre des tripodes n’est qu’un des nombreux mystères qui composent la face cachée de cet univers. L’histoire évolue ainsi entre uchronie, histoire secrète, réalisme magique, fantastique, et bien sûr, science-fiction. J’avais peur que le mélange ne prenne pas et que les auteurs sacrifient l'intrigue sur l'autel d'un lectorat plus large. Mais au final, l'impression qui m’est restée après ma lecture, c’est que ces auteurs ont dû vendre leur âme au diable – ou pire encore, à de Grands Anciens – pour réussir à emmêler les fils de leur récit, et surtout pour me surprendre à maintes reprises, rebattant les cartes de ce que je pensais comprendre de leur monde.

Difficile de vous en dévoiler davantage sans gâcher l'effet de surprise, que c'est le genre de livre que tu finis le plus vite possible pour connaitre les ressorts de cette histoire. Personnellement, je ne suis pas un grand fan des récits où la magie intervient, mais ici, cette dernière prend une forme particulière, plus proche de cette fameuse maxime d'Arthur C. Clarke : "Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie". La seule petite déception pour moi réside dans le passage plus "space-opera", avec ses batailles et tout le reste. Je n'ai jamais été vraiment fan de ce genre, et cette fois encore, cela se confirme.

Au final, un très bon moment de lecture, qui réussit à relier les époques de la science-fiction de belle manière. Et pour ceux qui souhaitent s’immerger davantage dans cet univers, la nouvelle L'affaire Caldwell de Southeast Jones est disponible gratuitement sur le site du Galion des étoiles. De quoi se plonger encore plus profondément dans l'atmosphère de ce roman.

 

Strange Crazy Tales of Pulpe !

février 01, 2021

 

Nicolas Pagès, Denis Labbé, Nicholas et Séverine Maire, Jean-Pierre Favard, Jean Christophe Gapdy, Bruno Pochesci, Henri Bé, Gwen Geddes, Yoann PS Anderson, Frédéric Lyvins, Jean-Marc De Vos, Southeast Jones
Éditions des Artistes Fous, 2020, 164 p.,  9€ papier, epub à venir

 

Les nostalgiques du pulp vont retrouver la recette originale.
Tandis que les nouveaux consommateurs vont découvrir une formule vieillotte.
Mais si on secoue bien, l'oranginalité se fait jour...

Présentation de l'éditeur :

Une anthologie de 13 nouvelles pulp inspirées de l’âge d’or des littératures de genre où des couvertures colorées et racoleuses cachaient des héros aux aventures rocambolesques, des cauchemars indicibles et des monstres de toutes origines. Des confins de la galaxie aux recoins oubliés de notre Terre, suivez-nous dans un voyage composé de 13 décors dépaysants.


Mon ressenti :

C'est quoi le Pulp ? Si on écarte les magazines des années 40-50, reste pour moi de la littérature populaire, avec du très mauvais et du très bon, balançant dans les genres de l'imaginaire. Ce qui est vrai ici. Pas de mensonges sur la came que l'on va y trouver. Seul bémol pour moi, publier du Pulp en 2020 est synonyme de se réapproprier ce style de publications et de le transcender ou du moins le moderniser. Ce que je n'ai malheureusement pas toujours ressenti lors de ma lecture. Mais peut-être aussi était-ce la demande de l'anthologiste, retrouver le bon goût de jadis ?

Côté positif, la magnifique couverture de Christophe Huet, avec son côté vieilli et un rosé que je n'aurai oser imaginer et qui magnifié l'ensemble. Cerise sur le gâteau, cette anthologie comporte quelques illustrations intérieures de belles factures (Maniak, Cham, Stef W et Christophe Huet), rappelant les couvertures de ces pulps d'antan. En point d'orgue, ce faux bon de commande permettant d'acquérir des objets divers et variés, très second degré. Ou à l'humour parfois hard, ma préférée.




Côté texte, c'est l'anthologiste, Southeast Jones, qui remporte de très loin la palme du meilleur texte. Je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur qui n'est jamais aussi bon que lorsqu'il pond des récits à l'atmosphère mélancolique et légèrement sombre.
Je ne peux aussi que t'encourager à aller trainer sur leur site voir leurs autres livres, dont une bonne partie est téléchargeable gratuitement. L'antho Mort(s) est de très bonne qualité. 


Rapide tour d'horizon des différents textes :

Opération Nectar, de Nicolas Pagès

Une chasseuse de primes s'envole vers un astéroïde en compagnie d'un militaire burné qui n'est pas insensible à ses charmes. Objectif de sa mission ?
Voilà une nouvelle pulpée, ou plutôt stuprée : c'est rempli de sexe et de stupre. La seule chose que je n'ai pu voir venir est la chute, le reste étant un texte assez bateau qui ne fait renverser les rôles hommes femmes. J'en attendais un plus de l'auteur.

L’appendice à l’air vont les S’morrrrrr, de Herr Mad Doktor

Une réunion diplomatique galactique doit statuer sur le sort des S’morrrrr, une race exubérante et invasive.
Un texte marrant, dans la veine pulp comme il se doit mais dont j'aurai aimé une chute différente.
Rare sont les textes sur les peuples nomades, gens du voyage, Rroms et autres, c'est ce qui me restera en mémoire.

Le destin des Nornes, de Denis Labbé

De nos jours, un militaire se retrouve au valhalla...
Un texte qui associe légendes nordiques et musique métal. Ne connaissant ni les unes, ni l'autre, je suis passé à côté.

Pour un baiser, de Nicholas et Séverine Maire

Un aventurier atterrit sur une planète censée être désertique depuis longtemps...
J'ai bien aimé ce texte à l'ambiance old school mais calme et sereine. On découvre la particularité de ce monde étrange peu à peu pour finir dans une sorte d'utopie biaisée.

Le cimetière des innocentes, de Jean-Pierre Favard

On débute par une scène sacrificielle pour ensuite dévier sur une enquête menée par deux olibrius.
Un petit air anar se dégage de l'ensemble et l'humour permet de passer un bon moment de lecture, en dépit des incohérences.

Tempête stellaire, de Jean Christophe Gapdy

Espace, un duo de pilotes est appelé à la rescousse suite à une embuscade faite par des pirates.
Toujours dans l'univers de SysDol, le pilote bourru et la jeune fille apprentie vont aller de péripéties en péripéties. Connaissant (et appréciant) nombre des écrits de l'auteur, je reste ici sur ma faim, seul le petit twist vers le final a éveillé mon intérêt.

Djinn Djihad, de Bruno Pochesci

Texte qui s'ouvre sur un avertissement de l'auteur : comme certains textes sont en hébreux et arabe, ils risquent de ne pas d'afficher selon la liseuse. En tout cas, chez moi, ça merde... Liseuse raciste ?
Pourquoi ne pas avoir mis ces passages en image ? L'epub n'étant pas encore sortie, gageons que le problème sera réglé d'ici là.

Mais revenons en au texte : Les Maures envahissent le monde et sont aux portes du Vatican dont le seul occupant est le pape.
Une pochade - une pochesci ? - anar donc antireligieuse qui en fait des tonnes sur l'envahisseur musulman. J'ai bien aimé la "petite" machine bras droit de l'islam radical. Le twist final m'a surpris agréablement. Pas inoubliable mais cela m'a fait me marrer et c'est suffisant pour moi. A déconseiller cependant à Gilles Dumay...

Les souveraines de Bal-Shima, de Henri Bé

Un explorateur s'en va chercher sur une planète des fleurs hallucinogènes, il découvre alors une société traditionnelle.
Un texte plus introspectif, autour de l'addiction et de ce qui peut en coûter. J'aurais aimé une fin un peu plus brute de décoffrage mais j'ai bien aimé ce glissement progressif du village oublié vers une utopie. Beau rebrousse poil.

Les orphelins de l’hôpital Saint-Jude, de Gwen Geddes

Nouvelle fantastique, deux couples se réfugient dans un hôpital psy lors d'une nuit d'orage. Ce qui devait arriver arrive ...
Une écriture qui retranscrit l'ambiance oppressante du lieu. Juste un bémol, le texte aurait mérité quelques pages supplémentaires pour augmenter le réalisme qui en prend un coup lors des évènements dramatiques dont les réactions des personnages semblent particulièrement bancales.


Léviathan, de Yoann PS Anderson

Les combats font rage entre l'humanité et une race alien. Les hommes pensent remporter une victoire décisive en abattant un des vaisseaux. Mais ...
Une histoire classique avec un peu d'horreur cosmique, qui se lit très bien mais dont la chute aurait pu être plus marquante.

Zombie love, de Frédéric Lyvins

Un homme est en deuil depuis le décès de sa femme et de son enfant. Il va chaque soir se recueillir sur leurs tombes.
C'est fluide, voir un peu trop, j'aurai aimé être plus surpris. En outre, je connais l'auteur par ouïe dire et son nom se résume souvent à qualité mais horreur bien horrifique, je suis donc déçu dans mes attentes.

Droit dans le mur, de Jean-Marc De Vos

Un homme entend des voix en provenance d'un des murs de sa maison.
Voilà une bonne blague, certes un peu longue pour la raconter lors d'un repas familial, dommage.
Sur un départ con, le reste l'est tout autant mais on a plaisir à vouloir connaître le twist final. Qui arrive à surprendre.
Con et drôle, what else ?

Nous n’irons pas dans les étoiles, de Southeast Jones

Rien que le titre donne vie de lire cette nouvelle qui m'a fait penser par son ton mélancolique à la nouvelle Comment c'est là-haut ? de Edmond Hamilton .
Un scientifique doit annoncer à ses collègues une triste nouvelle : nous n'irons pas dans les étoiles.
A la manière d'un journal, nous allons être peu à peu éclairer. L'auteur arrive à nous faire poser des questions et se rapproche de RC Wilson et de sa disparition des étoiles, rien que ça !
Seul envie après lecture, qu'un roman sorte pour approfondir le contexte et l'ambiance. Voilà le plus beau texte de cette anthologie, et de loin.



TmbM, encore une fois, à un avis identique au mien
Le galion des étoiles quand à lui, semble y avoir trouvé la pulpe.

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Southeast Jones : c’est l’histoire d’un belge...

novembre 25, 2019
 

Interview de Southeast Jones, 2019





Southeast Jones est un “petit” auteur de science-fiction, publié surtout dans de microstructures d’édition. Il a commis quelques dizaines de nouvelles parues dans divers recueils, anthologies et revues. Ma rencontre avec lui s'est faite sur une proposition à lire (un service de presse dans le jargon littéraire) son premier recueil Il sera une fois. C'est peu dire que le bonhomme m’a fait peur avec son look de Biker et un premier texte intitulé Barbares où il est question d’envahisseurs venant voler le pain des locaux ! (Représentations, quand tu nous tiens…). Et pourtant, ses nouvelles ont révélé un homme pétri d’humanisme, sans toutefois s’affranchir d’objectivité sur la bassesse humaine. Des textes simples sur des tranches de vie.
A l’occasion de la sortie de son second recueil Sept morts à vivre, l’envie d’en connaître plus sur lui s’est fait jour. Et comme ce belge n’est pas avare de largesse, il vous propose de gagner trois recueils, deux en version papier (un pour les français, l'autre pour les belges) et un en numérique. Mais pour cela, il va falloir lire cet entretien attentivement afin de pouvoir répondre au mieux et remporter le jackpot.


Le chien : Tu as derrière toi une carrière de boulanger-pâtissier, depuis quand les “manuels” savent écrire ? Tu ne peux pas laisser cela à ceux qui ont fait des études de lettres ?
Southeast Jones : Manuel, certes, mais ça n’empêche pas d’avoir de la culture, je suis naturellement curieux de tout. C’est vrai que je n’ai passé  « que » trois années en Athénée*, je rêvais de faire des études scientifiques, j’aurais voulu tant de choses, mais je suis tombé en pleine période de « maths modernes », auxquelles je n’ai jamais rien compris, alors que j’étais plutôt bon en maths conventionnelles. Les études que je voulais faire passaient obligatoirement par-là, j’ai fini par laisser tomber. Je ne le regrette pas vraiment, j’ai aimé être boulanger-pâtissier. Je lis depuis presque toujours, mais pour autant que je me souvienne, l’envie d’écrire a toujours été bien présente. Alors non, je n’ai pas fait « lettres », cela ne m'a pas empêché d’écrire, peut-être est-ce même mieux, je n’ai été conditionné que par mes goûts littéraires et mes seules limites étaient celles de mon imagination. 
* En Belgique, l’Athénée est le nom d’une des formes d’enseignements secondaires (six ans), permettant potentiellement l’accès à l’Université 

Chez ces gens là.
Le troisième à partir de la gauche.


Des différentes interviews que j’ai lues de toi, je remarque que tu t’es mis à l’écriture très tôt dans les années 60-70, puis plus rien jusque les années 2000. Tu étais dans le pétrin ?
Ah mais je n’ai jamais cessé d’écrire ! Je prenais sur mon temps de sommeil pour ça, je lisais aussi énormément. Je n’ai eu mon premier ordinateur que vers 2003, il me semble. Avant, je tapais mes textes à la machine, je participais à des concours locaux, sans grand succès d’ailleurs, la plupart des textes sélectionnés étaient plus… classiques, bref, la SF n’avait pas la cote ! 


Des nouvelles, des nouvelles et encore des nouvelles. Sais-tu qu’il existe une autre forme de littérature comme les romans ?
Je me sens très à l’aise dans la nouvelle, deux tiers de mes livres sont d’ailleurs des recueils et des anthologies, sans compter les différentes revues dédiées au genre, Galaxie, Fiction, Satellite, et beaucoup, beaucoup d’autres ! 
Un roman est en cours d’écriture, mais c’est un roman à quatre main avec un auteur que tu connais bien : J.C. Gapdy. On est parti d’une de mes nouvelles que je rêvais de développer (Jonas, in « Il sera une fois… »), quelques allusions laissent sous-entendre que l’univers où évoluent mes personnages est clairement alternatif. Pour en savoir plus, faudra attendre 2022.
Je n’en délaisserais pas pour autant la nouvelle, puisque je prévois un recueil pour 2020, et un autre pour 2021.


Quelle est ta recette pour écrire tes nouvelles ?
Je n’en ai pas. L’idée peut me venir au cours d’un rêve (en fait, c’est le plus souvent dans la phase d’endormissement). J’ai un cahier sur ma table de nuit, je prends quelques notes, généralement de simples mots clef, que je note sur Word le lendemain. Une conversation, un reportage, une découverte scientifique ou une nouvelle technologie, ça fait « tilt » et je me dis alors : et si…
J’écris lentement, j’ai en permanence quinze ou vingt nouvelles à différents stades d’écriture, quand je cale, j’arrête tout et je passe à autre chose. Les textes se construisent donc petit à petit.




Peux-tu nous parler de ton surnom ?
L’un de mes premiers livres était « L’aventurier de l’espace » de Catherine Loïs Moore (je l’ai toujours), un mélange de space op’, d’érotisme et d’horreur lovecraftienne. Bien sûr, c’était très soft, mais ça m’avait vraiment marqué ! Le héros se nommait Northwest Smith. Le parallèle me semble évident, non ?


Comment décrirais-tu le style Southeast Jones ?
La grande majorité de mes lectures était, et est toujours anglo-saxonne, des nouvelles (énormément), et quelques romans, datant souvent des années 30 (parfois avant) à 60 pour les plus récentes, ça a fatalement influencé ma façon d’écrire. J’ai bien évidemment lu aussi des auteurs francophones, mais il y a une petite dizaine d’années que je m’y intéresse vraiment. Et je me dis que je suis passé à côté de pas mal de choses ! Bref, j’écris à la manière… d’une époque.

Tes auteurs de prédilection sont ceux de l’âge d’or, la SFFF récente, et ces grands noms actuels ont l’air de te passer au-dessus de la tête. Une raison particulière ?
Je m’y suis ouvert depuis quelques années, j’ai découvert de fabuleuses plumes, des livres qui m’ont fait rêver ou cauchemarder, je continue bien sûr, mais je reviens toujours à mes premières amours, il y a encore tant à lire et je n’ai qu’une vie !


Tu as déjà lu du Robert Charles Wilson ? (Attention, c'est mon échelle d'évaluation de mes rapports avec les gens.)
Je connais Robert Charles Wilson uniquement au travers d’un recueil de nouvelles : Les Perséides, que j’avais adoré, mais je serais assez tenté par sa trilogie Spin, dont j’ai lu beaucoup de bien. Ceci dit, j’ai tellement de livres que je ne pourrais vraisemblablement pas tout lire avant… bref, tu m’as compris.

On ne me ment plus, l'africain est mon frère
Le musulman, le juif, je respecte leurs prières
Individuellement le choix de chacun est propre à lui-même
Vu de l'espace l'Histoire de la Terre est pour tout le monde la même
Mais si on se rapproche, on voit qu'une Porsche
Motive plus d'amour qu'une mère qui nourrit ses gosses
C'est fou de voir tous ces gens attirés par l'argent
Comme le requin attiré par le sang
Shoota Babylone, Assassin

Pour moi, l'extrait ci-dessus résume assez bien le fond de tes textes, profondément humain, sans œillères sur nos bassesses, avec en filigrane, une sorte d'utopie qui se dessine sur ce que pourrait être une société idéale. D’accord, pas d'accord ?
Tout à fait d’accord. Le monde appartient à tous-tes, quelle que soit la couleur ou l’ethnie, la religion, la préférence sexuelle, et le statut social ; mais ça, c’est ce que je voudrais que le monde soit. Un jour très lointain peut-être...

Des textes assez courts avec des fins à chute, il y a souvent un voile sombre qui plane sur tes textes, même si tu y mets quelques notes de légèreté et d'humour. Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ?
Il y a toujours un espoir, une porte de sortie, l’humour et la légèreté pour adoucir la réalité est peut-être simplement ma solution.


Il existe une école belge de la BD, y a t-il une école belge de la SF ?
Je n’en suis pas certain, je pense que toutes les deux ont principalement été influencées par Vernes, sans doutes aussi par Wells avec « La machine à explorer le temps », traduit en 1895 quelques mois à peine après sa publication en Grande-Bretagne et paru au Mercure de France. La Belgique, tant francophone que néerlandophone avait, il me semble, plus d’auteur de fantastique que de science-fiction, mais je n’oserais pas avancer qu’elle ait été influencée par la production française. Même si la fin du dix-neuvième et le début du vingtième a produit des œuvres mémorables, mais ayant pour la plupart mal vieilli. Il me semble que la SF américaine n’a réellement fait son entrée en Europe francophone que dans les années 30-40, et a forcément influencé la production européenne, mais c’est à vérifier, je ne suis pas historien, et mon avis est à prendre avec des pincettes .
Des auteurs de SF Belges connus ? Déjà Rosny ainé ("La guerre du feu »), dans le genre qui nous intéresse : Les navigateurs de l’infini, Les Xipéhuz, La mort de la Terre (pour ceux dont je me souviens), Jacques Stenberg, Jean-Gaston Vandel (publié à la belle époque du Fleuve Noir Anticipation), Alain Dartevelle, comment ne pas citer Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, dont les aventures flirtèrent souvent avec la SF, mais aussi (et surtout !) Alain le Bussy. Pourquoi et surtout ? Tout simplement parce que j’ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises, de discuter avec lui autour d’un verre, ou lors d’un ou l’autre évènement littéraire en Belgique (c’était un grand voyageur, très actifs dans la communauté SFFFR, je te laisse quelques liens qui lui sont consacrés, peut-être un jour écriras-tu un article sur lui, c’était un très grand monsieur.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Le_Bussy
http://www.phenixweb.info/Mon-ami-Alain-le-Bussy
Il y en a bien sûr beaucoup d’autres.
(pour compléter : Valérie Stiénon, Une école belge de l’anticipation ?, Textyles, n.48-2016


Lis tu autre chose que les mauvais genres ?
De la vulgarisation scientifique, des revues sur l’astronomie, le National Geographic aussi.


Ton dernier recueil est autoédité, alors que tu m'as dit que tu avais trouvé un éditeur. Pourquoi cet empressement ? Pourquoi ce besoin d’être lu ?
J’étais très impatient je crois et c’est plus un besoin de partager mes rêves, bons ou mauvais, être lu et apprécié, c’est le petit plus.



Tu fais partie des Artistes Fous Associés, une association pour le moins atypique qui publie, entre autres choses, différentes anthologies. Tu nous en dit quelques mots ?
Ma plus belle aventure avec des gens extraordinaires partageant la même passion pour les littératures de genre, la liberté d’écrire et d’offrir sans tabous et à vil prix des textes qu’on n’aurait pu trouver nulle part ailleurs. Montrer à tout le monde qu’un livre ne doit pas spécialement être formaté selon des normes préétablies, la normalité, c’est bon pour les autres.


Les artistes fous associés, Sema édition, auto-édition, que des microstructures indépendantes. Un choix ou un non choix ?
Il ne faut pas se leurrer, les grosses structures ne s’intéressent que rarement à la kyrielle d’auteurs en recherche de reconnaissance, j’en connais pourtant une flopée qui mériterait plus qu’une édition « confidentielle ». Alors un choix ? Oui, sans doute, j’ai trouvé chez Les Artistes Fous et Séma Editions quelque chose qu’on ne trouve nulle part ailleurs : une formidable entente, de l’amitié et de la confiance, c’est un peu comme une famille.


Alors que ton dernier recueil sort, quel est ton regard entre autoédition et éditeur classique ?
Le respect et l’admiration pour les indés. J’éprouvais déjà ces sentiments, mais ils sont encore plus fort aujourd’hui. Quant à l’édition classique, j’ai eu la chance rare de trouver chez mon éditeur un vrai passionné, un homme qui a le feu sacré, qui aime profondément ce qu’il fait et y croit.


Alors que certaines maisons d’édition ayant pignon sur rue ont encore du mal avec le format numérique, qui est soit inexistant, soit trop cher, soit verrouillé, j’ai l’impression que les petites structures où tu as été publié proposent des epub peu cher, voir gratuit, sans verrous et de bonnes qualités. Connais-tu leur secret ?
En ce qui concerne Les Artistes Fous, c’est un peu la marque de fabrique, on n’a jamais commencé cette aventure avec l’idée de gagner de l’argent. Presque tous les foyers ont un ordinateur, beaucoup de personnes lisent, mais n’ont pas spécialement les moyens de dépenser quinze ou seize euros pour un bouquin, alors comme personne n’est sain d’esprit dans cette bande de joyeux lurons, pourquoi ne pas l’offrir ? Je sais que ça a provoqué quelques grincements de dents, mais bon, on fait ce qu’on veut, non ? En ce qui concerne les petites maisons d’édition, le secret, c’est qu’il n’y en a pas ! Non, mais vous avez vu les prix pratiqués chez certains gros éditeurs pour leurs livres numériques ? On est proche des deux tiers de celui de la version brochée, c’en est indécent ! Les petites maisons d’éditions ont fait un choix logique : rendre accessible à chacun et pour un prix minime la version numérique de leurs publications. Quant aux DRM et autres protections, il y a longtemps que ça ne sert plus à rien, quand bien même inventerait-on un nouveau moyen de protéger une œuvre numérique, je ne donne pas six mois, en comptant très large, avant qu’il ne soit contourné.

Ce n'est pas le tout d'écrire, il faut aussi trouver les lecteurs


Tu proposes toujours des services de presse de tes écrits, mais pas que. C’est grâce à toi que j’ai découvert Jean Christophe Gapdy, mais tu proposes régulièrement de découvrir d’autres auteurs (comme récemment avec Jean-Marc De Vos, qui a illustré Sept morts et vient de sortir L'Ambassadeur). C’est quoi ton boulot, agent littéraire ?
Deux auteurs de science-fiction que j’adore, et qui méritent vraiment d’être connus ! Mais il y en a d’autres : Frédéric Livyns (horreur et fantastique) et Delphine Schmitz (steampunk), par exemple. Alors non, je ne suis pas agent littéraire, mais je sais reconnaitre la qualité d’une œuvre lorsque je la vois, leurs écrits m’ont comblé à tout point de vue.  Je me suis essayé une fois à la chronique, c’était très, très mauvais ! Alors je laisse ça au blogueurs, de mon point de vue plus qualifié que moi. Lisez ces auteurs, vous ne serez jamais déçus, mieux, vous en redemanderez !


Si les lecteurs de ce billet ont envie de lire seulement un de tes textes en accès libre, lequel choisirais tu ?
J’ai une faiblesse pour « Emancipations », l’interprétation de la conclusion revient finalement au lecteur. Histoire banale ? SF ? Fantastique ?
A lire ici


Pourquoi Sept morts ? Et pas 9 ou 42 ?
Parce qu’il y a sept nouvelles, s’il y en avait eu plus, le chiffre aurait changé. Ah, mais il y a huit textes ! Effectivement, mais le dernier n’est pas un texte de fiction, la personne dont je parle est mon père. Le texte n’avait été écrit que pour moi seul, pour exorciser ma douleur autrement que par des larmes. Je l’ai ajouté au dernier moment, j’ignore toujours pourquoi.


Le mot de la fin ?
Coupez !



Mon avis sur ses deux recueils : Il sera une fois - Sept morts à vivre

Un autre belge, le tenancier du blog Evasion imaginaire a interviewé l'éditeur Mickaël Schoonjans, directeur de Sema éditions

Toutes les photos viennent de la page Facebook de l'auteur


Concours :




Cet entretien t'a donné l'eau à la bouche et tu as envie de découvrir la plume de l'auteur ?
Je te propose de lire gratuitement son dernier recueil Sept morts à vivre.
Pour cela rien de plus simple, il faut répondre à une simple devinette.

Trois exemplaires sont en jeu : deux en papier (un pour les français et un pour les belges), l'autre en numérique (epub)
Tu donnes ta réponse via mon mail, afin que les autres lecteurs ne trichent pas sur toi. Tu indiques ton adresse postale si tu joues pour l'exemplaire papier.
Fin du concours : samedi 30 novembre à 23h59mn59s
Les gagnants seront choisis à la tête du client par tirage au sort parmi les bonnes réponses.


La devinette :
4 boulangers font 4 pains en 4 minutes.
Combien de pains font 12 boulangers en 12 minutes ?

Concours terminé, la réponse était 36.
Merci aux participantes et participants.



Sept morts à vivre

novembre 07, 2019

Southeast Jones, Rêveur d’étoiles/Paul Demoulin, 2019, 156 p., 3€ epub sans DRM





Sept morts, sept nouvelles et une funéraille...


Présentation de l'auteur :


Vous allez tous mourir ! Il va falloir vous y faire, un jour tout va disparaître : vous, moi, le monde sur lequel nous vivons, et même l’univers ! D’aucun parmi vous se diront que ce n’est pas la fin, car après tout, la mort n’est peut-être qu’une option parmi d’autres ; à moins qu’il ne s’agisse d’une étape nécessaire à notre évolution… A la fin des temps, Dieu a rouvert les portes du paradis, mais les bienheureux y errent sans but et leur existence semble bien morne. Un homme, un seul, se refuse à les rejoindre, mais à quel prix ! Comment la vie est-elle apparue sur Terre ? Comment va-t-elle finir ? La réponse à ces questions risque fort de ne pas vous plaire ! L’horreur se dissimule parfois derrière le masque de la beauté, mais comment ne pas avoir envie de mourir lorsqu’elle se dévoile ? Et si nous n’étions que les acteurs d’une pièce de théâtre mise en scène par d’inconcevables entités cosmiques ? Que se passera-t-il lorsque tombera le rideau sur le dernier acte ? Quel rapport il y a-t-il entre un homme aux portes de la mort, un dragon et une créature qui se dit aussi vieille que l’univers ?


Mon ressenti :


Lorsque l'on veut citer des auteurs de SF, certains ne le seront jamais, soit parce qu'ils ont été injustement oubliés, soit parce qu'ils n'écrivent que de simples textes. Simples, mais non dénués de talents. Ils ne vont pas inventer de nouveaux concepts, les transcender en quelque chose de plus neuf, de plus cosmique. Non, ils vont écrire des histoires, des tranches de vie proche de ce que nous pourrions vivre, ils n'inventent pas le feu mais savent nous emmener avec eux dans leur monde.
Southeast Jones est de ceux là. C'est peu, mais c'est beaucoup.
Alors si comme moi tu aimes les récits banals mais qui nous parlent de notre humanité, peut être que ces Sept morts pourraient te faire vivre quelques bons moments.
Recueil auto-édité de sept nouvelles, dont 3 rééditions parues dans diverses anthologies, la couverture pique les yeux de prime abord, mais à y regarder de plus près, offre une jolie vue d'un bout de notre univers. Cependant, trop d'étoiles, tue l'étoile !

Petite revue de détail


Monde lent
Publié initialement dans le recueil Souvenirs du Futur, je vous colle ce que j'en disais à l'époque :
Et si parfois leurs yeux semblent se perdre dans le vide, c’est parce qu’ils regardent un ailleurs qui vous est inconcevable. 

Il y a un peu du roman Terminus là dedans, mais en plus humaniste. Un vieux sénile parle à son médecin de la compréhension du temps par les personnes âgées, les fous ou les handicapés, dans ce monde devenu lent où la sénescence serait une évolution de l'espèce, un cinquième âge de la vie, profondément autre. Alors comment communiquer, comment comprendre l'Autre ?
Microcosme et macrocosme se rejoignent. Un très beau texte, ode à la vieillesse, à l'autre, si proche et si lointain à la fois.


Vivante ou inanimée, l’existence de toute chose n’est qu’une perpétuelle altération. Tout se déchire, s’enchevêtre, se décompose et se réagence jusqu’à créer ad infinitum de nouvelles ramifications en fonction d’événements, directs ou indirects, où la causalité elle-même est remise en question. Explorer toutes les probabilités d’un tel univers semble impossible sans sombrer dans la démence. Se défaire de la raison reste peut-être la seule alternative pour espérer comprendre une infime partie du « Grand Tout », avant d’avoir l’esprit liquéfié par la connaissance ultime.

L'antre de la bête
Un homme qui se meurt veut apaiser le fardeau qui pèse sur ses épaules à quelques amis. Il leur conte sa terrible histoire.
Une SF horrifique au goût de Providence. L'ambiance retranscrit bien l'odeur des textes anciens, où un narrateur raconte au coin du feu sa terrible mésaventure, sans oublier le twist final qui permet de revoir l'histoire sous un nouvel angle. Une longueur supplémentaire aurait pu cependant rendre l'ambiance un peu plus oppressante.

Anamnèse
Un homme est victime de malaises et de pertes de mémoires. Son quotidien devient de plus en plus halluciné et fragmenté.
Je me demandais où voulait m'emmener l'auteur. Et bien précisément la ou je ne m'attendais pas. A relire de suite pour comprendre mieux le fonctionnement du texte qui parvient à retranscrire fidèlement les pensées du protagoniste.

Mon dragon et moi
Malgré le titre, pas de fantasy ici, mais un space-opera : un pirate de l'espace doit se charger de livrer un bien étrange colis. Nous rencontrons ici une espèce d'aliens bienveillants qui vont croiser la route d'une espèce belliqueuse, l'homme.
Un sujet sombre pour un texte empreint d'une profonde nostalgie et empathie.

Le temps des moissons
Les espèces vivantes reviennent à la vie après leur mort. Un scientifique étudie cette maladie dans un labo militaire. Il nous livre ses mémoires.
Pas des zombies méchants, ils aiment ici prendre le soleil et se prélasser à longueur de journée.
Assez classique dans sa thématique, son final rompt avec ce que l'on est en droit d'attendre de ce genre de récit pour mon plus grand bonheur.
En outre, un passage m'a fait penser à un texte de Léo Ferré : 'Tu nais tout seul tu meurs tout seul entre les deux, il y a des faits divers, des faits divers que je te souhaite de choisir, parce que la plupart du temps, ces faits divers, ils te sont imposés, alors fais tout ce que tu peux pour garder tes faits divers à toi"
Je ne sais pas si l'auteur connait, mais dans la nouvelle, ce passage en est clairement une paraphrase :

L’existence peut se résumer en trois étapes : la naissance, la vie et la mort ; bien que seules la première et la dernière aient une réelle importance. À l’échelle d’un univers que l’on suppose infini et dont la durée de vie est, de notre point de vue humain, ce qui se rapproche le plus de l’éternité, tout ce qui se passe entre les deux n’est qu’une succession de points de détail insignifiants.


Dernière maison avant le paradis.
Un reclus vit dans un coin perdu avec sa chienne, une petite vie tranquille à tenter de digérer le décès de sa femme. Un jour cependant, alors que la fournaise bat son plein, un étranger frappe à la porte.
Bien aimé ce texte irrévérencieux envers le Tout puissant. Nous n'avons qu'une vie, alors autant en profiter tant qu'elle est présente, l'après n'est jamais certain.


Épilogue

Une vieille bande d'amis fête  la quatorzième fin du monde dans l'insouciance. Mais la vraie fin du monde est parfois en retard.
Beaucoup aimé ce texte simple dont le twist final, tout bête, fonctionne admirablement.

Nous étions si souvent réunis qu’on eut pu nous croire de la même famille. 2012 avait été une première, le monde avait continué de tourner, pas toujours très rond, mais nous étions encore là, ensemble, pour le pire et le meilleur. J’ai toujours pensé que ce ne serait pas Dieu, ou la nature, ou même un géocroiseur qui causerait notre disparition, mais bien l’homme et sa folie. Qu’importe le moyen : le feu nucléaire, la guerre bactériologique, ou plus vraisemblablement la destruction de notre environnement, la machine était en route, et rien ne pourrait l’arrêter. Nous n’avions tous qu’un vœu : celui de ne plus être là lorsque cela arriverait.

In memoriam
Texte en hommage à...
Un jour d'enterrement, le deuil, la vie, après.


On peut être auto-édité et savoir se vendre, voici le teaser du recueil
https://youtu.be/12GAJ4Dv7ww


Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse
Fourni par Blogger.