Olangar, Le combat des Ombres

janvier 31, 2022

 

Clément Bouhélier, Critic, 2021, 688 p., 14€ epub sans DRM


Mais quel putain de final !!!
 

Présentation de l'éditeur :

 
Sous le joug des duchés, la grande cité vit désormais recroquevillée sur elle-même tandis que ses habitants subissent les affres des privations et la violence de la milice dirigée par le pantin de Jush Thagon, Lec Rossio. Dans l’ombre des bas quartiers, les nains organisent la résistance autour de Baldek et de Nockis tandis qu’un tueur mystérieux s’en prend aux miliciens.
Depuis son fief au sud du royaume, Evyna d’Enguerrand, la jeune suzeraine, et son ami l’elfe Torgend Aersellson s’entendent avec le chancelier en fuite, Ransard d’Alverny, pour mettre au point un plan qui, peut-être, permettra de libérer Olangar.
Nul ne sortira indemne de ce dernier combat.
 
 

Mon ressenti :

Et voilà, ce qui devait arriver arriva, voici le dernier tome de la trilogie d'Olangar débuté en 2018. Ce quatrième roman (oui, c'est une trilogie !) vient clore en beauté cette fantasy engagée, sans fées et dragons, mais avec de la sueur, du sang et des conspirations. J'avais adoré le premier, aimé le second et c'est un peu fébrile que je me suis jeté sur ce final.

La ville d'Olangar n'est plus que l'ombre d'elle-même, tombée dans les mains des fascistes, une purge sanglante s'organise via une milice bas du front. Les héros d'hier deviennent des parias. Dans l'ombre cependant, des scènes macabres se jouent dont sont victimes des miliciens. 
 
On retrouve avec plaisir les personnages qui nous ont accompagnés durant plus de 1000 pages. Les années ont passé, ont laissé de vilaines cicatrices dans leurs corps et c'est fatigués qu'ils vont tenter une nouvelle fois de sauver cette ville honnie et adorée à la fois. Avec cette conclusion, je ne m'attendais à rien de précis, juste que l'auteur clôt son oeuvre comme il l'a commencé. Clément Bouhélier se demande en fin d'ouvrage "si ce roman est à la hauteur" du reste, et pour moi, c'est mille fois oui. Une fin idéale. Les protagonistes n'ont pas dormi beaucoup parfois, et c'est la mésaventure qui m'est arrivée : j'ai englouti ce pavé (et dessous, il n'y avait pas de sable, mais la liberté !).

Ma seule crainte était que Clément en fasse trop, la fasse blockbuster avec effets pyrotechniques à foison, m'obligeant à mettre mes lunettes de soleil. Que nenni, il prend le temps de poser l'intrigue, de mettre en place les alliances improbables, les coups de théâtre, dans l'ombre. Mais même ce calme apparent est rempli de tension. Il jongle avec deux époques, nous laissant entrevoir les histoires derrière le récit. Et côté action, l'auteur arrive à nous faire visualiser toute la complexité. 
Un sans faute.

Olangar m'a fait renouer avec la fantasy et même en mettant des nains, des orcs et des elfes, l'auteur n'a fait que s'éloigner des lieux communs du genre pour nous offrir une fantasy actuelle et moderne.

Une série à lire sans hésitation (Le troll), qui clôt très bien cette trilogie (Le bibliocosme) en faisant un récit âpre mais pas dénué d'un certain espoir (Fantasy à la Carte). C'est un coup de coeur (Dup)

 

Mon avis

 
 

L'Évangile selon Myriam

janvier 26, 2022

Ketty Steward, Mnémos, 2021, 208 p., 10€ epub sans DRM

 

Ketty écrit, le lecteur lit ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur en a pensé.
C'est l'ordre des choses.

 

Présentation de l'éditeur :

À seulement seize ans, Myriam est chargée d’écrire le livre de la Vérité qui manque à sa communauté de survivants de l’apocalypse. Elle n’a plus accès qu’à quelques ouvrages en lambeaux et à des récits oraux conservés tant bien que mal. Qu’à cela ne tienne, elle remplit sa mission.
Puisant à toutes les sources, de la chute de Lucifer aux chaussons de Cendrillon, en passant par Le Lac des cygnes et les pérégrinations d’Œdipe, elle trace des démarcations nouvelles entre le mensonge et la vérité.

 

Mon ressenti :

Premier roman de Ketty Steward que je lis, enfin...

J'ai découvert cette autrice (oui même les femmes écrivent de nos jours...) dans une fiction sur France Culture. Et depuis, ce texte me trotte dans la tête, pas parfait, mais voilà, il fait partie de ma vie de lecteur. Ou plutôt d'auditeur. Mais peu importe, livre ou pièce radiophonique, les images émergent des mots. 

Alors on regarde sa bibliographie, mais rien de long, ni de SF. On patiente, au détour d'une revue, on retombe sur sa plume, on lit quelques-unes de ses microfictions sur Twitter, on regarde quelques interviews ici ou , on patiente... Elle fait partie de ton existence, pas très proche, mais toujours présente, en filigrane. Et puis un jour tu vois qu'elle va publier un roman, de SF en plus. SF entre guillemets, car tu sais que Ketty n'aime pas les étiquettes, donc elle les arrachent un peu et collent d'autres morceaux d'étiquettes. C'est elle qui décide, car c'est Ketty qui écrit. Toi ton rôle de lecteur, c'est de lire ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur a pensé de l'écriture de Ketty. C'est l'ordre des choses. C'est ainsi et pas autrement. De toute manière c'est écrit d'avance, tout n'est qu'un éternel recommencement. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'amuser avec les écrits : on peut les réécrire, on peut même prendre des textes sacrés et les malaxer, les mélanger, avec des contes aussi, des mythes. De toute manière, textes sacrés, contes ou mythologies racontent la même chose, c'est juste écrit différemment. 


Voilà ce que Ketty a écrit ici. Enfin pas Ketty, Myriam. Le sacerdoce de Myriam, c'est d'écrire ce qui a disparu, pour ne pas oublier, pour que son peuple se rappelle. Mais bon, Myriam fait ce qu'elle peut, de ce qu'elle se souvient. Les souvenirs sont parfois mensongers, trompeurs. Alors un bout de ça et de ceci, quelle différence ? Le principal, c'est ce qui est dit dans ces écrits. Et ces saynètes nombreuses, ces petits bouts de rien finissent par ce mélanger, s'amalgamer et finissent par ce lier, quelque chose en émerge, qui est plus que le total de ces bouts. Sans oublier les épices pour donner du goût. Et Myriam, ou Ketty, a choisi d'y incorporer quelques pincées d'humour. Pas trop, des légères, juste pour permettre aux bouts d'exalter tous leurs sucs.

Ketty écrit, le lecteur lit.
Si toi aussi tu lis, lis donc ce que Ketty écrit.
Et bonne nouvelle, il paraît que Ketty écrit encore.

Dune

janvier 23, 2022

 

Denis Villeneuve, 2021, 2h30



Denis Villeneuve distille l'épice, mais n'est pas bouilleur de cru qui veut.

 

Synopsis :

L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre… 
 

Mon ressenti : 

Dune est le phénomène de cette dernière année, impossible de ne pas en avoir entendu parlé si tu traines sur les réseaux sociaux : Le film, le mook, les rééditions collector ou pas.
En tant que lecteur de SF, j'avais déjà entendu parler de ce roman de Frank Herbert paru en 1965, surtout en traînant mes guêtres du côté du blog d'Anudar ou de celui de Feyd Rautha (t'étais ou dans le film ?). Mais je ne l'avais jamais lu, seulement vu l'adaptation avec Sting il y a fort longtemps, mais son string ne m'avait pas donné envie d'aller plus loin dans la découverte de cette oeuvre.

Ce qui choque dès le début, c'est le titre Dune - Part One. J'étais habitué aux éditeurs qui ne signalent pas que leur roman est en fait une première partie, mais c'est pour moi une première pour un film. Aucune info sur l'affiche, dans la bande annonce et toute la pub. Merci, très sympathique de découvrir cela à la dernière minute. Pis, à la sortie du film, la partie deux n'était qu'une option parmi d'autre...

Les vers sont magnifiques, malheureusement, il faudra attendre le seconde partie, la troisième, la quatrième pour en apprendre plus.


Mais c'est quoi le pitch ? La maison mère d'une multinationale planétaire vire l'équipe en charge de la colonisation d'une planète et en place une autre. Pour épicer le tout, car sinon on se croirait dans un film d'entreprise, un sombre complot fait son arrivée. Les licenciés sont les méchants, les nouveaux de gentils patrons. Les méchants ne sont pas contents et vont mettre des bâtons dans les roues des seconds.

Alors oui, c'est assez manichéen. Le papa des gentils explique à son fiston qu'il doit prendre la relève, même si ce n'est pas ce qu'il veut, il faut avoir le sens du sacrifice. Le pouvoir est vraiment un sacerdoce. Pauvres riches, j'en ai même versé une larme. Maman Riche est plus attentionnée avec sa progéniture, mais elle est sous l'influence d'une secte qui jette son dévolu sur son gosse. Alors maman pleure. Elle est fragile. Donc elle pleure. Mais un matin elle se reprend en main et devient une femme forte, même si elle est déchirée et pleure encore parfois.
Le fiston est dans la fougue de la jeunesse, les hormones le travaillent. Alors il rêve. D'une jeune fille, belle et idéalisée, charmeuse et surtout mystérieuse. Moi j'ai l'impression qu'elle doit être un peu conne car elle n'a que deux moues comme expression... La grande question : Vont ils se rencontrer et s'aimer ? Suspense, suspense...
Bref, c'est du mille fois vu et lu. C'est binaire et on se doute de tout. 

Moue numéro 1

Moue numéro 2
Acteur, c'est un métier !

Comme je le disais au début du billet, difficile de ne pas connaître Dune, sa complexité, des intrigues politiques, sa mystique. Un roman profond et intelligent. Le film est son opposé, c'est beau, très beau, mais que c'est creux. L'impression qu'il faudra attendre la sortie blu-ray pour voir toutes les scènes coupées qui manquent à la compréhension, à la nuance. Car j'ai eu l'impression de voir un assemblage de scènes sans liant. C'est tout de même un comble pour un film de 2h30.

Conseil : allez au cinéma avec le roman pour comprendre le film

Le coffret qui sort ces deniers temps contient le roman, et c'est compréhensible car ce film est une coquille vide. Ayant écouter quelques podcasts, tous les intervenants ont lu le roman, l'ont disséqué et comblent les manques par leur connaissance, voit dans le frémissement d'une ride tous les non dits. J'aurai préféré ne pas connaître la supposée complexité du roman avant de voir ce film qui m'aurait sans doute mieux comblé. Un film à grand budget de plus.

Esthétiquement très beau, l'épure laisse un sentiment de vide


Économie dans le milieu du cinéma,
plus de chirurgie esthétique pour les actrices vieillisantes,
un napperon sur la tête et c'est plié.




Mutræ

janvier 20, 2022

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocreateurs, 2020, 104 p., 35€

 
Une planète inconnue, un vaisseau échoué, un xénomorphe ?

 

Présentation de l'éditeur :


De retour d'une mission de reconnaissance, le lieutenant Mutræ, pilote chevronné de la Confédération de la 8ème Nébuleuse, s'écrase sur une planète tellurique à la végétation luxuriante.
Ici, le silence règne étrangement. Les deux soleils sont comme des yeux fixant le naufragé par-delà les nuages. Tout est tellement calme.
Mutræ ne se souvient plus des circonstances de son accident.
Est-ce le vent qu'il entend tout à coup, un appel, ou une hallucination ?
Résolu à ne pas attendre d'éventuels secours, le lieutenant se met alors en marche, en quête des réponses soulevées par ce monde énigmatique.
Mais peut-être aurait-il mieux fait de rester à proximité de son vaisseau...


Mon ressenti :

Casque sur les oreilles, je me plonge dans Mutræ qui nous narre l'histoire de Mutræ justement (le monde est bien fait)(même si je pensais que c'était le nom de la planète !) dont le vaisseau s'écrase sur une planète non référencée à la végétation luxuriante. En attendant les secours, il explore la flore environnante pour tomber derrière un rideau de verdure sur ...

Mutrae est un livre trois en un.

Trois en un car c'est déjà un Beau Livre : couverture cartonnée, papier de qualité, pleins d'illustrations couleurs, un CD, un site. Bref, on parle depuis des années des livres augmentés et en voilà une espèce rare et en voie d'extinction. Tu en as pour ton fric et ça, c'est cool.

Trois en un par sa structure aussi. On commence par une nouvelle. Puis nous avons le droit à un carnet d'exploration avec des croquis et des cartes. Et enfin un making-off avec une bio et des explications des trois compères.

Trois en un car il s'agit surtout d'un livre de trois auteurs : un texte d'Emmanuel Quentin, accompagné d'illustrations de Pascal Casolari et une ambiance sonore inventée par Emmanuel Régis.


L'écriture de Quentin, visuelle et pour qui connait l'auteur ne sera pas déçu du voyage, permet de suite une immersion sur cette xéno-jungle. Et comme souvent chez l'auteur, nous avons le droit à une pirouette finale. Seul bémol, c'est beaucoup trop court. Surtout lorsque tu ne lis pas le détail du bouquin avant de t'y plonger. La dernière page tournée, j'ai fait les yeux ronds en me disant, mais il y a encore plein de pages, c'est quoi ce bordel !

Je ne suis pas un lecteur qui visualise lorsque je lis, je me fais une idée générale de l'univers, mais jamais dans les détails. Les illustrations sont au diapason du texte et m'ont permis de m'immerger plus encore sur cette planète, me faire voir les détails plutôt que les ombres.

Le son m'a plus chiffonné. Déjà je préfère lire dans le silence, mais j'ai décidé de jouer le jeu. Et le texte est très clair sur cette planète, le silence règne. Alors pourquoi une bande son ! Mais les explications de l'auteur à la fin m'ont permis de réaliser ce que je n'avais pas remarqué lors de mon écoute. Et donc j'ai eu un autre regard sur cette bande son, surtout avec ce zigomar pondant une planète silencieuse. Il m'a l'air du genre taquin cet Emmanuel Quentin. (A sa place, j'aurais aussi décrit que cette planète était plongée dans le noir complet, histoire de bien emmerder le monde !)

À la fin, on a une vision des différents processus créatifs ayant conduit à cet oeuvre, le pourquoi des choix. Un vrai must.

Ce livre fait partie du projet Ruines, et qui n'est pas fini encore côté livre car Emmanuel Quentin m'a dit que le trio avait une "suite" sur le feu qui s'intitulera Sonja. Mais il faudra attendre encore quelque temps, difficile de réunir les trois loustics avec leurs plannings chargés.
Et on dirait que les auteurs ont entendu par anticipation ma critique sur la longueur, car il y en aura plus... Patientons donc.
Et en attendant, il parait qu'il reste encore quelques exemplaires de ce Mutræ.




L'Immortelle de Maison-Ville

janvier 17, 2022

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2021, 376 p., 5€ epub avec DRM



Pourquoi se décarcasser à pondre un très bon thriller pour l'enrober de la plus hideuse des manières ?
 

Présentation de l'éditeur :

Dans le Nouveau Monde, érigé sur les ruines de l’ancien détruit lors des Conflits du XXIe siècle, l’enfer a un nom : Maison-Ville, le monstrueux immeuble qui abrite huit millions d’âmes sur ses soixante niveaux. Repaire d’exclus et de criminels, la cité-libre symbolise non seulement le mal absolu, mais aussi l’échec des implacables lois Éthiques et Écologiques qui régissent la planète.
En 2180, un mystérieux phénomène s’abat sur la cité. Du jour au lendemain, plus personne ne meurt, les malades guérissent, les gens arrêtent de vieillir. Abhorrée la veille, Maison-Ville devient l’objet de toutes les convoitises. Mais comment un bidonville, aussi peuplé soit-il, peut-il résister face aux pressions des institutions politiques, financières, militaires et religieuses du monde entier ? Sans oublier les millions d’êtres prêts à tout pour y entrer.
Dans une lutte à mort pour contrôler la Jouvence, s’affronteront au fil des âges des personnages hauts en couleur, tels la chancelière Alex Khan, le commandant Willy Baumsteiger, le milliardaire Elton Soors, le procurateur Casimir Marcinkus et tant d’autres…
 
 

Mon ressenti :

Il ne faut pas se fier aux apparences. D'accord mais faut pas abuser quand même ! Après, je me pose une question existentielle : plus la couverture est moche, plus le succès est au rendez-vous chez les autoédités ? Vaste débat. Quoiqu'il en soit, je vous ai mis des bandeaux rouges afin que vous ne vous bruliez pas les yeux en la regardant, les plus aguerris d'entre vous peuvent scroller directement en bas de billet pour la voir. A vos risques et périls !!!

Nous savons donc que Jean-Marc De Vos n'est pas un bon graphiste (une constante chez lui) et à la limite, je m'en fous car c'est le texte que je juge. Et là, il n'y a pas à chipoter, le mec roule sa bosse.
Soit notre monde dans une certaine d'années, des conflits ont éclaté partout pour diverses raisons que l'on connait tous, il suffit de regarder les infos et ouvrir sa fenêtre.
Après 20 ans de guerre, il ne reste plus grand chose et le peu de monde restant établi des règles éthiques sociales et environnementales strictes, sous une gouvernance mondiale. Fini de faire mumuse avec l'ADN, le nucléaire et la surconsommation. De nouvelles villes naissent sur les ruines.

J'ai vraiment lu avec plaisir ce roman qui m'a emmené dans ce monde où tout n'est ni blanc ni noir. Les personnages évoluent et sont ambiguës à souhait. J'aime avant tout lorsqu'un livre m'entraîne dans son intrigue et me fait réfléchir sur le monde et c'est ce que j'y ai trouvé.
Les sujets actuels comme l'immigration et son traitement y sont traités sans en avoir l'air. Nous avons une protagoniste qui ne se laisse pas conter des histoires de prince charmant et mène sa barque. Les relations entre puissants, les classes laborieuses et comment se joue les relations de pouvoir s'y trouvent et ce, sans grandiloquence, tout en simplicité. Ce monde où les lois sont plus équitables et environnementales entrainent la résurgence de problèmes que le progrès technologique avait aboli. Alors que faire ?

Jusqu'à la fin, l'auteur m'a baladé et a rogné mes heures de sommeil. 
La couverture moche a bien trompé son monde. 
 
 
 
Attention à vos mirettes, ça va piquer !






L'auteur a entendu mon cri est à modifier ses couvertures.



L'effet coccinelle

janvier 10, 2022

 

Yann Bécu, Les Éditions de l'Homme sans nom, 2021, 320 p., 10€ epub sans DRM


Une mission impossible, Ethan Hunt est en vacances.
Que faire ?
Appeler en renfort une équipe de bras cassés aliens !

Présentation de l'éditeur :

Le lancement de l'Homo Sapiens, c'était une idée pourrie. Génétiquement trop instable. Le service Créa avait prévenu dès le début. Ils préféraient de loin le projet Bonobo. Question score de paix, une vraie promenade ! Bonobo Sapiens, ça aurait signifié la résolution du moindre conflit par le sexe... Chantier pépère, en somme. Tu parles ! Les boss du 33e étage n'avaient rien voulu entendre. L'Homo Sapiens c'était parfait pour eux : audacieux, vendeur, et tellement sexy sur le papier.
Sur le papier, peut-être, mais sur le Terrain... Parce que nous autres on est les techniciens, les larbins de la création... "Les Boueux" , comme ils disent en haut lieu. Siècle après siècle on patauge dans ces eaux crapoteuses. Et chaque fois qu'on prend possession d'un corps ici-bas, on en paie le prix : coups de chaud, coups de froid, coups de pompe, coups de blues, coups de foudre, toute la chimie humaine s'impose à nous...
Alors forcément, il arrive qu'on gaffe. Or notre récente bourde risque de coûter cher. Si on ne la rattrape pas très vite, l'humanité va droit dans le mur... Adieu, triple A. Adieu, Homo Sapiens. Et bonjour les sanctions. Avec L'Effet Coccinelle, Yann Bécu développe une idée vertigineuse... Si une "preuve divine" était publiée, aussi éblouissante soit-elle, il resterait tout de même une question potentiellement explosive : quelle branche de quelle religion a misé sur le bon cheval ?


Mon ressenti :

L'effet coccinelle, rien que le titre m'a fait rire tout le long de ma lecture. Malheureusement, je ne peux rien vous en dire, divulgachache et tout et tout. Mais ce titre résume parfaitement le contenu.

A une certaine époque, la mode était à l'invasion alien invisible. Puis c'est passé de mode. Et Yann Becu a décidé de remettre le sujet sur le tapis et il a bien fait. Car c'est drôle, pas lourdingue, mais drôle. Un humour qui me plaît à moi, dont plutôt noir, grinçant, légèrement absurde et sarcastique.
Le pitch : un vaisseau traverse l'espace en ensemençant la vie sur des planètes. Seul limite, à chaque fois l'espèce doit être originale et la planète vivre en paix. Mais après moultes expériences, les idées se fanent, on en arrive sur la Terre et la création des humains...

Scénario improbable pour réalisation réussie haut la main. Un xéno-road trip à travers l'Europe et la Hongrie. Les trois aliens que nous suivons sont les petites mains, les premiers de corvée. Pas forcément très intelligents mais remplis de malices, malins et taquins, c'est une équipée sauvagement drôle qui égratigne nos travers d'humains, nous, l'espèce la plus intelligente de l'univers. Cerise sur le chapeau, l'auteur s'amuse avec le libéralisme et le monde de l'entreprise, mais aussi la religion.

Contrairement à son précédent roman Les bras de Morphée qui m'avait aussi bien fait marrer mais était sorti de ma mémoire sitôt lu, L'effet coccinelle reste bien dans mon cerceau. J'attends le prochain roman de l'auteur avec impatience.

Yuyine a passé un sacré bon moment de lecture, Le nocher des livres a passé un moment très agréable
 

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