Affichage des articles dont le libellé est 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2014. Afficher tous les articles

L'impasse-temps

octobre 02, 2023

 

Dominique Douay, Denoël / Les moutons électriques, 1980/2014, 192 p., 6€ epub sans DRM

On a tous rêvé un jour de pouvoir arrêter le temps. Mais pour en faire quoi ?

Pitch de l'éditeur :

C’est peut-être le fantasme ultime, c’est en tout cas le plus puissant des pouvoirs : parce qu’un jour il a trouvé ce qui ressemblait à un briquet, Serge Grivat un homme timoré, vaincu d’avance, tout le contraire d’un battant, voit l’impossible arriver : désormais, il peut quitter le cours du temps.
Virtuellement invisible, il peut donner libre cours à tous ses penchants, tous ses désirs : dîner gratuitement à la Tour d’Argent, soulever les jupes des belles passantes immobilisées, vider le contenu du portefeuille des messieurs...
Mais quel est le revers de ce pouvoir, quelle malédiction se trouve à l’œuvre ?


Mon ressenti :

Serge Grivat, un type lambda, dessinateur habitant en province, se rend de temps en temps à Paris pour rencontrer les éditeurs. Pas trop reconnu dans sa profession, il a son petit train train qui lui suffit, en apparence, dont sa maîtresse dans la capitale. Pas de vagues, il suit son chemin sans faire d'histoires, ni d'éclats. Un jour. Il prend possession d'un objet.

Un grand pouvoir dans des mains d'une personne aigrie, non valorisée par la société, par le monde, peut-elle faire d'elle une meilleure personne ? Pas sûre...
Une démonstration brillante, toute en légèreté par Dominique Douay. Qui ne nous épargnera aucun des tourments, des provocations, des crimes de son personnage. Un livre malaisant aussi qui me place dans une situation où je me demande comment moi j'agirai avec la possibilité d'arrêter le temps. Sans la société pour me condamner, sans le regard de l'autre, continuerai je à me comporter de manière civilisé ? Pas sûr du tout de la réponse, car je pense que je prendrai aussi ma revanche sur les injustices que je pense subir...

Publié a l'origine en 1980 dans la collection Présence du futur, réédité en 2014 chez les moutons électriques et révisé pour l'occasion, l'impasse temps reste un livre intemporel, quoi de plus logique. Petit plus, j'aime beaucoup le titre. Dans une veine fantastique, ne cherche pas ici d'explications scientifiques sur l'arrêt du temps, le récit poursuit sa progression jusqu'au point de non retour, ou aucun retour en arrière ne sera possible. 

J'ai lu ce roman après avoir lu l'avis d'Emmanuel Quentin qui y a trouvé aussi d'autres axes de réflexion. Rares sont les livres courts qui permettent une pluralité de pensées...
Résultat, j'ai lu un bon livre, et de ce fait,  j'ai demandé d'autres recommandations à Emmanuel. 

TmbM ne regrette pas non plus d'avoir perdu son temps en lisant ce roman.

Sous l’ombre des étoiles

avril 01, 2021

Thomas Geha, Les Moutons électriques, 2020 (1ère parution 2014), 6€ epub sans DRM



Reposant


Présentation de l'éditeur :

La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer...


Mon ressenti :


Une guerre dans l'espace, un vaisseau qui explose, la fuite dans un caisson cryogénique et le réveil plus de deux cents ans plus tard sur un monde, autre.

De Thomas Geha, je ne connaissais que sa trilogie Alone que j'avais appréciée, un hommage à Julia Verlanger. Un auteur, mais pas que, qui semble assez discret. Cette réédition d'un roman paru chez Rivière blanche était l'occasion de renouer avec sa plume.

Nous sommes dans une atmosphère de découverte d'un monde et d'une manière différente de vivre après le conditionnement de la guerre. Comment vivre avec ses ennemis de jadis, comment vivre en osmose avec la nature. L'impression de lire une tranche de vie, un récit de vie, un point de vue personnel et voir les changements qui se font au cours de la vie.
Un roman hors du tumulte, où même lorsque l'action est présente, celle-ci se fait sans esbroufe, voir à son corps défendant, car elle est souvent synonyme d'horreur à venir.
À la moitié du roman, petit changement dans la routine pour nous faire découvrir un autre pan de ce monde et rompre avec une possible monotonie. L'auteur parvient toujours à maintenir son lecteur dans son histoire.
Plus étonnant, ce roman paru initialement en 2014 est en pleine actualité de par son côté bienveillant pacifiste et très humaniste. Voilà un texte qui nous change des thrillers pleins de fureur avec un cliffhanger toutes les 10 pages. L'auteur nous démontre que l'on peut maintenir l'intérêt du lecteur sans ces subterfuges et même en devinant la fin. Même l'histoire d'amour ne m'a pas fait changer de trottoir, mais j'aurais tout de même pu m'en passer.

Elle rentre de plain-pied dans ce monde d’adultes, qui n’a que faire du pacifisme, de la non-violence, que seul le pouvoir détermine. Et le pouvoir passe par le conflit, la mort ou la destruction d’autrui.


Le seul bémol, sans en être un, est la nouvelle bonus "Une île (et quart) sous la lune rouge". Je pensais naïvement que l'histoire aller se passer dans le même univers, d'autant que le roman fait parti d'un cycle : Planètes Pirates.
Ceci dit, que vaut ce texte ?
Très étrange, très surprenant, à la lisière des genres SF et fantastique même si nous sommes en terre science fictionnelle. Il y a un côté qui rappelle la SF d'avant qu'elle ne s'appelle ainsi. Deux histoires croisées celle d'une ado et d'un scientifique qui vont s'entrecroiser. Alors je ne peux dire si j'ai aimé ou non, mais cette nouvelle m'a permis de découvrir un versant de l'auteur que je ne connaissais pas, entre merveilleux scientifique et hard SF matinée de fantastique.


vrai délice qui se dévore avec gourmandise, tandis que Dup hait Thomas Geha.
Xapur n'est pas déçu avec cet auteur. qui est décidément un bien bon auteur de littérature populaire nous dit Lorhkan. La Lune a même versé sa petite larmichette, bref, un très beau roman, une indubitable réussite selon Laird Fumble, tout en finesse et émotion conclue le Troll.

    



Les chambres inquiètes

avril 20, 2020

Lisa Tuttle, Dystopia, 2014, 368 p., 6€ epub sans DRM


Une bien belle couverture, voyons maintenant si le contenu, se rapporte au ramage...

Présentation de l'éditeur :

Aucune, donc je profite de ce manque pour vous parler de la maison d'édition :
L'éditeur Dystopia, ce n'est pas une entreprise commerciale, mais une association qui publie peu, une vingtaine de titre en 10 ans. Peu, mais des auteurs auxquels elle croit, souvent atypiques, avec un univers bien à eux d'après mon impression et qui a un succès critique, à défaut d'un succès commercial.
Vous pouvez retrouvez ici un article sur le site de Télérama.
(Pour celles et ceux qui lisent en numérique, l'éditeur offre quelques textes gratuitement par ici. Et ça, c'est cool.)

Pour leur bientôt 10 ans (en juin), ils ont décidé de mettre en avant leur catalogue en offrant des livres.
Cela faisait déjà quelques temps que je voulais lire du Lisa Tuttle, un nom qui revient régulièrement lorsque l'on parle de fantastique.
L'occasion faisant le larron, j'ai sauté sur ces chambres inquiètes à la très belle couverture et au joli titre.

Mon ressenti :

A l'ouverture du livre, l'éditeur avertit le potentiel lecteur : c'est un recueil de nouvelles déjà paru ici ou là : C'est tellement rare que cela soit signalé chez d'autres éditeurs...

Les nouvelles de ce recueil ont été précédemment publiées par Denoël dans la collection Présence du Fantastique et sont tirées des recueils Le nid (PdF n° 6), Sur les ailes du Cauchemar (PdF n° 41) et de la série des Territoires de l’inquiétude (9 volumes).


Ces textes ont en outre été revus pour l'occasion par la traductrice, Nathalie Serval qui ouvre le bal avec sa préface.

Malheureusement, je n'ai pas adhéré aux thématiques de l'autrice, dont l'une des marottes de ce recueil tourne autour de la femme, de son rôle et de sa place dans la société. Ces textes ont été publiés entre 1980 et 1990, novateur sûrement pour l'époque, le style m'a semblé cependant un peu daté, comme leurs traitements. J'ai trouvé aussi que les thématiques prennent trop le pas sur le récit, j'avais l'impression que Lisa Tuttle voulait à tout prix que le lecteur comprenne de quoi elle parle. Autre point noir, les personnages manquaient pour ma part cruellement d'épaisseur. Ces deux derniers défauts ont fait que j'ai eu du mal à m'immerger dans les histoires proposées.
Ceci dit, l'éditeur offrait un autre recueil de l'autrice, Ainsi naissent les fantômes, durant l'opération Bol d'air, et je pense tout de même le lire un jour.

Quelques nouvelles ont tout de même éveillé mon intérêt, comme Sans regrets qui traite de fantômes du passé et fantômes d'un futur possible révolu. Une réécriture de la figure du fantôme que j'ai trouvé originale - quasiment SF- à travers une poétesse qui revient sur les pas de sa jeunesse où elle a fuit une situation matrimoniale réglée pour un avenir libre.
l'autrice distille peu à peu les éléments de compréhension, rendant à chaque fois la situation plus ambiguë qu'elle ne semblait l'être.
Bien aimé aussi En pièces détachées qui part d'une situation absurde et drôle, toujours autour des relations hommes femmes, et où le rôle de la femme va radicalement changé et évolué. Une fin à chute qui m'a surpris et fait rire un peu jaune.
Dans La tombe de Jamie, un enfant se prend à creuser une tombe dans le jardin et depuis, son comportement devient étrange. Sa mère se pose des questions. Une nouvelle inquiétante ou une manège sourde plane sur la maisonnée
Dans une approche plus humoristique, Vol pour Byzance nous conte l'histoire d'une bourgade perdue du Texas, où une convention de SF est organisée pour la première fois. L'invitée, l'autrice d'un seul livre, va découvrir une trouble coïncidence et quelques désagréments. Une nouvelle drôle et effrayante à la fois, dans l'esprit des épisodes de la Quatrième dimension

Le reste des nouvelles m'a beaucoup moins interpellé :

Un nid d'insectes: des retrouvailles entre une femme et sa tante. Dommage que l'élément fantastique soit rapidement dévoilé. Un texte très féministe.

Lézard du désir
: Une histoire sur les violences faites aux femmes et le genre. Dans un monde parallèle au notre les lézards font les hommes ! Un texte dont l'étrangeté m'a poussé à le lire jusqu'au bout alors que ce n'était pas ma tasse de thé et que je me demande encore ce qu'a voulu dire l'autrice.

L'autre chambre
: Un homme revient dans la maison de son grand père longtemps après la découverte d'une pièce secrète. Premier texte avec un homme comme protagoniste principal, on y découvre la confrontation avec la mort, mais toujours pris sous un angle différent. Ne m'a pas laissé un souvenir inoubliable, les personnages manquants de force.

Oiseaux de lune
: Une famille dysfonctionnel : maman et papa ne s'aiment plus, ne se parlent plus. Leur fille est absente depuis toujours, victime d'une maladie. Le mari, ancien astronaute, est resté sur la lune, seule la mère tente de tenir
Ce texte m'a fait penser à la chanson Mother's Little Helper des The Rolling Stones, enfin, surtout sa reprise par le chanteur belge Arno.
Texte poétique qui manque encore d'épaisseur pour les personnages

Propriété commune
: Nous sommes en plein raisonnement par l'absurde. Un divorce, tout est divisé de manière égale entre les deux ex. Mais comment faire pour le chien ?
Un texte court sur l'égoïsme et la violence d'un couple qui se sépare prêt à toutes les horreurs pour ne pas faire gagner l'autre. On voit malheureusement venir la fin de loin...

Une amie en détresse : Si tu as eu un ou un une amie imaginaire, peut être qu'une fois adulte, tu as du mal à savoir ce qui était de la réalité et ce qui était issue de ton imagination.
C'est ce qui arrive ici, en vrai. Pas compris où voulait m'emmener Lisa.

L'autre mère : Une mère de deux jeunes enfants entraperçoit un fantôme sur la rive bordant le lac. Une variation autour de la déesse celte de la Mort et de la Créativité. Je n'ai pas réussi à rentrer dans le récit pour une raison : la mère à deux jeunes enfants mais ses réactions ne cadre pas du tout avec cette tranche d'âge.
En outre, je pense qu'il m'a manqué de références et j'ai du louper certaines allusions pour comprendre ce texte.

Les mains de Mr. Elphinstone : Jadis, un groupe de femmes participent à une séance de paranormal. L'une d'entre elles, après s'être fait toucher par le médium commence à être prise de symptômes étranges. L'atmosphère est là, palpable mais tout cela m'a semblé un peu longuet.

La plaie : Un prof récemment divorcé fait toujours le deuil de sa séparation. Et là, une rencontre fortuite... l'autrice joue avec le genre et les préférences sexuelles. Dommage que l'univers ne soit pas très détaillé car il y avait du potentiel. En l'état, difficile de s'immerger complètement.

Le nid : Deux soeurs achètent une maison isolée et en mauvais état. Une parole lancée l'air de rien va révéler certaines peurs enfouies.
Là encore, les protagonistes m'ont laissé indifférent comme leur histoire.


Lune y a trouvé quelques bijoux, Vert attend avec impatience le prochain recueil, BlackWolf a passé un très agréable moment de lecture, et Celindanaé salue la réussite.
Il n'y a guère que TmbM qui fait, comme moi, la fine bouche.


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Etoiles mourantes

décembre 19, 2019

Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach, Mnémos, 2014 (1ère parution 1999), 452 p., 25€ papier (ou 9€ en 3 epubs chez Amazon)



Les auteurs ont dû se mettre à deux pour écrire ce roman. Et moi pov' lecteur, j'étais bien seul pour en lire la totalité.


Présentation de l'éditeur :


Les AnimauxVilles, gigantesque cités biologiques et conscientes, capables de défier les lois de l’Espace-Temps, ont permis à l’humanité de coloniser l’espace. Mais celle-ci s’est divisée en quatre rameaux, les Mécanistes, les Connectés, les Organiques etles Originels. Entre ces factions que trop de choses séparent, la guerre menace d’éclater.
Face à ce danger, un AnimalVille tente de tracer une autre voie. Les rameaux sont invités à assister ensemble à un spectacle unique : la mort par supernova d’une étoile binaire. Leurs représentants seront-ils à la hauteur de cet événement cosmique ? Et quelles seront les conséquences de ces retrouvailles ?

Mon ressenti :

Futur très éloigné, l'humanité a essaimé un peu partout dans l'univers, grâce à la découverte d'une race alien étrange : les AnimauxVilles. Des êtres gigantesques entre le vaisseau, la ville dotés d'une conscience, d'une intelligence et de la parole. Avec eux la technologie a pu se développer et générer des dissensions entre les humains. Voilà donc l'humanité divisée en branches, parties chacune de leur côté. Mais l'apparition d'une double supernova risque de changer la donne.
Voici le résumé de 250 pages !
Un livre ardue, les tenants, l'histoire n'étant donné que peu à peu. On est un peu perdu devant cette foisonnante imagination, des humanités très différentes de ce que l'on connait. Jamais lu un truc d'aussi original, profondément autre.
Mais originalité ne rime pas toujours avec plaisir de lecture. Chaque branche de l'humanité nous est longuement présenté avant d'attaquer le coeur du sujet, à la moitié du roman. On passe de l'ethnographie à la hard SF, de la technique à la relation mère fille, du pouvoir à l'anarchie .
L'impression de lire un fix up, peut être le syndrome de l'écriture à quatre mains. Parfois l'histoire nous prend avec elle, d'autrefois non. Trop long à se mettre en place, trop ardu, j'ai souvent posé ce roman pour lire autre chose de plus captivant.
Arrivé à la moitié, j'avais déjà oublié les histoires des uns et des autres, les pages se font de plus en plus lourdes à tourner. Et la décision d'arrêter la torture se fait.
Le seul truc que je sais : pas pour moi.


Récapitulatif

Silo 3 - Générations

septembre 09, 2019

 

Hugh Howey, Le livre de poche, Actes Sud, 2014, 417 p., 10€ epub sans DRM

 

Boum
Quand notre silo fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Et c'est le lecteur qui trinque.
 

 

Présentation de l'éditeur :

À la suite d'un soulèvement, les habitants du silo 18 sont face à une nouvelle donne. Certains embrassent le changement, d'autres appréhendent l'inconnu. Personne n'est maître de son destin. Le silo est toujours sous la menace de ceux qui veulent le détruire. Et Juliette sait qu'elle doit les arrêter. La bataille pour le silo a été gagnée. La guerre pour l'humanité ne fait que commencer.


 Mon ressenti :

Après un tome 1 addictif, un préquel en demi teinte, voici enfin venue la fin de la trilogie Silo. Nous retrouvons Jules/Juliette dans son costume de Maire, secondé par son amant qui tient les rênes des communications. Juliette veut tenir sa promesse faite à Jimmy/Solo de venir le rechercher et rêve de quitter le Silo pour reconstruire.
L'ancien monde est mort, des microsociétés existent enfermées dans des silos gigantesques, des générations sont passées, ont oublié l'ancien temps, leurs géniteurs sont devenus des dieux, une nouvelle religion  interdit de parler de certaines choses. Les dieux avaient pensé et mise en branle ce système coercitif sous la houlette du Silo 1 où les cadres sont soumis au lavage de cerveau au sens littéral du mot. Mais quelque soit le silo, certains veulent du changement.

Changement que le lecteur n'aura pas : tout a été dit dans les tomes précédents, la grande révélation fait pschitt. Cela commençait pourtant bien, on retrouvait nos héros enfermés pour suivre la fin de leurs aventures. Mais l'auteur attend trop, nous ballade dans les divers  niveaux et le thriller prend le pas sur l'étude de moeurs et une vision de la société.
Il manque clairement une dimension sociologique plus poussée pour me satisfaire totalement. Le système de castes, de division du travail,  de la communication freinée pour tenir les hommes dans l'ignorance est bien présent, mais l'auteur reste à mon sens, le comble, en surface, et après quelques passages, préfère revenir au thriller pour maintenir l’intérêt du lecteur. la base reste identique : chapitres courts + cliffhanger + changement de personnages. A la longue, cela lasse.

Et puis il faut conclure, alors autant le faire vite et mal, dans de l'action qui part dans tous les sens, et met le réalisme en très fâcheuse position. En outre, le pourquoi de tout cela me semble tiré par les cheveux, le peu qu'il me restait après toutes ces courses poursuites. Bref, l'origine des silos étant brinquebalante, la fin ne pouvait que l'être d'autant plus.

Une trilogie trop longue et donc trop diluée qui a quand même quelques bons côtés, dont celui, extraordinaire, d'avoir obligé Actes Sud a renoncé à ses fidèles verrous numériques sur ces ebooks, Hugh Howey étant partisan du libre. Pour celles et ceux qui ont quitté à regret les silos, d'autres romans, des fanfiction, dans le même univers existent, en anglais.



Aileurs, le son de cloche est identique :
Lorhkan ne veut pas cracher dans la soupe à l'excès, Zina n’a pas été emportée par les aventures et Lune n'a pas ressenti plus de surprises.


Silo, c'est aussi une aventure éditoriale et un auteur atypique. Pour tout savoir, écouter La méthode scientifique :

Grand entretien avec Hugh Howey

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/grand-entretien-avec-hugh-howey
La méthode scientifique du 27 juin 2019
Lien direct (enregistrer sous)

Pour conclure cette troisième saison, nous avons mis les petits plats dans les grands. En cette avant-dernière émission, nous partons au bout du monde pour retrouver celui qui a été tour à tour réparateur d’ordinateur, skipper, capitaine de yacht, puis commis dans une librairie universitaire. Il publie ses premiers romans sans grand succès, puis décide de publier ses nouvelles directement en ligne et d’un coup, c’est le grand emballement. Une nouvelle, deux, trois, les lecteurs se les arrachent, Hollywood se précipite. Il est avec nous sur son voilier depuis les îles Fidji. Hugh Howey, auteur de la trilogie Silo est notre grand invité de SF de cette fin de saison.
Une heure avec Hugh Howey : c’est le programme de luxe qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.


Mon avis
Mon avis




Quelques citations :



Quelqu’un à sauver. La folie de l’homme… la folie de ces foutus silos dont il était l’un des créateurs. Cette supposition qu’il y avait des choses à sauver. On aurait dû les laisser tranquilles, les hommes autant que la planète. L’humanité avait le droit de disparaître. De s’éteindre. C’est ce que la vie faisait : elle s’éteignait. Ça faisait de la place pour les suivants. Mais les hommes, en tant qu’individus, s’étaient souvent insurgés contre l’ordre des choses. Ils avaient leurs enfants – clonés illégalement –, leurs traitements aux nanomachines, leurs pièces de rechange et leurs cryopodes. Comme ceux qui avaient créé cette folie.


Vous nous promettez le paradis, hein ? Mais qu’est-ce que vous connaissez de notre enfer ?


Silo 2 - Origines

août 14, 2019

Hugh Howey, Le livre de poche, Actes Sud, 2014, 576 p., 10€ epub sans DRM


Si long Silo.

Présentation de l'éditeur :

En 2049, le monde est encore tel que nous le connaissons, mais le temps est compté. Seuls quelques potentats savent ce que l'avenir réserve. Ils s'y préparent. Ils essaient de nous en protéger. Ils vont nous engager sur une voie sans retour. Une voie qui mènera à la destruction ; une voie qui nous conduira sous terre.
L'histoire du silo est sur le point de débuter. Notre avenir commence demain.


Mon ressenti :

Le premier tome vous a laissé sur votre faim ? Vous en vouliez plus ? Connaitre les origines de ces silos ?
Hugh Howey est un auteur sympathique, il a pensé à vous en sortant le préquel, c'est à dire tout pour savoir comment Jules/Juliette s'est retrouvé enfermé dans le Silo 18, comment Solo a passé une bonne partie de sa vie isolé. Et surtout, la grande question : pourquoi les silos ?

Alors on entame les premières pages avec avidité, et le soufflet tombe malheureusement assez vite. Le roman est découpé en trois parties, et il faudra attendre le dernière pour en savoir plus sur les évènements du tome 1. Les autres parties nous emmènent dans les pas de l'architecte du Silo, un jeune député naïf qui va se trouver au centre d'une machination apocalyptique. Au centre, mais pas au coeur ! Et c'est ici que le bât blesse. Ayant une vision parcellaire de la situation, on se ballade en compagnie de Donald pour tenter de comprendre comment la situation a pu dégénérer. Bref, l'auteur nous ballade en tirant à la ligne, ses personnages subissant comme le lecteur les événements, ou pour le dire autrement nous envoie de mission en mission comme le jeune livreur. Et tome 3 oblige, beaucoup de choses garderont leur secret. 

Tout n'est pas que noir, la dernière partie permet de retrouver les personnages du premier tome, et les pages commencent à se tourner avec envie. C'est surtout l'histoire de Solo qui nous sera contée, sa métamorphose d'un gamin prénommé Jimmy qui suit le cours des événements sans se questionner sur son monde, à la triste désillusion de la réalité, de son isolement.

La mécanique est la même que pour le tome 1 : des chapitres courts ponctués de cliffhanger, des  points de vue multiples et, petite nouveauté, une narration sur plusieurs périodes. Le principal défaut est que l'auteur tourne autour de son sujet, sans nous dévoiler beaucoup de choses : on s’ennuie ferme. En outre, le point de départ, le comment tout cela a pu arrivé m'a tout de même semblé tirer par les cheveux.
Je lirai tout de même le dernier tome, pour connaitre le but ultime du Silo, mais la niaque n'est plus présente.


Silo, c'est aussi une aventure éditoriale et un auteur atypique. Pour tout savoir, écouter La méthode scientifique :

Grand entretien avec Hugh Howey

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/grand-entretien-avec-hugh-howey
La méthode scientifique du 27 juin 2019
Lien direct (enregistrer sous)

Pour conclure cette troisième saison, nous avons mis les petits plats dans les grands. En cette avant-dernière émission, nous partons au bout du monde pour retrouver celui qui a été tour à tour réparateur d’ordinateur, skipper, capitaine de yacht, puis commis dans une librairie universitaire. Il publie ses premiers romans sans grand succès, puis décide de publier ses nouvelles directement en ligne et d’un coup, c’est le grand emballement. Une nouvelle, deux, trois, les lecteurs se les arrachent, Hollywood se précipite. Il est avec nous sur son voilier depuis les îles Fidji. Hugh Howey, auteur de la trilogie Silo est notre grand invité de SF de cette fin de saison.
Une heure avec Hugh Howey : c’est le programme de luxe qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.


Mon avis

Mon avis


Quelques citations : 


Tout était fait en respect du protocole. Ils pouvaient faire confiance au système – il était conçu pour fonctionner pratiquement tout seul. Il fallait simplement que chacun fasse son travail et laisse les autres s’occuper du reste.

— Non. Je suis simplement en train de te dire que tu regardes trop de films de science-fiction. Je me demande même pourquoi toutes ces grosses têtes rêvent de coloniser une autre planète. Tu as une idée de ce que ça coûterait ? Non, c’est ridicule. Absolument pas rentable.
Donald haussa les épaules. Il ne trouvait pas ça ridicule. Il reboucha sa bouteille.
— C’est dans notre nature de rêver de grands espaces, dit-il. De trouver un endroit où prospérer. N’est-ce pas comme ça que nous nous sommes retrouvés ici ?
— Ici, en Amérique ?
Le sénateur rit.
— On n’est pas venus ici pour les grands espaces. On a infecté tout un peuple avec nos maladies, on les a tués et là, on a eu de la place.




Si chacun faisait en sorte de ne plus avoir besoin des autres, comment était-ce censé les aider à s’entendre ?

Donald, lui, commençait à comprendre que l’humanité avait frôlé l’extinction à cause de la folie de quelques hommes au pouvoir se suivant les uns les autres, chacun pensant que les autres savaient où ils allaient.

Fourni par Blogger.