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La Faculté des Idées Noires

octobre 28, 2021


Sarigan, Marge Nantel, Paladine Saint-Hilaire, Sylvie Arnoux, Bruno Pochesci, Gwen Geddes, Louise Roullier, Emmanuel Quentin, Thomas Fouchault, Luce Basseterre, Arnauld Pontier, Aurélie Mendonça et Nicolas Le Breton, Editions 1115, 2021, 164 p., 2 € epub sans DRM

 

A quoi cela sert d'avoir 26 mains si elles sont toutes de GAUCHE ! (Groupement Abracadabrant et Ubuesque de la Chienlit Harmonieuse des Ecrivains)

Présentation de l'éditeur :

Avoir eu une enfance déprimante dans un village minier ne lui a pas suffi. Pat Poe veut toucher le fond, connaître les affres du doute et du désespoir, explorer la face obscure de l'humanité. Ne lui reste donc qu'une seule option : aller directement à la FIN, autrement dit la Faculté des Idées Noires, cette prestigieuse institution dans laquelle des étudiants en provenance des quatre coins du pays peuvent littéralement se vautrer dans le malheur. Jusqu'à l'issue fatale, dans le meilleur des cas. Mais s'il y a bien une chose à laquelle Pat Poe ne s'attendait pas, c'était de vivre une véritable aventure digne des plus grands héros, lui qui cherchait seulement un endroit où se lamenter en paix.



Mon ressenti :

Cadavre exquis. Même si j'avais déjà entendu cette expression, je pensais benoîtement qu'il s'agissait d'une référence aux enquêtes policières. Que nenni, la préface soigne mon ignorance et me donne la clé de compréhension : il s'agit d'une œuvre collective où chaque auteur écrit un chapitre en ne prenant connaissance que de celui qui le précède. L'éditeur nous conte comment l'idée à germer dans l'équipe des éditions 1115.
Me voilà déjà conquis après seulement deux pages mais j'avoue avoir un faible pour cette micro maison d'édition : des couvertures léchées, des auteurs de talents et un prix mini mini (2€ en epub, 10 en papier). De quoi se faire plaisir tout en découvrant certains auteurs. Mais trêve de compliments, que vaut ce texte où 13 auteurs mêlent leurs plumes.

Au nord, c'étaient les corons
La terre c'était le charbon
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond…
Voilà qui commence bien, pauvreté dans un territoire peu exploré, mais de suite on part à la capitale.

Voilà une sorte de Harry Potter pessimiste, absurde et burlesque. Pas de place à la morosité, tir à vue dès qu'elle approche en sortant l'artillerie lourde du rire. Seul hic, le burlesque et moi ne sommes pas amis. Terry Pratchett m'emmerde à l'extrême et c'est le cas ici. Pas un livre pour moi, pas mon style. Le premier chapitre avec son humour plutôt noir m'avait emballé, puis la déprime est arrivé face aux aventures abracadabrantes. 
J'ai bien aimé tous les acronymes du bouquin, pleins d'imagination, surtout le GUD, le Groupuscule d’Ultras Demeurés, j'aime bien qu'on se moque des bas du Front.
Déçu donc de cette lecture dont j'attendais autre chose, mais je ne peux que saluer l'idée de faire ce cadavre exquis. En outre, chaque chapitre s'ouvre sur une petite illustration bien sympathique.
 

 

Strange Crazy Tales of Pulpe !

février 01, 2021

 

Nicolas Pagès, Denis Labbé, Nicholas et Séverine Maire, Jean-Pierre Favard, Jean Christophe Gapdy, Bruno Pochesci, Henri Bé, Gwen Geddes, Yoann PS Anderson, Frédéric Lyvins, Jean-Marc De Vos, Southeast Jones
Éditions des Artistes Fous, 2020, 164 p.,  9€ papier, epub à venir

 

Les nostalgiques du pulp vont retrouver la recette originale.
Tandis que les nouveaux consommateurs vont découvrir une formule vieillotte.
Mais si on secoue bien, l'oranginalité se fait jour...

Présentation de l'éditeur :

Une anthologie de 13 nouvelles pulp inspirées de l’âge d’or des littératures de genre où des couvertures colorées et racoleuses cachaient des héros aux aventures rocambolesques, des cauchemars indicibles et des monstres de toutes origines. Des confins de la galaxie aux recoins oubliés de notre Terre, suivez-nous dans un voyage composé de 13 décors dépaysants.


Mon ressenti :

C'est quoi le Pulp ? Si on écarte les magazines des années 40-50, reste pour moi de la littérature populaire, avec du très mauvais et du très bon, balançant dans les genres de l'imaginaire. Ce qui est vrai ici. Pas de mensonges sur la came que l'on va y trouver. Seul bémol pour moi, publier du Pulp en 2020 est synonyme de se réapproprier ce style de publications et de le transcender ou du moins le moderniser. Ce que je n'ai malheureusement pas toujours ressenti lors de ma lecture. Mais peut-être aussi était-ce la demande de l'anthologiste, retrouver le bon goût de jadis ?

Côté positif, la magnifique couverture de Christophe Huet, avec son côté vieilli et un rosé que je n'aurai oser imaginer et qui magnifié l'ensemble. Cerise sur le gâteau, cette anthologie comporte quelques illustrations intérieures de belles factures (Maniak, Cham, Stef W et Christophe Huet), rappelant les couvertures de ces pulps d'antan. En point d'orgue, ce faux bon de commande permettant d'acquérir des objets divers et variés, très second degré. Ou à l'humour parfois hard, ma préférée.




Côté texte, c'est l'anthologiste, Southeast Jones, qui remporte de très loin la palme du meilleur texte. Je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur qui n'est jamais aussi bon que lorsqu'il pond des récits à l'atmosphère mélancolique et légèrement sombre.
Je ne peux aussi que t'encourager à aller trainer sur leur site voir leurs autres livres, dont une bonne partie est téléchargeable gratuitement. L'antho Mort(s) est de très bonne qualité. 


Rapide tour d'horizon des différents textes :

Opération Nectar, de Nicolas Pagès

Une chasseuse de primes s'envole vers un astéroïde en compagnie d'un militaire burné qui n'est pas insensible à ses charmes. Objectif de sa mission ?
Voilà une nouvelle pulpée, ou plutôt stuprée : c'est rempli de sexe et de stupre. La seule chose que je n'ai pu voir venir est la chute, le reste étant un texte assez bateau qui ne fait renverser les rôles hommes femmes. J'en attendais un plus de l'auteur.

L’appendice à l’air vont les S’morrrrrr, de Herr Mad Doktor

Une réunion diplomatique galactique doit statuer sur le sort des S’morrrrr, une race exubérante et invasive.
Un texte marrant, dans la veine pulp comme il se doit mais dont j'aurai aimé une chute différente.
Rare sont les textes sur les peuples nomades, gens du voyage, Rroms et autres, c'est ce qui me restera en mémoire.

Le destin des Nornes, de Denis Labbé

De nos jours, un militaire se retrouve au valhalla...
Un texte qui associe légendes nordiques et musique métal. Ne connaissant ni les unes, ni l'autre, je suis passé à côté.

Pour un baiser, de Nicholas et Séverine Maire

Un aventurier atterrit sur une planète censée être désertique depuis longtemps...
J'ai bien aimé ce texte à l'ambiance old school mais calme et sereine. On découvre la particularité de ce monde étrange peu à peu pour finir dans une sorte d'utopie biaisée.

Le cimetière des innocentes, de Jean-Pierre Favard

On débute par une scène sacrificielle pour ensuite dévier sur une enquête menée par deux olibrius.
Un petit air anar se dégage de l'ensemble et l'humour permet de passer un bon moment de lecture, en dépit des incohérences.

Tempête stellaire, de Jean Christophe Gapdy

Espace, un duo de pilotes est appelé à la rescousse suite à une embuscade faite par des pirates.
Toujours dans l'univers de SysDol, le pilote bourru et la jeune fille apprentie vont aller de péripéties en péripéties. Connaissant (et appréciant) nombre des écrits de l'auteur, je reste ici sur ma faim, seul le petit twist vers le final a éveillé mon intérêt.

Djinn Djihad, de Bruno Pochesci

Texte qui s'ouvre sur un avertissement de l'auteur : comme certains textes sont en hébreux et arabe, ils risquent de ne pas d'afficher selon la liseuse. En tout cas, chez moi, ça merde... Liseuse raciste ?
Pourquoi ne pas avoir mis ces passages en image ? L'epub n'étant pas encore sortie, gageons que le problème sera réglé d'ici là.

Mais revenons en au texte : Les Maures envahissent le monde et sont aux portes du Vatican dont le seul occupant est le pape.
Une pochade - une pochesci ? - anar donc antireligieuse qui en fait des tonnes sur l'envahisseur musulman. J'ai bien aimé la "petite" machine bras droit de l'islam radical. Le twist final m'a surpris agréablement. Pas inoubliable mais cela m'a fait me marrer et c'est suffisant pour moi. A déconseiller cependant à Gilles Dumay...

Les souveraines de Bal-Shima, de Henri Bé

Un explorateur s'en va chercher sur une planète des fleurs hallucinogènes, il découvre alors une société traditionnelle.
Un texte plus introspectif, autour de l'addiction et de ce qui peut en coûter. J'aurais aimé une fin un peu plus brute de décoffrage mais j'ai bien aimé ce glissement progressif du village oublié vers une utopie. Beau rebrousse poil.

Les orphelins de l’hôpital Saint-Jude, de Gwen Geddes

Nouvelle fantastique, deux couples se réfugient dans un hôpital psy lors d'une nuit d'orage. Ce qui devait arriver arrive ...
Une écriture qui retranscrit l'ambiance oppressante du lieu. Juste un bémol, le texte aurait mérité quelques pages supplémentaires pour augmenter le réalisme qui en prend un coup lors des évènements dramatiques dont les réactions des personnages semblent particulièrement bancales.


Léviathan, de Yoann PS Anderson

Les combats font rage entre l'humanité et une race alien. Les hommes pensent remporter une victoire décisive en abattant un des vaisseaux. Mais ...
Une histoire classique avec un peu d'horreur cosmique, qui se lit très bien mais dont la chute aurait pu être plus marquante.

Zombie love, de Frédéric Lyvins

Un homme est en deuil depuis le décès de sa femme et de son enfant. Il va chaque soir se recueillir sur leurs tombes.
C'est fluide, voir un peu trop, j'aurai aimé être plus surpris. En outre, je connais l'auteur par ouïe dire et son nom se résume souvent à qualité mais horreur bien horrifique, je suis donc déçu dans mes attentes.

Droit dans le mur, de Jean-Marc De Vos

Un homme entend des voix en provenance d'un des murs de sa maison.
Voilà une bonne blague, certes un peu longue pour la raconter lors d'un repas familial, dommage.
Sur un départ con, le reste l'est tout autant mais on a plaisir à vouloir connaître le twist final. Qui arrive à surprendre.
Con et drôle, what else ?

Nous n’irons pas dans les étoiles, de Southeast Jones

Rien que le titre donne vie de lire cette nouvelle qui m'a fait penser par son ton mélancolique à la nouvelle Comment c'est là-haut ? de Edmond Hamilton .
Un scientifique doit annoncer à ses collègues une triste nouvelle : nous n'irons pas dans les étoiles.
A la manière d'un journal, nous allons être peu à peu éclairer. L'auteur arrive à nous faire poser des questions et se rapproche de RC Wilson et de sa disparition des étoiles, rien que ça !
Seul envie après lecture, qu'un roman sorte pour approfondir le contexte et l'ambiance. Voilà le plus beau texte de cette anthologie, et de loin.



TmbM, encore une fois, à un avis identique au mien
Le galion des étoiles quand à lui, semble y avoir trouvé la pulpe.

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Infiniment - Volontaires ! - Jack in the box - La Machine différente

août 13, 2020


Des ondes lumineuses, des dents plombés, une boite mystère et un automate, voilà des couvertures qui changent des lieux communs de l'imaginaire. Comme le contenu qui apporte souvent une approche différente des concepts science-fictif.






Infiniment - Louise Roullier, 2019, 32 p., 1€


Présentation de l'éditeur :

Infiniment est à la fois un récit court et une très grande histoire, celle d’un enfant né d’une éprouvette pour traverser les âges, celle du premier immortel. Une expérience qui va rapidement montrer ses limites, au détriment d’un enfant qui, lui, n’en a aucune.

Mon ressenti :

Ah, la quête de l'immortalité, une douce utopie... Mais qui devient réalité dans ce monde futur.
Un sujet classique traité de manière originale, je n'avais jamais lu une approche comme celle ci.
L'écriture et le style se rapprochent plus de la littérature blanche, mais nous sommes bien en terre SF avec la science et l'émerveillement face à l'infini. Même si j'aurais préféré un peu plus d'explications sur la particularité, je me suis laissé emporter par le récit, le mythe. Que demander de plus ?

Le maki en a eu le vertige..., et Feyd a goûté à l’infinie solitude cosmique

Volontaires ! - Bruno Pochesci, 2020, 32 p., 1€

Présentation de l'éditeur :

Destination : une planète lointaine, aux antipodes galactiques de notre système solaire. Un équipage trié sur le volet, au départ d'une station en orbite autour de Jupiter. Tout le monde est prêt à partir. À moins bien sûr qu'on ait omis d'exposer aux futurs explorateurs les réels tenants et aboutissants de leur voyage.

Mon ressenti :

Émotions censurées
J'en ai plein le container
Je m'accroche aux cendriers
M'arrange pas les maxillaires
Section rythmique, section de combat
Effets secondaires
C'est quelles séquelles
C'est tout ce qui me reste de caractère

Et des effets secondaires, il va en avoir pour ces volontaires chargés de coloniser de lointaines exoplanètes, grâce à la technologie du "bond" qui permet des déplacements instantanés.
Une nouvelle légère mais dont le twist, que je n'avais pas vu venir, nous montre très bien ce que signifie le terme d'engagement. A la relecture, on constate tous les indices que l'auteur nous avait pourtant laissé.
Quand au pourquoi des dents plombés de la couverture, il vous rappelleront bien des souvenirs...

Un maki guère enthousiaste


Jack in the box - Gwen Geddes, 2020, 32 p., 1€

Présentation de l'éditeur :

Direction : la petite ville de Perfection, dans le désert du Nevada. Ambiance : chaleur écrasante, virevoltants et routes désertes. Un drugstore abandonné au milieu de nulle part, et miraculeusement remis à neuf du jour au lendemain. Dans l'étrange boutique, une étrange boîte à vendre. Et dans la boîte...

Mon ressenti :

Boulot de merde pour vie de merde : devoir chaque jour vendre des assurances vie dans le trou du cul du monde afin de subvenir aux besoins de sa petite famille. Le tout au quatre coins d'un état américain et donc sans pouvoir profiter de ses gosses voici donc la triste histoire de Gary qui va prendre une dimension fantastique.
Sur un sujet très actuel, l'autrice nous montre ce qui se cache dans la boîte crânienne de Gary. Agréable à lire, mais les indices semés ici et là laissent présager trop rapidement la chute.

Une agréable lecture pour le maki


La Machine différente - Jean-Laurent Del Socorro, 2020, 32 p., 1€


Présentation de l'éditeur :

Destination : L'atelier d'Ada Lovelace et de Charles Babbage, à Londres, première moitié du XIXe siècle. Une machine vient de voir le jour. Une machine que Charles veut aussitôt débrancher. Ada s'y oppose. Cette machine est unique en son genre. Mais en quoi est-elle si différente ? Et quel sort peut attendre une machine si spéciale, à l'ère du romantisme et de la révolution industrielle ?

Mon ressenti :

Charles, Ada et Ana. Ana, Ada et Charles. Un vaudeville ? Non, ou alors à la sauce steampunk poétique et avec une machine différente dans le rôle de la maitresse !
Sur la thématique de l'éveil de la conscience et de la place des femmes, ce texte est assez banal. C'est surtout par la mise en scène de Ada Lovelace et de Charles Babbage, deux scientifiques ayant réellement existé qu'il tire son originalité. Malheureusement, je n'ai pas réussi à entrer dans cet univers trop peu développé à mon goût.
A noter, une préface de Karine Gobled, Mme RSF Blog, qui nous donne quelques éclairages historiques et bibliographiques. J'ai beaucoup aimé trouvé ce genre de paratexte, dont j'espère retrouver dans les prochaines publications de l'éditeur.

L’intérêt du maki a été éveillé

Et si vous voulez en apprendre plus sur Ada Lovelace gratuitement, il ne vous reste plus qu'à écouter La méthode scientifique qui lui est consacré : Ada Lovelace, la grande ordinatrice, du 26 septembre 2019


Mort(s) : 18 mauvaises nouvelles

août 03, 2020

Les Artistes Fous Associés, 2016, 322 p., gratuit epub sans DRM (15€ papier)


Mauvaise nouvelle, la Mort rode et 18 fois tu vas trépasser.

Présentation de l'éditeur :


Les Artistes Fous Associés ont la profonde douleur de vous annoncer la disparition définitive du bon goût littéraire et de la consensualité bien-pensante à l’occasion de la sortie de leur cinquième anthologie : “MORT(S)”. Dans un pied de nez à la Faucheuse, 18 auteurs plus ou moins vivants vous livrent leur déraison funèbre et leurs récits mortels. Pour mettre un point final à l’absurdité de l’existence !


Mon ressenti :


Une obscure maison d'édition associative, gérée par des fous, une édition numérique gratuite : de quoi avoir de sérieux doutes sur la qualité de l'ensemble.
Et pourtant, voici un recueil de très haute tenue qui n'aurait pas à rougir de figurer dans le catalogue d'une grande maison d'édition.
Un mélange de textes de science fiction et de fantastique avec quelques plumes connues ou à connaître. Point commun, ces auteurs savent manier la plume de belle manière.
En outre, c'est bien édité, avec une préface de Vincent Leclercq et chaque nouvelle est brièvement introduite, donnant juste l'envie de découvrir le texte. Quand à l'epub, rien à redire, c'est parfait, prenez en de la graine, maisons d'édition ayant pignon sur rue. Mon seul bémol, les auteurs ne bénéficient pas d'une courte bio, mais leur bibliographie est tout de même présente.

Alors n'hésitez pas, associez vous à ces fous et appréciez ce voyage vers la Mort.

Pour télécharger (ou acheter la version papier), c'est sur leur site


Ne va pas par là, de Martin Lopez
Une petite fille, le jardin des grands parents, et les fameuses interdictions parentales : fais pas ci, fais pas ça. A l'occasion d'une surveillance en berne, la fillette de 5 ans va t-elle braver les interdits ? Et pour quelles conséquences ?
L'auteur nous met dans la tête de cet enfant et nous fait suivre ses aventures de sa hauteur. Un jardin non défriché devient une forêt vierge, une araignée dans un cabanon affole. Un texte sensible dont les visées dramatiques s'emballent peu à peu pour nous cueillir à rebrousse poil.


Cold Mind Art

Le moine copiste et la Blanche-Face, de Olivier Boile
Je connaissais la science-fiction, la science fantasy mais pas la science fantastique. Voilà chose faite.
Un monastère isolé, quelques moines et un invité mystère.
Assez classique, l'auteur parvient à bien rendre cette atmosphère monacal et les tentations qui s'y déroulent. Même si l'univers n'est qu'esquissé, il participe à l'ambiance de l'ensemble.


Le manoir aux urnes, de NokomisM
Un séminaire sur les corvidés se déroulent dans un vieux manoir hanté (?) et isolé, ravitaillé par les corbeaux !
Texte dans la veine fantastique, l'ambiance et le style m'ont plu, mais j'ai trouvé l'ensemble bien trop convenu, alors que je ne suis pas un inconditionnel du genre. En outre, on devine assez facilement la fin.


Ambre Solis, de Gallinacé Ardent
Une médium a la capacité de se projeter dans les scènes venant d'une photographie. Cependant, ses clients veulent tous des infos sur la mort de leur proche...
Un texte au sujet classique mais traité de manière de plus en plus angoissante. A ne pas lire avant de dormir.


Le fils du tyran, de Stéphane Croenne
Le tyran est mort. Vive le tyran.
Alors que le châtelain pousse son dernier souffle de vie, son fils reprend le flambeau.
Des pensées malsaines pour ce conservateur réactionnaire qui veut répandre la vraie foi. Glaçant.


Oh oui… , de Bruno Pochesci
Et voilà, ce qui devait arriver arriva, dixit Thomas Day, Bruno Pochesci a fini à Pôle Emploi à force d'écrire de la merde. Mais con comme il est, il en a profité pour nous pondre une nouvelle en patientant son tour au guichet, histoire de partir en beauté de ce métier d'ecrivaillon italo-nanard.
Avec ce titre, je pensais me prendre plein la gueule de foutre, mais non, l'auteur me prends à rebrousse poil et préfère se foutre de la gueule de LA mort. Ça casse pas trois pattes à un canard, mais parfait pour patienter avant son tour.

Xavier Deiber


Le chemin de la vallée inondée, de Diane

Nous suivons les pas d'un androïde de nouvelle génération, doté d'une vraie IA. Mais l'accès à la conscience n'est pas un chemin facile.
Assez classique, mais très bien écrit.


Demain sera un autre jour, de Crazy
Réunion de famille suite à un enterrement, où un père dit adieu à son fils. Un sujet très "blanche" et traité comme tel à la grande différence qu'il s'agit ici de mutants. Comment vivre lorsque l'on est quasi immortel. Un très beau texte tout en sensibilité.

Plus tu t’attaches, plus tu souffres. Moins tu t’attaches, moins la vie est intéressante.



Mammam-IA, de Tesha Garisaki
Dur de perdre un être cher dans une société technologique.
Un texte a l’humour grinçant qui fait feu à la bienpensance tout en s'interrogeant sur une des conséquences du clonage numérique. J'ai adoré. Comme quoi on peut faire simple en disant beaucoup de choses. Et ce titre.


Venus Requiem, de Émilie Querbalec
Futur, le voyeurisme fait toujours recette et lorsque des riches ne savent plus somment dépenser leur argent, cela permet d'entrevoir des bénéfices insoupçonnés. Mais qui tire les ficelles de ce jeu de dupe ?
Un univers effrayant avec des jeux qui le sont tout autant. Nous sommes immergé rapidement et on se laisse berner en beauté.


Sebastian “Stab” Bertoa

Le temps des moissons, de Southeast Jones
Les espèces vivantes reviennent à la vie après leur mort. Un scientifique étudie cette maladie dans un labo militaire. Il nous livre ses mémoires.
Pas des zombies méchants, ils aiment ici prendre le soleil et se prélasser à longueur de journée.
Assez classique dans sa thématique, son final rompt avec ce que l'on est en droit d'attendre de ce genre de récit pour mon plus grand bonheur.
En outre, un passage m'a fait penser à un texte de Léo Ferré : 'Tu nais tout seul tu meurs tout seul entre les deux, il y a des faits divers, des faits divers que je te souhaite de choisir, parce que la plupart du temps, ces faits divers, ils te sont imposés, alors fais tout ce que tu peux pour garder tes faits divers à toi"
Je ne sais pas si l'auteur connait, mais dans la nouvelle, ce passage en est clairement une paraphrase :

L’existence peut se résumer en trois étapes : la naissance, la vie et la mort ; bien que seules la première et la dernière aient une réelle importance. À l’échelle d’un univers que l’on suppose infini et dont la durée de vie est, de notre point de vue humain, ce qui se rapproche le plus de l’éternité, tout ce qui se passe entre les deux n’est qu’une succession de points de détail insignifiants.


Robô, de Xavier Portebois

Des gamins des favelas trouvent un cyborg dans une décharge. Que faire ? Aider ou vendre les pièces détachées.
J'ai bien aimé le fait que cela se situe dans des favelas, ça se lit avec plaisir mais il m'a manqué un peu de développement pour tout à fait me plaire.


Cham

Die Nachzehrermethode, de Quentin Foureau
L'art est dangereux.
Un docteur tombe en admiration devant un tableau et va tenter de lui rendre vie.
Pour les amateurs de fantastique, de savant fou et d'horreur.


Le mécanisme de la mort du langage, de Mort Niak

Si vous receviez un colis qui n'a que votre adresse, l'ouvririez vous ? Et si dedans se trouvait...
Voilà la mésaventure qui arrive à une famille.
Présenté comme absurde et conceptuel, je ne peux que plussoyer.


Délivre-nous du mal, de Ria Laune
Si tu aimes rire jaune ou une histoire de résilience qui de passe mal. Très mal.
Sujet rarement abordé dans l'imaginaire, la maltraitance sur enfant. Ici nous sommes dans une veine fantastique avec une chute horrible.


Les âmes de la foire, de Vincent T.
Un réalisateur tombe sous le charme d'une de ses actrices, le début d'une épopée étrange.
Je n'ai pas réussi à entrer dans d'histoire ni dans l'ambiance. Cependant, la fin donne un fond inattendu à ce texte.


Tri Nox Samoni, de Jérôme Nédélec
Place a la fantasy avec l'histoire d'un combat entre chefs de clans, l'un respectant les coutumes et l'honneur, l'autre les baffouant sans vergogne.
Le récit m'a pris dans ses filets épiques et a réussi à faire naître des images de cet affrontement ou les dieux observent.


Lenté Chris

La dette du psychopompe, de Guillaume G. Lemaître
J'ai appris un nouveau terme avec ce texte , epectase, dont il joue - jouit - sur les deux sens. L'histoire d'un nécrophile, du comment il trouve ses partenaires et bien d'autres choses. C'est rempli de sexe, de gore, c'est morbide à souhait mais l'humour noir qui baigne l'ensemble fait passer le tout. Pour public très averti cependant.


Aventures sidérantes, l’antho pulp !

juillet 13, 2020

Textes réunis par Martin Lessard, Flatland, 2020, 256 p.,16€ papier


Des francophones à l'assaut du pulp américain

Présentation de l'éditeur :


D’Amazing Stories à Galaxy, en passant par Wonder Stories, Weird Tales et Astounding, les « pulps » ont régné durant la première moitié du vingtième siècle ! Les histoires d’empires galactiques aux planètes étranges, de savants fous pénétrant l’atome, de colossaux ordinateurs capables de provoquer la fin du monde, d’envahisseurs extraterrestres aux multiples tentacules, de mutants aux pouvoirs inexpliqués ou d’automates incontrôlables menaçant la sécurité nationale peuvent aujourd’hui nous paraître décalées, voire grotesques… Et pourtant, tous les grands courants de la science-fiction moderne trouvent leur inspiration dans ces magazines populaires aux illustrations de couverture flamboyantes et colorées ! Aventures Sidérantes, par la voix d’autrices et auteurs francophones, leur rend un hommage vibrant… et résolument moderne !

Mon ressenti :

Moi ce que j'aime dans le Pulp, c'est quand il n'y en a pas ! Alors pourquoi accepter un service de presse de la part de l'éditeur ? Parce que c'est gratuit dirons les mauvaises langues. Non, pas seulement. J'aime bien lorsque des auteurs d’aujourd’hui rendent hommage aux anciens, cela donne un coup de neuf au vieux truc et cela permet parfois de découvrir des textes sortis jadis. En outre je connaissais quelques auteurs et autrices au sommaire et j'avais envie de continuer à explorer leur univers.
Comme dans toute anthologie, selon vos affinités, vous naviguerez entre des textes passables et des bons. Et dans l'ensemble j'ai plutôt était satisfait par rapport à la promesse du sujet de l'aventure sidérante hommage à la SF de l'âge d'or. Parfait pour l'été qui arrive.
Donc si tu aimes lire des textes dont la vraisemblance n'est pas la préoccupation principale, ce recueil fait le boulot. Pour les autres, faites comme bon vous semble...

Chaque texte est succinctement résumé et chaque auteur a le droit à sa petite notule biographique en fin d'ouvrage. Le tout s'ouvre sur un avant propos de Xavier Dollo qui nous explique le pourquoi de cette anthologie. Martin Lessard préface de manière posthume ce livre et je partage sa comparaison pulp/dessert :

On ne peut pas manger que ça, mais une petite gâterie bien grasse et sucrée de temps à autre, ça ne fait de mal à personne.


Petite revue rapide de l'ensemble des 16 nouvelles :


Une station ordinaire, de Patrice Lajoye
Ne jamais se fier aux apparences.
Suite à la disparition d'un Vortex, une station spatiale se retrouve isolée du reste de l'humanité. Quelques siècles plus tard, des retrouvailles ont lieu.
Deux twists bien amenés, surtout le dernier. Le pulp est bien présent à travers un transhumanisme et une histoire à priori balisée qui fait le job.


La française des oeufs, de Jean Michel Calvez
Un consultant donne l'idée du siècle à  La société des jeux français. Fini le grattage, place à l'oeuf ! Mais attention au coucou !
L'occasion pour l'auteur de décliner jeux de mots foireux, analogies bidons autour de l'oeuf. Plaisant et rigolo avec une fin sidérante.


Les Martiens, de Christian Léourier
"Un bon martien est un martien mort."
Enfin sur Mars. Problème, des martiens s'y trouvent et sont belliqueux. La glorieuse force armée est chargée de faire le ménage.
Classique, mais cela fonctionne toujours. Et même si la chute est attendue, elle arrive à surprendre par son éthique.


Darwin et le dragon, d'Olivier Caruso
Darwin, le docteur Moreau et un dragon sont sur une île...
Darwin se morfond, sa théorie a été battue en brèche. Un jeune scientifique a la preuve que l'évolution reste cependant possible. Une réécriture de l'histoire plaisante qui permet de relier la réalité et l'imaginaire.


Six pour l’apocalypse, de Bruno Pochesci
Une horde du contrevent version hallucinée où on suit une équipe de guignols lutter contre des moizis. C'est complètement foutraque, du grand n'importe quoi gore et porn très seventies. C'est du Pulp comme il en existait et qui heureusement n'existe plus. Le plus con dans tout ça, c'est que j'ai été malgré tout assez intrigué pour voir où tout cela nous menait. Heureusement.


Et veiller l’infini, de Cyril Carau
Des hommes augmentés, la guerre contre l'envahisseur, une histoire d'amour et du sexe. Nous sommes bien en terre pulp. Mais l'auteur ne fait qu'imiter à mon avis et n'apporte pas un plus moderne à l'ensemble. En outre, la fin est un peu trop métaphysique pour me plaire.


La boifouille, d'Éric Vial-Bonacci
Nous suivons les pérégrinations d'une boifouille sur une planète. Je suis passé à côté de ce texte qui m'a un peu rappeler Le monde vert.


Sky is the limit, de Nando Michaud
Une expédition est lancée à l'assaut de la galaxie voisine. Mais au fur et à mesure du voyage, les vrais raisons se dévoilent peu à peu.
Variation scientifico éthique capitaliste qui bat en brèche le développement outrancier. Bien Pulp. Trop pour moi.


Et chez vous, tout va bien ?, de Laurence Suhner
Un scientifique se trouve chez lui mais quelque chose cloche. Lui, sa santé mentale ou autre chose ? Une variation autour du la figure du savant fou autour des conséquences parfois désastreuses des expériences scientifiques.
Après lecture, une seule question : rien d'étrange ne se déroule chez vous ?


L’herbe plus mauve ailleurs, d'Emmanuel Quentin
Un titre énigmatique qui nous entraine en Amérique auprès d'un farmer d'un village paumé. Et il attend, car lui, il les a vu les monstres de l'espace...
Texte assez court qui réussit à poser une ambiance et une histoire réaliste. Le thème du premier contact y est abordé de manière original. Joli.


La relève, de Xavier Mauméjean
J'ai plus aimé la présentation que le texte.

Tandis que les vaisseaux de l’Âge d’or filent au-delà des étoiles,
la Terre doit continuer de tourner. Nombre de héros pulps étant partis s’illustrer ailleurs, il faut en recruter de nouveaux, ici et maintenant. Se prépare alors la transition vers l’Âge d’argent…
Je pense qu'il m'a manqué quelques références super héroïques pour comprendre.


Ah ! les garçons, de Pierre Gévart

Textes déjà lu dans le numéro 61 de la revue Galaxies SF. J'aurais pu vous mettre le lien mais vous avez le droit au copier coller. Non, ne me remerciez pas.
Un vaisseau fait une drôle de rencontre....
Texte Pulp avec l'outrance qui va avec, mais l'auteur inverse les rôles et les genres. La technologie futuriste du vaisseau spatial de la mort of death est splendide : on a rien inventé de mieux depuis les cartes perforées ! Et le tout a bien ravi mes zigos.


Un goût si délicat, d'Alain Rozenbaum
La science fiction nous permet souvent de nous mettre à la place de, qui est précisément le sujet ici où il est question d'une petite visite dans une ferme d"élevage/abatage, sous la bonne garde des Rovace, des chiens androïdes multitâches. On voit rapidement comment cela va finir, mais l'auteur arrive tout de même à nous glacer le sang.


Impress Genetic Inc., d'Élodie Boivin
Alors que madame fanfaronne, auréolée de gloire dans différents coktails, Monsieur ravale sa rancune. Il n'est qu'un faire valoir remplaçable. Dirigeante d'une boîte de transhumanisme, son mari a peut être une idée pour exercer sa vengeance.
Variation Pulp où on inverse les rôles et s'amusent avec des inventions abracabrantes.


Le diamant Mogul-Topor, de Gulzar P. Joby
Une histoire de pirates de l'espace à la recherche d'un diamant, mais cette fois ci, ce sont les femmes à la manœuvre. Je ne suis pas très fan de ce genre d'histoire et m'y suis ennuyé.


La récalcitrante du Cachalot, de Michèle Laframboise
Lorsque tout est automatisé, et orchestré par une IA, cela peut vite tourné au cauchemar lorsque l’appareil se grippe, en l’occurrence ici, une simple porte. Pourquoi cette porte refuse t'elle de s'ouvrir ?
Un texte rempli d'humour, plein de fausses pistes dont la révélation finale est surprenante. Une friandise pulp bien troussée.


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse




Bob, textile futé - Tout va bien, dormons tranquilles - Céder la place - Orwell m'a tu

mars 23, 2020

Editions 1115, 32 p., 1€ la nouvelle, epub sans DRM 



Pas un, pas deux, pas trois, pas 1115, mais 4 textes chroniqués ! Il est fou, le chien critique, il est fou !

Bruno, Emmanuel, Luce et Ménéas nous emmènent voyager dans des contrées actuelles ou dans un futur assez proche. Qu'ils s'interrogent sur la technologie, nos comportements alimentaires, culturels ou politiques, tous nous disent attention, chacun de nos actes à des conséquences. Réfléchissez 7 fois avant d'agir.

Bob, textile futé, de Luce Basseterre, 2018

Présentation de l'éditeur : Vous pouvez changer de peau, changer de style, revoir toute votre garde-robe ou endosser de nouveaux costumes. Ou vous pouvez aussi laisser faire Bob.
Bob peut tout changer pour vous, il peut vous transformer, littéralement. Mais attention, Bob ne connaît pas ses limites.
Et si, un jour, il allait trop loin ?

Mon ressenti :
Bob est un textile futé, très technique. Ici, pas question de juste écrire quelques caractères en surimpression, il s'agit d'un tissu révolutionnaire, comme une deuxième peau avec son identité propre. Mais peut-on faire confiance à Bob ?
Sans effet spectaculaire, l'autrice nous amène à réfléchir sur les innovations  technologiques plébiscités par les start-up, s'embarrassant peu de questions éthiques pour mieux se concentrer sur l'argent. J'ai bien aimé l'ensemble, les changements de point de vue sont bien amenés, mais j'aurais préféré un final plus percutant, et j'ai trouvé l'histoire un peu tiré par les cheveux.
Et  désormais, je vais regarder d'un autre oeil les nouveaux tissus technologiques.
La question que je me pose aussi, le Bob du titre est-il un clin d'oeil à Bob l'éponge ?

L'avis de Koyolite


Tout va bien, dormons tranquilles, de Ménéas Marphil, 2018

Empathie, quand tu nous tiens...

Présentation de l'éditeur : Notre héros sort du noir pour plonger dans l'inconnu. Et quel inconnu ! De mécanismes et de rouages, le monde autour de lui tourne comme une machinerie folle, prête à broyer les individus, sans d'autre fonction que de les trier, les ranger et les mener au terme d'un parcours implacable. Mais quel est le terme de ce parcours exactement ?


Pendant ce temps, les cons les plus légers croient que les Glaucons sont en train de leur apprendre à voler. Il leur manque quelques synapses pour comprendre que s’ils sont si légers, c’est parce que la connerie est un truc qui ne pèse que sur les autres.

Mon ressenti : Difficile de résumé le texte sans tout déflorer. Deux personnes se réveillent dans un lieu inconnu sans savoir pourquoi et qui ils sont.
L'auteur déjoue le trope de l'amnésie pour nous plonger dans une sorte d’allégorie sous forme de prise de conscience éthique autour des conséquences de nos comportements de consommation.
Je ne m'attendais pas à cette conclusion qui se révèle un peu trop rapidement pour être fulgurante. Mais c'est bien écrit et, pour moi, correspond à la SF que j'aime : savoir se mettre à la place de l'autre.
Et n'oublions pas, tout va bien, dormons tranquilles...

L'avis du Maki


Céder la place, de Emmanuel Quentin, 2019


Attention à vous lors de votre prochaine visite de musée virtuelle !

Présentation de l'éditeur : Il y a des moments dans la vie pour partir en voyage. Et d'autres pour visiter des endroits insolites. D'autres, encore, pour faire des rencontres qui vous glacent le sang. Et d'autres, enfin, pour céder la place, même si rien ne vous dit que vous la retrouverez en revenant. C'est vrai, si vous en revenez un jour...

Les bribes de conversation des autres participants nourrissent mon insatiable curiosité. Celle-là même qui, sans cesse, me pousse à disséquer le goût prononcé de mes congénères pour l’abject et le sordide.

Mon ressenti : Marre des visites virtuelles offertes par les musées qui se résument bien souvent à une bande son et une réalité virtuelle palote et nauséeuse ? Et bien, embarquez dans ces nouvelles visites 2.0 comme si vous y étiez et pénétrez dans un hôpital psy délabré où certains événements ...
Nous sommes ici a la lisière du thriller à suspense et de la SF. Si vous êtes une poule mouillée effrayée par le moindre bruit, passez votre chemin..
Ici encore, l'auteur déjoue la trame classique d'un lieu commun de la SF (difficile d'être plus explicite) pour nous amener dans des endroits qui font froid dans le dos. Brrr

L'avis du Maki, de Feyd Rautha


Orwell m'a tu, Bruno Pochesci, 2018

A lire avant de glisser votre prochain bulletin de vote

Présentation de l'éditeur
: Dans un futur proche, l'extrême-droite a pris le pouvoir. Réactionnaire et nationaliste, la France pourchasse et expulse tout ce qui n'est pas "bien de chez elle". Pendant des années, Daniel et Aïcha réussissent à passer entre les mailles du filet, jusqu'au jour où...

Comme la quasi-totalité de nos concitoyens, la lâcheté dont nous faisions montre au quotidien ne nous empêchait pas de vivre à peu près normalement.

Mon ressenti : La Marine a gagné, la France appartient enfin aux Français de souche et l'on suit le quotidien d'une famille bien de chez nous lors du Grand Repli.
En une trentaine de page, Bruno Pochesci nous dépeint cette France française dont on a eu maintes fois l'occasion de lire ici ou ailleurs. Cependant, il y apporte sa touche personnelle, la caricature, l'humour et les bons mots (xénophobonniche, aryanité-cassoulet). Et malgré l'outrance, l’auteur n'oublie pas de nuancer le comportement de son personnage.
Comme souvent chez l'auteur, le sexe n'est pas bien loin, mais ici, il a son utilité dans le récit.
Assez classique, la fin m'a tout de même bien chamboulé par sa brusquerie.
Une nouvelle à chute, comme on les aime, enfin façon de parler...

L'avis du Maki et de Vert
The Maki Project 2020

Scories - Les Retombées

janvier 20, 2020

Scories

Bruno Pochesci, Editions 1115, 2018, 112 p., 1,50€ epub sans DRM


Lorsqu'un texte vous en fait découvrir un deuxième...

 

Présentation de l'éditeur :

La lueur et l’explosion. L’Événement… Ces paysages martiens, qui l’instant d’avant n’étaient que verdure et collines… Tu les as vus s’évaporer. La peur de ta vie. Cette peur animale, qui vient te rendre visite pratiquement toutes les nuits, tu ne l’as jamais oubliée… Fidèle compagne d’une vie en dents de scie… De si…
Un 25 juin d’il y a très longtemps, tu pars te balader. Respirer un peu de bon air hors de la ville, mais pas trop loin quand même. Tu as la trentaine à peine entamée, un job d’ingénieur spécialisé dans la lyophilisation et une déception amoureuse toute fraîche à digérer. Le monde t’appartient, mais tu penses sottement qu’il est en train de s’écrouler.
Et soudain, il s’écroule vraiment.


Mon ressenti :


Quelques décennies après l’Événement, un dictateur dirige d'une main de fer et surtout d'une langue à la répartie venimeuse la France. Mais une certaine résistance est présente malgré l'état d'urgence installé depuis moultes années. Une prise d'otages va faire cohabiter le Président avec son "pire" détracteur.
Futur brun, futur dystopique où le nationalisme a pris la main sur le devenir de la France. Les quelques anecdotes sur ce monde donne furieusement envie de donner des coups de latte dans les parties des adeptes de la Marine ! On pourrait se dire, encore une dystopie de plus, mais celle ci contrebalancée par la gouaille furieuse et enlevée de l'auteur. Nous sommes ici dans un contre la montre aux réparties cinglantes. Sans avoir l'air d'y toucher, l'univers dépeint est réaliste, si on met un peu à part la caricature des personnages. De cet Événement, en sort les gagnants et les perdants, l'élite et les scories.

Il m'a manqué des explications sur cet événement qui garde ses mystères. Mais cette novella est en fait une suite d'une autre écrite par le sieur Jean Pierre Andrevon, récemment réédité.


Du bon et du moins bon selon Sf émoi




Les retombées

Jean-Pierre Andrevon, Le passager clandestin, 2015, 128 p., 7€ papier


Présentation de l'éditeur : 


On ne sait ni où, ni comment, ni pourquoi, mais c’est arrivé. Ces quelques individus épars se sont trouvés dans le brouillard lourd et épais, et se serrent les coudes en attendant d’en savoir plus. Plus sur ce qui s’est passé. Plus sur la réalité des radiations qui les entourent. Plus sur l’avenir du pays. Du monde. Et encore plus sur leur chance de survie. Au bout de leur errance dans la campagne française, certaines réponses ne vont pas tarder à surgir.


Mon ressenti :



Publié initialement dans le recueil Dans les décors truqués en 1979 chez Présence du futur, la novella fut rééditée chez le Passager clandestin en 2015. L'histoire narre le destin de François et de quelques autres suite à un événement mystérieux : guerre, accident, attentat nucléaire ?
Alors qu'un petit groupe d'individus errent dans les paysages post apocalyptiques, ils sont recueillis par l'armée et envoyés dans un camp.

Cette amélioration de l’ordinaire ne rasséréna pas François ; le camp se construisait, se meublait, le provisoire tendait à se solidifier dans des structures de permanence. 

Que s'est il passé, pourquoi parque t-on la population ? Face aux éléments qu'ils ont vécu et devant le silence des institutions, chacun réagit comme il peut, et les réminiscences du passé reviennent en mémoire.
Une tranche de vie extraordinaire abordée d'une manière ordinaire : le quotidien. Comment réagirions nous face à l'impensable ? Dans abasourdissement du choc, la confiance en l'état et l'armée pour protéger est évident. Mais ...
Une écriture très visuelle, l'auteur nous immerge très rapidement dans la vie de notre protagoniste et arrive à faire monter la tension sur ce silence de ce qui s'est passé. La force du texte est de ne rien en dévoiler, qui en fait un récit très réaliste. Et cela force le lecteur à remplir les blancs, et à réfléchir.

Immersion réussie chez MarieJuliet


Quelques dizaines d'années après l'événement, les retombées s'en font toujours sentir nous dit Bruno Pochesci et il nous propose avec ses Scories une tentative d'explication possible. A mon avis, la lecture des retombées n'est pas nécessaire, mais vous passeriez à côté d'un grand texte.

The Maki Project 2020


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